La Passerelle - Henri Ottmann (1877-1927)
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La Passerelle - Henri Ottmann (1877-1927)

Artiste : Henri Ottmann (1877-1927)
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Cette œuvre compte parmi les dernières créations d'Ottmann et témoigne de son évolution artistique. Contrairement à ses réalisations antérieures, elle revêt un caractère nettement plus impressionniste, privilégiant les larges touches et des couleurs non naturalistes, là où ses œuvres précédentes adoptaient une approche plus détaillée. L'usage de la couleur, en particulier, laisse entrevoir l'intérêt d'Ottmann pour le fauvisme ; si une mort précoce, survenue lors d'un tragique accident, ne l'avait pas emporté, qui sait vers quels horizons cette expérimentation aurait pu mener l'artiste au cours de sa maturité.
Henri Ottmann est né à Ancenis, en Loire-Atlantique, en 1877. Il a débuté sa carrière artistique en tant que peintre et graveur à Bruxelles au début du XXe siècle. Il a entamé ses études en 1896 à l'École des beaux-arts de Paris, mais celles-ci furent interrompues l'année suivante lorsque le service militaire obligatoire au sein du 64e régiment d'infanterie l'obligea à retourner à Ancenis. En horreur de la vie militaire, Ottmann simula sa propre noyade dans la Loire. Durant sa cavale, il survécut en peignant et en vendant des œuvres non signées. C'est également durant cette période de clandestinité qu'il rencontra Marianne Capron, qu'il épousa avant de fuir avec elle en Belgique. C'est à Bruxelles qu'eut lieu la première exposition d'Ottmann, au Salon de « La Libre Esthétique », en 1904. Peu après, Ottmann et son épouse rentrèrent en France ; il participa par la suite à des expositions prestigieuses telles que le Salon des Indépendants à Paris (dès 1905), le Salon d'Automne, le Salon de la Société nationale des beaux-arts et le Salon des Tuileries. Malgré ce succès dans les Salons, les débuts de la carrière d'Ottmann furent marqués par d'extrêmes difficultés financières. En conséquence, ses années de formation artistique furent consacrées à la réalisation d'œuvres plaisant aux collectionneurs et aux galeries commerciales, plutôt qu'à l'élaboration d'un style personnel affirmé. À mesure qu'il rencontrait le succès, ce style propre finit par s'affirmer, notamment dans le domaine de la nature morte qui, aux côtés du nu, constitue le sujet de prédilection pour lequel Ottmann est le plus renommé.
Avant la Première Guerre mondiale, l'œuvre d'Ottmann fut profondément marquée par le mouvement impressionniste français, et plus particulièrement par les toiles de Renoir ; il exposait fréquemment au sein de ce cercle artistique réunissant impressionnistes, postimpressionnistes et fauves. En 1911 et 1912, Ottmann exposa avec la Société moderne à la galerie du marchand d'art français Paul Durand-Ruel. Ce dernier représentait de nombreux peintres impressionnistes français de renom, tels qu'Armand Guillaumin et Henri Lebasque. En 1912, il exposa également à la galerie d'Eugène Druet, photographe et marchand d'art français dont l'établissement avait accueilli des œuvres de Georges Pissarro, Charles Camoin, Albert Marquet, Maurice Denis et Paul Cézanne. Au déclenchement de la guerre, Ottmann fut enregistré comme objecteur de conscience. Plutôt que de servir comme combattant, il travailla comme infirmier dans un hôpital militaire à Ancenis ; fait singulier, nombre de ses collègues infirmiers comptaient parmi ses clients pour des portraits et ses mécènes. Durant le conflit, il poursuivit sa création artistique et tint une exposition à la galerie Druet en 1917. À partir de 1919, Ottmann réalisa des illustrations gravées sur bois pour la rubrique « Dessins et bois signés » de la revue littéraire et artistique nantaise *La Gerbe*. Ces illustrations côtoyaient celles d'artistes impressionnistes tels que Paul Signac et Henriette Tirman. Au début des années 1920, Ottmann exposa à la galerie Marcel Bernheim ainsi qu'à l'exposition du Cercle artistique de Bruxelles, où ses œuvres furent présentées aux côtés de celles de Charles Guérin, Henri Matisse, Paul-Albert Besnard et André Lhote. Ottmann continua d'exposer avec grand succès, notamment chez L. Dru et à La Palette française en 1926, puis à la galerie Armand Drouand en 1927. Ses œuvres furent même exposées jusqu'à Beyrouth, New York, Détroit, Buenos Aires et Tokyo.
La vie d’Ottmann s’est tragiquement achevée lors d’un accident de voiture survenu près de Vernon en 1927. Alors qu’il se rendait à une exposition de ses œuvres à Rouen, l’éclatement d’un pneu provoqua le retournement de son véhicule ; Ottmann subit alors une fracture du crâne et de la colonne vertébrale. Transporté dans le coma vers une clinique de Vernon, il finit par succomber à ses blessures à l’âge de 49 ans. Si Ottmann n’avait pas été victime de ce drame, il est probable que ses créations et son style singulier lui auraient valu une renommée à la hauteur de son talent. Ses œuvres figurent néanmoins dans de nombreux musées français, notamment au Musée d’Art Moderne et au Musée du Luxembourg, à Paris. Un certain nombre de ses créations furent détruites durant la Seconde Guerre mondiale, en particulier celles qui appartenaient à des collections de Berlin, Hambourg et Nagasaki. Par la suite, les conflits au Proche-Orient entraînèrent la destruction d’une grande partie de son œuvre, alors conservée à Beyrouth par le collectionneur Charles Corm. Les œuvres d’Ottmann qui ont survécu se trouvent principalement dans des collections privées et sont très rarement exposées ou mises en vente.
5 760 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Art moderne

Etat : Très bon état

Matière : Huile sur toile

Largeur : 46.2cm

Hauteur : 38.2cm

Référence (ID) : 1804065

Disponibilité : En stock

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8 Cecil Court
London WC2N, Angleterre

02073790499

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