Portrait d’un ermite, Auguste Bigand, huile sur toile contrecollée sur panneau, daté 1839
Auguste Bigand (Champlan, 1803 – Versailles, 1875)
Portrait d’un ermite
Huile sur toile, contrecollée sur panneau
64 x 51,5 cm
Signée sur le côté gauche et datée 1839
Bel état de conservation
Nous proposons de découvrir ici un fort tempérament de peintre. Lorsqu’il composa un tableau intitulé Michel-Ange Caravage dans son atelier, Auguste Bigand donna à Caravage ses propres traits ! Etait-ce une manière de se ranger du côté des génies sulfureux ? Entré aux Beaux-Arts en 1822, élève de Pierre-Narcisse Guérin, - qu’il retrouvera lors d’un voyage en Italie -, puis de Louis Hersent, Bigand travailla dans sa jeunesse avec Merry-Joseph Blondel, qu’il assista pour un plafond du Louvre. Dès 1834, il exposa au Salon des tableaux d’histoire et des sujets religieux, avec une certaine prédilection pour les saints et les ermites (Saint Paul l’ermite refuse la visite de saint Antoine le solitaire). Une bonne partie de son œuvre est conservée au musée Calvet à Avignon, à qui l’artiste légua de nombreuses toiles. Bigand avait des liens étroits avec le naturaliste avignonnais Esprit Requien, sans doute rencontré grâce à Horace Vernet. Se partageant entre Versailles et la Cité des papes, il bénéficia ainsi d’importantes commandes du Conseil général du Vaucluse.
Relativement à sa date (1839), notre portrait en buste d’un moine (ou d’un ermite) doit être observé de près. Peint sans concession, il est fait d’une matière épaisse, empâtée et triturée par un pinceau expressif. Le visage de l’homme, raviné par les ans et les privations, ses yeux épuisés, sa barbe grise et drue, se détachent d’un fond sombre homogène. On pense aux Espagnols ou aux Napolitains du XVIIe siècle qui aimaient tant les saints ridés plongés dans les ténèbres – à l’exemple de Ribera. Il est probable que notre tableau soit un témoignage précoce de l’influence espagnole qui s’est exercée sur bien des peintres français au XIXe siècle, à commencer par Manet (influence devenue pastiche chez un Théodule Ribot). Bigand retrouve ici des accents du Siècle d’or hispanique pour restituer tout le mystère d’un vieil humain qui s’est détourné du monde pour se tenir seul face à Dieu.
Epoque : 19ème siècle
Style : Autre style
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Longueur : 64
Largeur : 51,5
Référence (ID) : 1745364
Disponibilité : En stock



























