Scène de massacre - Jean-Joseph Benjamin-Constant (1845 - 1902)
Artiste : Jean-joseph Benjamin-constant (1845 - 1902)
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L'école française des orientalistes est surtout connue pour ses scènes spectaculaires, exotisées et fantasmées du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. Si le souci du détail y est saisissant, les scènes représentées sont souvent le fruit de l'imagination. Cette toile de Benjamin-Constant en est un parfait exemple, réunissant de nombreux motifs prisés des artistes orientalistes. La scène met en scène un sultan victorieux — reconnaissable à son parasol — observant les corps de rebelles après une insurrection avortée. Les scènes de guerre dramatiques de ce type jouissaient d'une immense popularité auprès du public français amateur d'art orientaliste ; par ailleurs, Benjamin-Constant était familier du thème guerrier grâce à sa formation initiale en peinture d'histoire. Les œuvres dépeignant l'« Orient » comme une région violente et en proie aux conflits remplissaient également une fonction secondaire : celle de promouvoir le colonialisme et l'engagement français dans la région sous l'angle d'une mission civilisatrice. Cette étude préparatoire pour le tableau ultérieur de Benjamin-Constant, *Les Derniers Rebelles*, regorge de motifs visuels orientalistes classiques : soleil ardent, chameaux, costumes moyen-orientaux, armes richement ornées et, surtout, le parasol *chamsiya*. Utilisé par le sultan du Maroc pour se protéger d'un soleil de plomb, le *chamsiya* était devenu un symbole d'autorité politique et royale. Malgré le caractère imaginaire de la scène, le soin apporté par Benjamin-Constant aux détails culturels — qu'il s'agisse des costumes, du *chamsiya* ou du minaret en arrière-plan — témoigne d'une profonde appréciation et d'une réelle compréhension de la culture marocaine. La palette aux couleurs saturées évoque un soleil intense, effet accentué par la brièveté des ombres. Les tons terreux sont remarquables ; ils permettent au *chamsiya* du sultan et aux étendards de son cortège de se détacher par des touches de couleur vives au sein de la composition.
Né à Paris en 1845, Benjamin-Constant entame sa formation artistique auprès de Garipuy à l'École des beaux-arts de Toulouse. Ses études toulousaines se concentrent principalement sur la peinture d'histoire, lui permettant de maîtriser l'anatomie, le dessin et la composition. Il fréquente ensuite l'École des beaux-arts de Paris et travaille sous la direction d'Alexandre ; il réalise alors des toiles inspirées de l'Antiquité, tout en s'appropriant les coloris et le style de Rubens, Delacroix et Watteau. À la fin des années 1860, Benjamin-Constant expose au Salon de Paris, où son talent est rapidement remarqué : en 1867, l'État français acquiert même l'une de ses œuvres, représentant une scène tirée de *Hamlet*. En 1870, il entreprend le premier de deux longs voyages en Espagne et au Maroc, période durant laquelle son style s'éloigne de la peinture d'histoire pour s'orienter vers l'orientalisme. Lors de son second séjour en 1871, il passe un an et demi au Maroc, rassemblant une riche collection d'objets nord-africains destinés à nourrir sa peinture. L'architecture et les terrasses blanchies à la chaux qui figurent dans ses œuvres évoquent Tanger, ville où il a inévitablement séjourné au cours de ses périples. De retour à Paris, Benjamin-Constant expose ses toiles orientalistes au Salon et rencontre un immense succès ; il se voit décerner deux médailles d'or, une d'argent et une de bronze pour ses compositions dans ce genre. Entre le milieu et la fin des années 1870, des musées de toute la France acquièrent ses œuvres pour enrichir leurs collections. Benjamin-Constant participe également à la fondation de la Société des peintres orientalistes français et prend part à leur exposition inaugurale en 1893. Outre ses peintures orientalistes, il est un muraliste et portraitiste de talent, comptant des clients jusqu'aux États-Unis et au Canada. Il réalise des décors muraux pour l'Hôtel de Ville de Paris et la Sorbonne, et exécute un portrait remarquable de la reine Victoria en 1899, quelques années seulement avant la disparition de la souveraine. Critique d'art accompli, Benjamin-Constant consacre des études à plusieurs de ses contemporains tout en enseignant à l'Académie Julian. Il s'éteint à Paris en 1902.
L'école française des orientalistes est surtout connue pour ses scènes spectaculaires, exotisées et fantasmées du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. Si le souci du détail y est saisissant, les scènes représentées sont souvent le fruit de l'imagination. Cette toile de Benjamin-Constant en est un parfait exemple, réunissant de nombreux motifs prisés des artistes orientalistes. La scène met en scène un sultan victorieux — reconnaissable à son parasol — observant les corps de rebelles après une insurrection avortée. Les scènes de guerre dramatiques de ce type jouissaient d'une immense popularité auprès du public français amateur d'art orientaliste ; par ailleurs, Benjamin-Constant était familier du thème guerrier grâce à sa formation initiale en peinture d'histoire. Les œuvres dépeignant l'« Orient » comme une région violente et en proie aux conflits remplissaient également une fonction secondaire : celle de promouvoir le colonialisme et l'engagement français dans la région sous l'angle d'une mission civilisatrice. Cette étude préparatoire pour le tableau ultérieur de Benjamin-Constant, *Les Derniers Rebelles*, regorge de motifs visuels orientalistes classiques : soleil ardent, chameaux, costumes moyen-orientaux, armes richement ornées et, surtout, le parasol *chamsiya*. Utilisé par le sultan du Maroc pour se protéger d'un soleil de plomb, le *chamsiya* était devenu un symbole d'autorité politique et royale. Malgré le caractère imaginaire de la scène, le soin apporté par Benjamin-Constant aux détails culturels — qu'il s'agisse des costumes, du *chamsiya* ou du minaret en arrière-plan — témoigne d'une profonde appréciation et d'une réelle compréhension de la culture marocaine. La palette aux couleurs saturées évoque un soleil intense, effet accentué par la brièveté des ombres. Les tons terreux sont remarquables ; ils permettent au *chamsiya* du sultan et aux étendards de son cortège de se détacher par des touches de couleur vives au sein de la composition.
Né à Paris en 1845, Benjamin-Constant entame sa formation artistique auprès de Garipuy à l'École des beaux-arts de Toulouse. Ses études toulousaines se concentrent principalement sur la peinture d'histoire, lui permettant de maîtriser l'anatomie, le dessin et la composition. Il fréquente ensuite l'École des beaux-arts de Paris et travaille sous la direction d'Alexandre ; il réalise alors des toiles inspirées de l'Antiquité, tout en s'appropriant les coloris et le style de Rubens, Delacroix et Watteau. À la fin des années 1860, Benjamin-Constant expose au Salon de Paris, où son talent est rapidement remarqué : en 1867, l'État français acquiert même l'une de ses œuvres, représentant une scène tirée de *Hamlet*. En 1870, il entreprend le premier de deux longs voyages en Espagne et au Maroc, période durant laquelle son style s'éloigne de la peinture d'histoire pour s'orienter vers l'orientalisme. Lors de son second séjour en 1871, il passe un an et demi au Maroc, rassemblant une riche collection d'objets nord-africains destinés à nourrir sa peinture. L'architecture et les terrasses blanchies à la chaux qui figurent dans ses œuvres évoquent Tanger, ville où il a inévitablement séjourné au cours de ses périples. De retour à Paris, Benjamin-Constant expose ses toiles orientalistes au Salon et rencontre un immense succès ; il se voit décerner deux médailles d'or, une d'argent et une de bronze pour ses compositions dans ce genre. Entre le milieu et la fin des années 1870, des musées de toute la France acquièrent ses œuvres pour enrichir leurs collections. Benjamin-Constant participe également à la fondation de la Société des peintres orientalistes français et prend part à leur exposition inaugurale en 1893. Outre ses peintures orientalistes, il est un muraliste et portraitiste de talent, comptant des clients jusqu'aux États-Unis et au Canada. Il réalise des décors muraux pour l'Hôtel de Ville de Paris et la Sorbonne, et exécute un portrait remarquable de la reine Victoria en 1899, quelques années seulement avant la disparition de la souveraine. Critique d'art accompli, Benjamin-Constant consacre des études à plusieurs de ses contemporains tout en enseignant à l'Académie Julian. Il s'éteint à Paris en 1902.
36 000 €
Epoque : 19ème siècle
Style : Orientaliste
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Largeur : 170.5cm
Hauteur : 118.5cm
Référence (ID) : 1818376
Disponibilité : En stock
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