Cupidon - Felice Ficherelli (1603-1660)
Artiste : Felice Ficherelli (1603-1660)
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La beauté empreinte de douceur de cette toile, qui représente un Cupidon détendu, frappe immédiatement le regard. Cette atmosphère de tendresse naît de l'usage du *sfumato* par Ficherelli, technique qui permet de rendre avec une finesse exquise les carnations du petit ange. La matérialité des corps est manifeste, comme en témoignent les bourrelets sur le ventre de Cupidon ainsi que son visage aux formes pleines et arrondies. Par ailleurs, la position du bras droit, saisissant délicatement la corde de l'arc, témoigne de la maîtrise de l'anatomie humaine par Ficherelli ; une telle posture aurait été extrêmement complexe à restituer avec justesse en termes de perspective. Le clair-obscur met également en valeur le talent de l'artiste, tout particulièrement dans le rendu de la peau. Certaines zones du corps de Cupidon sont plongées dans l'ombre tandis que d'autres sont davantage éclairées, le *sfumato* assurant une transition imperceptible entre ces différentes nuances de carnation. À l'arrière-plan se déploient les ailes de Cupidon : l'une est baignée d'ombre, alors que la lumière se reflète magnifiquement sur le plumage de l'autre. Cette œuvre constitue un véritable chef-d'œuvre baroque ; il n'est guère étonnant que Vermeer ait été suffisamment inspiré par les créations de Ficherelli pour en réaliser lui-même des copies avec une grande application.
Ficherelli est né en 1603 à San Gimignano. Dans les années 1620, il bénéficie du mécénat d'Alberto de Bardi, collectionneur d'art et collaborateur du cardinal Carlo de Médicis. De Bardi l'accueille dans son palais du quartier de l'Oltrarno, à Florence, et le place en apprentissage auprès de Jacopo da Empoli. Cet atelier compte parmi les plus prospères de l'Oltrarno ; Ficherelli y approfondit l'étude des œuvres des maîtres florentins du XVIe siècle. En 1629, il s'inscrit à l'Accademia del Disegno ; il poursuit sa formation après la mort de de Bardi, grâce à une disposition prévue dans le testament de ce dernier. Dans les années 1630, l'œuvre de Ficherelli subit l'influence de son contemporain Francesco Furini et de son usage du *sfumato*. Ficherelli privilégie souvent des sujets cruels tirés de l'Antiquité ou de la Bible, mais il y insuffle une douceur inspirée par Furini, comme en témoigne le tableau de Cupidon présenté ci-dessus. Par contraste avec le choix de ses sujets, Ficherelli est surnommé « Il Riposo » en raison de son tempérament calme et serein. À partir de 1650, sa peinture délaisse le caractère décoratif pour une approche plus solennelle, l'artiste réalisant fréquemment des retables pour des églises. Sa palette s'assombrit — à l'instar de celle d'autres peintres florentins — conférant à ses œuvres une tonalité tragique. Ficherelli meurt à Florence en 1660. Ses œuvres figurent toujours dans la collection de la famille de Bardi, et ses retables sont encore exposés dans des églises de Florence et de Toscane. Des musées de Berlin, Lille et Dijon en possèdent également. Toutefois, l'œuvre la plus célèbre de Ficherelli demeure sa *Sainte Praxède*, tableau dont Johannes Vermeer a réalisé une copie en 1655.
La beauté empreinte de douceur de cette toile, qui représente un Cupidon détendu, frappe immédiatement le regard. Cette atmosphère de tendresse naît de l'usage du *sfumato* par Ficherelli, technique qui permet de rendre avec une finesse exquise les carnations du petit ange. La matérialité des corps est manifeste, comme en témoignent les bourrelets sur le ventre de Cupidon ainsi que son visage aux formes pleines et arrondies. Par ailleurs, la position du bras droit, saisissant délicatement la corde de l'arc, témoigne de la maîtrise de l'anatomie humaine par Ficherelli ; une telle posture aurait été extrêmement complexe à restituer avec justesse en termes de perspective. Le clair-obscur met également en valeur le talent de l'artiste, tout particulièrement dans le rendu de la peau. Certaines zones du corps de Cupidon sont plongées dans l'ombre tandis que d'autres sont davantage éclairées, le *sfumato* assurant une transition imperceptible entre ces différentes nuances de carnation. À l'arrière-plan se déploient les ailes de Cupidon : l'une est baignée d'ombre, alors que la lumière se reflète magnifiquement sur le plumage de l'autre. Cette œuvre constitue un véritable chef-d'œuvre baroque ; il n'est guère étonnant que Vermeer ait été suffisamment inspiré par les créations de Ficherelli pour en réaliser lui-même des copies avec une grande application.
Ficherelli est né en 1603 à San Gimignano. Dans les années 1620, il bénéficie du mécénat d'Alberto de Bardi, collectionneur d'art et collaborateur du cardinal Carlo de Médicis. De Bardi l'accueille dans son palais du quartier de l'Oltrarno, à Florence, et le place en apprentissage auprès de Jacopo da Empoli. Cet atelier compte parmi les plus prospères de l'Oltrarno ; Ficherelli y approfondit l'étude des œuvres des maîtres florentins du XVIe siècle. En 1629, il s'inscrit à l'Accademia del Disegno ; il poursuit sa formation après la mort de de Bardi, grâce à une disposition prévue dans le testament de ce dernier. Dans les années 1630, l'œuvre de Ficherelli subit l'influence de son contemporain Francesco Furini et de son usage du *sfumato*. Ficherelli privilégie souvent des sujets cruels tirés de l'Antiquité ou de la Bible, mais il y insuffle une douceur inspirée par Furini, comme en témoigne le tableau de Cupidon présenté ci-dessus. Par contraste avec le choix de ses sujets, Ficherelli est surnommé « Il Riposo » en raison de son tempérament calme et serein. À partir de 1650, sa peinture délaisse le caractère décoratif pour une approche plus solennelle, l'artiste réalisant fréquemment des retables pour des églises. Sa palette s'assombrit — à l'instar de celle d'autres peintres florentins — conférant à ses œuvres une tonalité tragique. Ficherelli meurt à Florence en 1660. Ses œuvres figurent toujours dans la collection de la famille de Bardi, et ses retables sont encore exposés dans des églises de Florence et de Toscane. Des musées de Berlin, Lille et Dijon en possèdent également. Toutefois, l'œuvre la plus célèbre de Ficherelli demeure sa *Sainte Praxède*, tableau dont Johannes Vermeer a réalisé une copie en 1655.
84 000 €
Epoque : 17ème siècle
Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Largeur : 71.8cm
Hauteur : 81.3cm
Référence (ID) : 1806691
Disponibilité : En stock
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