SAINT MICHEL TERRASSANT LE DRAGON
A. G. DORSCHNER
actif en Autriche entre 1930 et 1955
Encre sur papier
43,5 × 30 cm / 17,1 × 11,8 pouces
Composition saisissante et hautement décorative, ce dessin à l’encre d’A. G. Dorschner s’inscrit consciemment dans le langage visuel de la gravure médiévale.
L’archange Michel se tient triomphant au-dessus du dragon, son corps élancé défini par un contour ferme et appuyé, évoquant les bois gravés du gothique tardif. L’inscription latine circulaire — « VICTORIA PRAECLARISSIMA EXCELSIS DEO » (« La plus glorieuse victoire à Dieu au plus haut des cieux ») — encadre la figure avec une clarté emblématique, transformant l’image en une déclaration dévotionnelle unifiée.
La netteté linéaire, l’espace volontairement resserré et la présence presque sculpturale de l’archange révèlent une intention historicisante assumée. Il ne s’agit pas d’une imitation du passé, mais d’une réinterprétation du XXe siècle des formes médiévales. L’encre noire, traitée dans un esprit proche de la xylographie, accentue l’impression de sévérité intemporelle et de concentration spirituelle.
Sous son apparence archaïque se déploie pourtant une sensibilité pleinement moderne. Dans les décennies entourant la Seconde Guerre mondiale, l’image religieuse en Europe centrale devint souvent un vecteur de réflexion sur l’ordre moral et l’endurance spirituelle. La figure de saint Michel — défenseur céleste — acquit ainsi une résonance symbolique renouvelée dans une époque marquée par la rupture et la reconstruction.
Le dessin de Dorschner se situe dès lors au croisement de la tradition et de la modernité : médiéval dans son vocabulaire formel, mais profondément façonné par les préoccupations de son temps.






























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