Portrait d'un homme. Huile sur toile. Attribué à José Campeche. XVIIIe siècle
Dimensions avec le cadre : 122 cm de haut x 100 cm de large
La composition se déroule dans un espace intérieur au
caractère solennel, où le personnage représenté concentre toute l'attention.
Don Miguel Antonio de Ustáriz est représenté en demi-figure, élégamment vêtu
d'une veste en velours bleu, dont se distinguent les volants et la soignée
collerette en dentelle blanche, partiellement dissimulée sous ses vêtements. Sa
tenue répond aux codes de distinction propres à la société du XVIIIe siècle et
met en évidence sa position sociale ainsi que son statut de personnalité
publique.
Le personnage porte également une perruque poudrée très
élaborée, conformément à la mode en vigueur à l’époque. Le port de ce type de
perruques, dont la fabrication et l’entretien entraînaient des coûts
considérables, en faisait un élément associé au prestige social et à
l’appartenance aux classes aisées. Ainsi, tant la tenue vestimentaire que la
coiffure jouent dans le portrait un rôle qui transcende le simple aspect
descriptif, contribuant à construire visuellement l’identité et le statut du
personnage représenté.
L’arrière-plan est constitué d’un rideau d’un rouge intense,
surmonté d’un pompon, qui s’enroule autour d’une colonne architecturale. Ces
éléments, courants dans l’art du portrait officiel et de cour, contribuent à
conférer une solennité à la composition et servent à souligner la dignité et la
position du personnage.
L'essor du genre du portrait au XVIIIe siècle est
étroitement lié à une nouvelle conception de l'individualité et de la
représentation sociale. Le portrait est progressivement devenu un instrument
d'affirmation personnelle et de construction de son image, lié aux nouvelles
formes de sociabilité et au goût pour les nouveautés et les modes étrangères,
notamment celles venues de France. Ces modèles, initialement réservés aux
élites européennes, se sont peu à peu répandus dans la société espagnole et
dans ses territoires d’outre-mer.
Dans ce contexte, le portrait a cessé d’être exclusivement
associé à la représentation de personnages dont la condition était considérée
comme exemplaire et a commencé à s’étendre à des individus dont l’importance se
justifiait par leur contribution à la prospérité et au bien commun. Le portrait
de Don Miguel Antonio de Ustáriz s’inscrit dans cette nouvelle conception de la
représentation. Sa figure a acquis de l’importance non seulement en raison de
la fonction qu’il occupait, mais aussi grâce à son implication dans certaines
améliorations urbaines, parmi lesquelles le pavage des rues de San Juan de
Puerto Rico.
L'essor du portrait au cours de la seconde moitié du XVIIIe
siècle a donc entraîné une transformation majeure dans la perception de ce
genre au sein des différentes formes d'expression artistique. Sa diffusion
croissante était liée aux processus de modernisation de la société espagnole et
de ses territoires, ainsi qu'à l'adoption de nouveaux modèles de représentation
venus d'Europe. Se faire portraiturer devint un signe de prestige et de
reconnaissance sociale, tandis que la pratique du portrait gagnait en considération
auprès des artistes.
Don Miguel Antonio de Ustáriz occupa les fonctions de
gouverneur et de capitaine général de Porto Rico entre 1789 et 1792, pendant la
période des réformes bourboniennes et sous le règne de Charles IV. Son portrait
s’inscrit dans une tradition de portraits de gouverneurs et d’autres
personnalités liées à l’administration coloniale. Dans ce contexte, plusieurs
portraits d’Ustáriz sont conservés, parmi lesquels celui appartenant à la
collection de l’Institut de la culture portoricaine, réalisé par José Campeche.
L'œuvre de Campeche se caractérise par le fait qu'il place
ses modèles dans des décors soigneusement construits, où les éléments somptueux
et ornementaux contribuent à traduire leur position sociale. La présence de
tissus luxueux, d'éléments architecturaux et d'une mise en valeur minutieuse
des vêtements permet d'établir un lien direct entre l'espace représenté et le
statut du personnage. En ce sens, l’œuvre analysée s’inscrit dans une
conception du portrait où l’apparence constitue un élément fondamental pour
exprimer le pouvoir, le prestige et la reconnaissance.
José Campeche (San Juan de Porto Rico, 1751-1809) est
considéré comme l’un des principaux représentants de la peinture portoricaine
du XVIIIe siècle et comme une figure fondamentale du développement de la
peinture rococo sur l’île. Entre 1776 et 1778, il entretint des contacts avec
le peintre espagnol Luis Paret y Alcázar, qui était arrivé à Porto Rico après
avoir été exilé sur ordre de Charles III. Sa relation avec Paret eut une
influence notable sur sa formation artistique et sur l’évolution de son langage
pictural.
Artiste autodidacte aux multiples facettes, Campeche s’est
adonné à différentes disciplines, parmi lesquelles la musique, l’architecture,
la topographie, la conception de blasons et la fabrication d’instruments de
musique. Cependant, son œuvre s’est principalement concentrée sur la peinture
religieuse et, en particulier, sur le portrait.
Son langage pictural a été associé au style rococo en raison
de l’importance accordée au détail, à l’élégance et à l’ornementation. Sa
palette est dominée par des tons grisâtres, bleutés et rosés, des choix
chromatiques qui témoignent de l’influence assimilée de Luis Paret y Alcázar.
Ces caractéristiques sont également perceptibles dans l’œuvre étudiée, tant
dans le traitement des vêtements que dans la délicatesse des tons et
l’attention portée aux différents éléments qui composent la représentation du personnage.
4 000 €
Epoque : 18ème siècle
Style : Autre style
Etat : Etat d'usage
Matière : Huile sur toile
Largeur : 100
Hauteur : 122
Référence (ID) : 1823233
Disponibilité : En stock
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