SAINT CHARLES BORROMEO DIRIGEANT UNE DÉVOTION EUCHARISTIQUE PUBLIQUE
GIACINTO MASSOLA
Sarzana, 1820 – Gênes, 1865
Crayon et lavis gris sur papier
29 × 22 cm / 11,4 × 8,7 pouces
Avec marges : 31,5 × 24 cm / 12,4 × 9,4 pouces
Non encadré
Ce dessin représente saint Charles Borromée dirigeant une dévotion eucharistique publique. Il s’agit d’un sujet profondément ancré dans l’histoire religieuse et sociale de la Lombardie, où Borromée fut vénéré non seulement comme un saint, mais aussi comme une figure morale et civique d’une importance exceptionnelle.
Charles Borromée (1538–1584), archevêque de Milan et l’un des acteurs majeurs de la Réforme catholique, incarne un nouvel idéal du pasteur chrétien. Cardinal, réformateur et homme d’une austérité personnelle profonde, il consacra sa vie au soin pastoral, à l’éducation et à un engagement direct auprès des fidèles. En période de crise — notamment lors de la peste à Milan — il était connu pour parcourir les rues dans la pauvreté, soignant les malades et vendant ses propres biens afin de venir en aide aux plus démunis. Sa figure en vint à symboliser une Église présente dans la vie quotidienne, attentive à la souffrance et fondée sur la responsabilité morale.
Dans ce dessin, Massola ne présente pas Borromée comme une figure hiératique et distante. Il le montre au contraire comme un guide spirituel actif, entouré du peuple. La composition privilégie le geste, la posture et le mouvement collectif plutôt que l’effet dramatique. La foi y apparaît comme un acte partagé et public, discret, discipliné et profondément communautaire.
L’œuvre appartient à la période de maturité de Massola et reflète les préoccupations essentielles de son art : l’histoire religieuse, la responsabilité éthique et la vie émotionnelle du passé. Peintre ligure formé à l’Accademia Ligustica de Gênes, Massola associa une rigueur académique à une sensibilité croissante aux thèmes romantiques, en particulier dans les sujets tirés du christianisme et de Dante. Son œuvre établit souvent un pont entre la dévotion personnelle et la réflexion historique.
Ce dessin présente également un intérêt particulier en tant que témoignage de la pratique pédagogique de Massola. Il a très probablement été exécuté comme modèle d’enseignement pour ses élèves. Le revers de la feuille montre des traces de frottage au graphite, tandis que les figures à l’avers portent des marques de pression. Ces éléments attestent d’une méthode académique ancienne, consistant à copier le dessin du maître par transfert des contours à travers le papier. L’œuvre fonctionne ainsi à la fois comme une composition autonome et comme un précieux témoignage de la formation artistique au XIXᵉ siècle.































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