Louis XIV Chest Of Drawers In Blackened Wood With Inverted Consoles – First Third Of The 18th Century.
Commode Louis XIV en bois noirci à consoles renversées – Premier tiers du XVIIIe siècle.
Commode Louis XIV en bois noirci, communément appelée « commode Mazarine », à façade en arbalète et consoles renversées, rapportées et ajourées, réalisée dans le premier tiers du XVIIIe siècle. Ce meuble régional présente une architecture particulièrement élaborée, associée à un travail de menuiserie soigné en merisier et hêtre massif, témoignant des traditions de fabrication provinciales du début du XVIIIe siècle.
La commode ouvre par trois grands tiroirs superposés, séparés par deux traverses apparentes, le tiroir supérieur coulissant directement sous le plateau, sans traverse intermédiaire. Les façades, exécutées en merisier massif, présentent un mouvement prononcé en arbalète. Chacune est creusée de trois réserves moulurées, disposées symétriquement, tandis que les contours des tiroirs sont ourlés d'une moulure en quart-de-rond, accompagnant les courbes de leur profil.
Les montants antérieurs sont ornés de grandes consoles renversées, rapportées et partiellement ajourées, dont les profils mouvementés sont sculptés de petites réserves moulurées. Ces consoles, qui se détachent par endroits des montants, se prolongent jusqu'au sol pour constituer les pieds antérieurs. Les montants postérieurs présentent également des consoles rapportées, d'un dessin plus sobre. Cette architecture, caractéristique des premières commodes du XVIIIe siècle, conserve l'influence du mobilier de la fin du règne de Louis XIV et de ses compositions à consoles.
Cette famille de commodes est communément désignée sous l'appellation de « commodes Mazarines », terme d'usage apparu postérieurement à leur création. Il renvoie notamment aux premières commodes exécutées par André-Charles Boulle pour Louis XIV au début du XVIIIe siècle, dont certains exemplaires furent conservés à la Bibliothèque Mazarine à Paris. Cette dénomination a progressivement été étendue à des meubles présentant une architecture comparable, caractérisée par des montants à consoles renversées et un piétement particulièrement développé. Elle évoque également, par leur parenté architecturale, les bureaux dits Mazarin, dont les consoles et les supports ont influencé les premières formes de commodes. Il s'agit toutefois d'une appellation typologique conventionnelle, et non d'une désignation attestant une origine ou un atelier particulier.
Les côtés, constitués de larges planches de hêtre massif, présentent chacun un grand panneau rectangulaire sculpté et mouluré, dont les quatre angles sont ornés d'écoinçons curvilignes. Ce dessin géométrique, caractéristique du vocabulaire ornemental Louis XIV, contraste avec le mouvement de la façade. La moulure délimitant ces panneaux reprend celle des réserves sculptées sur les façades des tiroirs, assurant une continuité décorative entre les différentes parties du meuble.
La commode est coiffée d'un plateau en merisier massif, mouluré d'un bec-de-corbin sur son pourtour. Sa rive antérieure épouse le mouvement en arbalète de la façade et présente, au droit des montants antérieurs, une succession particulièrement rythmée de ressauts, de décrochements et de retours d'angles. Les côtés du plateau demeurent rectilignes, tandis que des ressauts plus sobres soulignent les montants postérieurs. Ce traitement architectural du plateau accompagne et met en valeur le développement des consoles.
La commode conserve l'ensemble de sa garniture d'origine en bronzes vernis. Les six poignées tombantes présentent un décor de dauphins stylisés affrontés, aux corps recourbés et aux attaches en rosaces feuillagées. Ce motif appartient à un vocabulaire ornemental hérité notamment des grotesques et des ornements de la Renaissance, demeuré très présent dans les arts décoratifs sous Louis XIV.
Les trois entrées de serrure, également d'origine, sont ornées de rinceaux feuillagés disposés symétriquement, surmontés de motifs végétaux stylisés.
Les quatre pieds sont chaussés de sabots en bronze verni figurant des pieds de cervidés, avec une séparation marquée des deux onglons. Ces sabots sont soulignés de bagues moulurées et surmontés de feuillages stylisés, découpés et ajourés, qui accompagnent le mouvement des consoles.
Les panneaux latéraux conservent les traces d'anciennes poignées tombantes, aujourd'hui disparues, dont les emplacements ont été rebouchés. Cette disposition rappelle les poignées de préhension des coffres, dont les premières commodes prolongent certaines fonctions et traditions. Elle constitue un témoignage intéressant de l'évolution des meubles de rangement à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle.
Une construction traditionnelle de menuiserie
Au-delà de son architecture, cette commode se distingue par la qualité et la cohérence de sa construction en bois massif, associant principalement le merisier et le hêtre, avec une utilisation très ponctuelle de résineux.
Le merisier est employé pour le plateau, les montants antérieurs, les traverses de façade et les façades des tiroirs. Le hêtre constitue l'essentiel des côtés, du dos, des planchers intermédiaires et des caissons de tiroirs.
Les planchers intermédiaires sont formés de larges planches de hêtre bouvetées, assemblées à rainure et languette. Les traverses antérieures en merisier, chantournées en arbalète sur leur face extérieure, conservent une face intérieure rectiligne permettant l'emboîtement de ces planchers.
Le dos présente une construction particulièrement soignée. Sa partie inférieure est constituée d'une large traverse en hêtre massif, assemblée aux montants postérieurs par tenons et mortaises chevillés, assurant la rigidité et le maintien de l'écartement du bâti. Au-dessus, de larges planches de hêtre, assemblées entre elles à rainure et languette, sont engagées dans les rainures des montants arrière.
Les façades des tiroirs sont exécutées dans d'épaisses planches de merisier, profondément chantournées sur leur parement extérieur afin d'obtenir le mouvement en arbalète. L'amincissement important du bois dans leur partie centrale est compensé, au revers de chacune d'elles, par une cale de bois rapportée et collée d'origine. Cette disposition permet de consolider les façades et de ménager l'épaisseur nécessaire à l'encastrement des serrures.
Les fonds des tiroirs, constitués de planches de bois massif, sont cloués sous les côtés et les arrières des caissons. Leur partie antérieure est engagée dans une feuillure pratiquée sous la façade, où elle est également fixée par clouage.
L'utilisation abondante du hêtre, la forte section des bois et le soin apporté aux assemblages témoignent d'un travail de menuiserie maîtrisé, distinct des techniques de construction employées dans l'ébénisterie plaquée. Cette organisation constructive, associant des panneaux bouvetés à des assemblages à tenons et mortaises chevillés, participe à la solidité générale du meuble.
État de conservation
La commode conserve l'ensemble de sa construction d'origine, sans transformation structurelle. Elle a été conçue dès l'origine pour recevoir une finition peinte, la finition noire actuelle étant postérieure.
Elle présente un bon état de conservation général, avec quelques restaurations anciennes et ponctuelles, notamment une greffe au pied postérieur gauche et une petite greffe à l'angle gauche du tiroir inférieur.
Les deux coulisseaux du tiroir inférieur sont postérieurs, tandis que ceux des deux tiroirs supérieurs sont d'origine.
Les bronzes vernis de la façade et les quatre sabots sont d'origine. Les anciennes poignées latérales sont manquantes et leurs emplacements ont été rebouchés.
Dimensions
Hauteur : 88,5 cmLargeur : 123 cmProfondeur : 66 cm
Commode Louis XIV en bois noirci, communément appelée « commode Mazarine », à façade en arbalète et consoles renversées, rapportées et ajourées, réalisée dans le premier tiers du XVIIIe siècle. Ce meuble régional présente une architecture particulièrement élaborée, associée à un travail de menuiserie soigné en merisier et hêtre massif, témoignant des traditions de fabrication provinciales du début du XVIIIe siècle.
La commode ouvre par trois grands tiroirs superposés, séparés par deux traverses apparentes, le tiroir supérieur coulissant directement sous le plateau, sans traverse intermédiaire. Les façades, exécutées en merisier massif, présentent un mouvement prononcé en arbalète. Chacune est creusée de trois réserves moulurées, disposées symétriquement, tandis que les contours des tiroirs sont ourlés d'une moulure en quart-de-rond, accompagnant les courbes de leur profil.
Les montants antérieurs sont ornés de grandes consoles renversées, rapportées et partiellement ajourées, dont les profils mouvementés sont sculptés de petites réserves moulurées. Ces consoles, qui se détachent par endroits des montants, se prolongent jusqu'au sol pour constituer les pieds antérieurs. Les montants postérieurs présentent également des consoles rapportées, d'un dessin plus sobre. Cette architecture, caractéristique des premières commodes du XVIIIe siècle, conserve l'influence du mobilier de la fin du règne de Louis XIV et de ses compositions à consoles.
Cette famille de commodes est communément désignée sous l'appellation de « commodes Mazarines », terme d'usage apparu postérieurement à leur création. Il renvoie notamment aux premières commodes exécutées par André-Charles Boulle pour Louis XIV au début du XVIIIe siècle, dont certains exemplaires furent conservés à la Bibliothèque Mazarine à Paris. Cette dénomination a progressivement été étendue à des meubles présentant une architecture comparable, caractérisée par des montants à consoles renversées et un piétement particulièrement développé. Elle évoque également, par leur parenté architecturale, les bureaux dits Mazarin, dont les consoles et les supports ont influencé les premières formes de commodes. Il s'agit toutefois d'une appellation typologique conventionnelle, et non d'une désignation attestant une origine ou un atelier particulier.
Les côtés, constitués de larges planches de hêtre massif, présentent chacun un grand panneau rectangulaire sculpté et mouluré, dont les quatre angles sont ornés d'écoinçons curvilignes. Ce dessin géométrique, caractéristique du vocabulaire ornemental Louis XIV, contraste avec le mouvement de la façade. La moulure délimitant ces panneaux reprend celle des réserves sculptées sur les façades des tiroirs, assurant une continuité décorative entre les différentes parties du meuble.
La commode est coiffée d'un plateau en merisier massif, mouluré d'un bec-de-corbin sur son pourtour. Sa rive antérieure épouse le mouvement en arbalète de la façade et présente, au droit des montants antérieurs, une succession particulièrement rythmée de ressauts, de décrochements et de retours d'angles. Les côtés du plateau demeurent rectilignes, tandis que des ressauts plus sobres soulignent les montants postérieurs. Ce traitement architectural du plateau accompagne et met en valeur le développement des consoles.
La commode conserve l'ensemble de sa garniture d'origine en bronzes vernis. Les six poignées tombantes présentent un décor de dauphins stylisés affrontés, aux corps recourbés et aux attaches en rosaces feuillagées. Ce motif appartient à un vocabulaire ornemental hérité notamment des grotesques et des ornements de la Renaissance, demeuré très présent dans les arts décoratifs sous Louis XIV.
Les trois entrées de serrure, également d'origine, sont ornées de rinceaux feuillagés disposés symétriquement, surmontés de motifs végétaux stylisés.
Les quatre pieds sont chaussés de sabots en bronze verni figurant des pieds de cervidés, avec une séparation marquée des deux onglons. Ces sabots sont soulignés de bagues moulurées et surmontés de feuillages stylisés, découpés et ajourés, qui accompagnent le mouvement des consoles.
Les panneaux latéraux conservent les traces d'anciennes poignées tombantes, aujourd'hui disparues, dont les emplacements ont été rebouchés. Cette disposition rappelle les poignées de préhension des coffres, dont les premières commodes prolongent certaines fonctions et traditions. Elle constitue un témoignage intéressant de l'évolution des meubles de rangement à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle.
Une construction traditionnelle de menuiserie
Au-delà de son architecture, cette commode se distingue par la qualité et la cohérence de sa construction en bois massif, associant principalement le merisier et le hêtre, avec une utilisation très ponctuelle de résineux.
Le merisier est employé pour le plateau, les montants antérieurs, les traverses de façade et les façades des tiroirs. Le hêtre constitue l'essentiel des côtés, du dos, des planchers intermédiaires et des caissons de tiroirs.
Les planchers intermédiaires sont formés de larges planches de hêtre bouvetées, assemblées à rainure et languette. Les traverses antérieures en merisier, chantournées en arbalète sur leur face extérieure, conservent une face intérieure rectiligne permettant l'emboîtement de ces planchers.
Le dos présente une construction particulièrement soignée. Sa partie inférieure est constituée d'une large traverse en hêtre massif, assemblée aux montants postérieurs par tenons et mortaises chevillés, assurant la rigidité et le maintien de l'écartement du bâti. Au-dessus, de larges planches de hêtre, assemblées entre elles à rainure et languette, sont engagées dans les rainures des montants arrière.
Les façades des tiroirs sont exécutées dans d'épaisses planches de merisier, profondément chantournées sur leur parement extérieur afin d'obtenir le mouvement en arbalète. L'amincissement important du bois dans leur partie centrale est compensé, au revers de chacune d'elles, par une cale de bois rapportée et collée d'origine. Cette disposition permet de consolider les façades et de ménager l'épaisseur nécessaire à l'encastrement des serrures.
Les fonds des tiroirs, constitués de planches de bois massif, sont cloués sous les côtés et les arrières des caissons. Leur partie antérieure est engagée dans une feuillure pratiquée sous la façade, où elle est également fixée par clouage.
L'utilisation abondante du hêtre, la forte section des bois et le soin apporté aux assemblages témoignent d'un travail de menuiserie maîtrisé, distinct des techniques de construction employées dans l'ébénisterie plaquée. Cette organisation constructive, associant des panneaux bouvetés à des assemblages à tenons et mortaises chevillés, participe à la solidité générale du meuble.
État de conservation
La commode conserve l'ensemble de sa construction d'origine, sans transformation structurelle. Elle a été conçue dès l'origine pour recevoir une finition peinte, la finition noire actuelle étant postérieure.
Elle présente un bon état de conservation général, avec quelques restaurations anciennes et ponctuelles, notamment une greffe au pied postérieur gauche et une petite greffe à l'angle gauche du tiroir inférieur.
Les deux coulisseaux du tiroir inférieur sont postérieurs, tandis que ceux des deux tiroirs supérieurs sont d'origine.
Les bronzes vernis de la façade et les quatre sabots sont d'origine. Les anciennes poignées latérales sont manquantes et leurs emplacements ont été rebouchés.
Dimensions
Hauteur : 88,5 cmLargeur : 123 cmProfondeur : 66 cm
3 400 €
Period: 18th century
Style: Louis 14th, Regency
Condition: Good condition
Material: Painted wood
Reference (ID): 1838656
Availability: In stock
Print






































