GIACINTO MASSOLA, SCÈNE DES FUNÉRAILLES DE L’ARCHIDUC RAINIER JOSEPH D’AUTRICHE À BOLZANO
SCÈNE DES FUNÉRAILLES DE L’ARCHIDUC RAINIER JOSEPH D’AUTRICHE À BOLZANO
GIACINTO MASSOLA
Sarzana, 1820 – Gênes, 1865
Crayon, lavis gris et rehauts de blanc sur papier teinté
16 × 20,5 cm
Avec marges : 24,5 × 31,5 cm
Ce dessin évocateur de Giacinto Massola représente une cérémonie funèbre solennelle, dont le sujet peut être identifié avec une grande vraisemblance grâce à ses détails iconographiques. La scène se déroule à l’intérieur du Dom Maria Himmelfahrt à Bolzano et réunit une assemblée nombreuse composée de membres du clergé, de figures civiles et de militaires, reconnaissables à leurs uniformes blancs caractéristiques de l’armée autrichienne.
Au centre de la composition se trouve le cercueil, recouvert d’un drap funéraire. Sur son extrémité apparaît clairement le blason impérial, indiquant sans ambiguïté que le défunt appartenait à la maison de Habsbourg. Compte tenu de la datation probable du dessin et du contexte historique, le nombre de figures possibles se révèle extrêmement restreint. Le seul archiduc d’Autriche décédé au milieu du XIXᵉ siècle et inhumé hors de Vienne, précisément à Bolzano, fut l’archiduc Rainier Joseph d’Autriche, mort en 1853.
Rainier Joseph d’Autriche (1783–1853), né à Pise, exerça les fonctions de vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie de 1818 à 1848. Sa personnalité fut profondément controversée dans l’Italie du XIXᵉ siècle. D’un côté, il incarnait la domination autrichienne, de plus en plus perçue comme oppressive à mesure que s’affirmait la conscience nationale ; de l’autre, sous son gouvernement, Milan demeura un centre politique et culturel majeur, tandis que son rôle de vice-roi revêtait un caractère largement représentatif. À la suite des événements révolutionnaires de 1848, Rainier quitta Milan et passa les dernières années de sa vie loin de la capitale lombarde.
C’est précisément ce contexte historique qui rend la présence d’un tel sujet dans l’œuvre de Massola particulièrement remarquable. L’attention portée par l’artiste à un thème politiquement sensible et chargé de signification suggère que ce dessin pourrait être lié à une commande officielle ou semi-officielle. Il s’adressait probablement à un milieu dans lequel la mémoire du vice-roi conservait son importance malgré l’évolution rapide du climat politique.
Sur le plan de la composition, Massola conçoit la scène comme un acte retenu, presque procédural. Il évite toute dramatisation excessive et privilégie le rythme mesuré des figures, l’équilibre entre les masses claires et sombres, ainsi que la solennité des gestes. L’usage des rehauts de blanc pour souligner les vêtements du clergé et les figures principales du premier plan renforce la gravité cérémonielle de l’événement et met en évidence la hiérarchie au sein de l’espace sacré.
Ce dessin occupe une place singulière dans l’œuvre de Massola. Il témoigne de son intérêt non seulement pour les sujets religieux et littéraires, mais aussi pour l’histoire contemporaine, abordée avec distance et rigueur formelle. La feuille constitue un document rare illustrant la manière dont un artiste du milieu du XIXᵉ siècle pouvait traduire des événements politiques récents dans le langage visuel du dessin académique et de la composition historique.
L’auteur exprime sa gratitude à Simone Ferraro pour son aide dans l’identification du sujet du dessin.
Epoque : 19ème siècle
Style : Louis Philippe-Restauration-Charles X
Etat : Bon état
Matière : Papier
Longueur : 20,5 cm
Hauteur : 16 cm
Référence (ID) : 1695220
Disponibilité : En stock


































