Portrait miniature de Charlotte-Albertine-Josèphe-Maria de Buisseret (1763-1785)
Artiste : Jean-laurent Mosnier (1743/44-1808)
1778
Signé et daté « Mosnier 1778 »
Aquarelle sur ivoire (numéro de licence M8H834VQ)
Montée dans une bonbonnière en composition sombre à monture dorée, la base dorée portant le poinçon de décharge de Jean-Baptiste Fouache, Paris (1775-1781).
Ovale, 5,5 cm de hauteur
Provenance :
Le père du modèle, Jean-Albert-Joseph de Buisseret, comte de Blarenghien, chevalier de l’Ordre royal militaire de Saint-Louis (1729-1800) ;
Donnée par lui à son fils, Louis-Henri-Joseph de Buisseret-Steenbecque-Thiennes, comte de Blarenghien (1765-1845) (frère du modèle) ;
Transmise par descendance familiale. Christie's, Londres, 21 octobre 1997, lot 140.
Chez D. S. Lavender (Antiques) Ltd., en 1997 ;
Christie’s, Londres, collection de feue Mme T.S. Eliot, 20 novembre 2013 ;
Christie’s, Londres, collection de feue Valerie Eliot, 2 juillet 2015, lot 226 ;
Collection privée, Royaume-Uni.
Exposé :
Bruxelles, Hôtel Goffinet, Exposition de la Miniature, 1912, n° 980 a et b (prêt du comte de Buisseret de Blarenghien, Bruxelles)
Bibliographie :
P.-A. Lemoisne, « Les miniaturistes français à l'exposition de Bruxelles », Les Arts, 129, septembre 1912, p. 14, ill. p. 15 ;
P.-A. Lemoisne, "Le portrait-miniature en France de la Régence au règne de Louis-Philippe",
dans L'Exposition de la Miniature à Bruxelles en 1912, Bruxelles et Paris, 1913, PP. 66-67 (G)
Mosnier nous a laissé de délicieux petits médaillons où il représente simplement des modèles en buste sur fond uni; parmi ceux-ci, les plus intéressants sont les portraits de la comtesse Marie-Josephe-Charlotte de Buisseret et la vicomtesse de Podenas, née Charlotte-Albertine-Maria de Buisseret, appartenant au C™ de Buisseret de Blarenghien [...J; rarement l'art de Mosnier fut mieux représenté que par ces délicates petites peintures., illustré en couleurs pl. XXVII, non. 124 (la mère), monotone pl. XXVIII, non. 128 ;
L. R. Schidlof, La Miniature en Europe, Graz, 1964, II, p. S74-S7S (qualifié de « très bon ») ;
N. Lemoine-Bouchard, Les Peintres en miniature actifs en France 1650-1850, Paris, 2008, p. 393.
S’inscrivant pleinement dans la carrière de Mosnier comme miniaturiste à la cour de Marie-Antoinette, ce portrait de la future comtesse de Podenas (1763-1785) date de 1778, quelques années après qu’il eut achevé ses premiers portraits de la reine. En 1776, Marie-Antoinette nomma Mosnier peintre de la cour, et il devint rapidement un miniaturiste très recherché à la cour de France. Après avoir peint la reine, il s’imposa comme le « portraitiste de son cercle le plus intime », une réputation confirmée par son portrait de la princesse de Lamballe en 1780 et son portrait miniature de la princesse de 1781. La duchesse de Fitz-James et son portrait de Louis XVI (1754-1793) de 1790, ainsi que le portrait actuel de Charlotte-Albertine-Josèphe-Maria de Buisseret.
Cette miniature fut peinte la même année que la naissance de Marie-Thérèse, premier enfant de Marie-Antoinette, prouvant ainsi sa capacité à donner un héritier au trône après près d'une décennie passée à dissiper les doutes du public. Auparavant, cette miniature était accompagnée d'un portrait de la mère du modèle, Marie-Joséphe-Charlotte de Steenberque, comtesse de Buisseret de Blarenghien (1739-1800). La relation mère-fille représentée dans ce duo original faisait écho à l'annonce de la naissance d'une princesse à Versailles. Le rôle maternel de Marie-Antoinette deviendra par la suite un thème important des portraits royaux, comme en témoigne, par exemple, le tableau « Marie-Antoinette et ses enfants » d'Élisabeth Vigée Le Brun. 1787.
Un autre portrait royal, réalisé la même année que cette miniature par Mosnier, est signé Vigée Le Brun. Elle y représente Marie-Antoinette en tenue de cour. On retrouve des choix stylistiques similaires dans le portrait de Charlotte par Mosnier. Sa coiffure, un chignon haut poudré orné de rubans et de gaze, rappelle les coiffures popularisées par Marie-Antoinette, tandis que les rubans qui ornent sa robe font écho à la garde-robe de la reine. Ce portrait montre Charlotte à l'âge de 15 ans, probablement déjà séduite par la mode de la reine. Charlotte a grandi à Paris, où l'influence de Marie-Antoinette sur la mode était la plus marquée. Elle y est restée jusqu'à la fin de ses études, puis est retournée au domicile familial à Lille.
Cinq ans après la réalisation de cette miniature, Charlotte a épousé Henri-Pierre-Jacques, capitaine du régiment des Bourbonnais, chevalier de Saint-Louis et futur comte de Podenas. Leur mariage a été célébré en décembre 1783 à l'église de la Madeleine à Lille, où Charlotte avait passé son enfance. Baptisée bébé, elle passa quelque temps dans l'appartement parisien de son mari après son mariage. À cette occasion, elle fut présentée à la cour par sa tante, la comtesse de Podenas. Elle avait fait confectionner une robe spécialement pour l'événement, en satin argenté sur fond blanc. Peut-être y rencontra-t-elle Marie-Antoinette. Après Paris, Charlotte se rendit à Gers où elle séjourna chez son époux.
Après avoir séjourné au château de la Rocque, elle rentra à Lille, épuisée par sa grossesse. Elle donna naissance à son fils Jean-Baptiste Charles Félix Henri le 24 novembre 1785, mais la joie fut de courte durée, car Charlotte mourut tragiquement de la fièvre quelques jours plus tard, le 5 décembre, à l'âge de 22 ans.
[1] Leo R. Schidlof, The Miniature in Europe in the 16th, 17th, 18th, and 19th Centuries (Akademische Druck- und Verlagsanstalt, 1964), 2:574, Heinz Archive, National Portrait Gallery.
[2] Pappe and Schmieglitz-Otten, Miniaturen der Zeit Marie Antoinettes, 32.
[3] P. Denis du Péage, Inventaire après décès de Madame de Podenas, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, 1936, 175, https://doi.org/10.3406/rnord.1936.1720.
[4] Denis du Péage, Inventaire après décès de Madame de Podenas, 177.
Signé et daté « Mosnier 1778 »
Aquarelle sur ivoire (numéro de licence M8H834VQ)
Montée dans une bonbonnière en composition sombre à monture dorée, la base dorée portant le poinçon de décharge de Jean-Baptiste Fouache, Paris (1775-1781).
Ovale, 5,5 cm de hauteur
Provenance :
Le père du modèle, Jean-Albert-Joseph de Buisseret, comte de Blarenghien, chevalier de l’Ordre royal militaire de Saint-Louis (1729-1800) ;
Donnée par lui à son fils, Louis-Henri-Joseph de Buisseret-Steenbecque-Thiennes, comte de Blarenghien (1765-1845) (frère du modèle) ;
Transmise par descendance familiale. Christie's, Londres, 21 octobre 1997, lot 140.
Chez D. S. Lavender (Antiques) Ltd., en 1997 ;
Christie’s, Londres, collection de feue Mme T.S. Eliot, 20 novembre 2013 ;
Christie’s, Londres, collection de feue Valerie Eliot, 2 juillet 2015, lot 226 ;
Collection privée, Royaume-Uni.
Exposé :
Bruxelles, Hôtel Goffinet, Exposition de la Miniature, 1912, n° 980 a et b (prêt du comte de Buisseret de Blarenghien, Bruxelles)
Bibliographie :
P.-A. Lemoisne, « Les miniaturistes français à l'exposition de Bruxelles », Les Arts, 129, septembre 1912, p. 14, ill. p. 15 ;
P.-A. Lemoisne, "Le portrait-miniature en France de la Régence au règne de Louis-Philippe",
dans L'Exposition de la Miniature à Bruxelles en 1912, Bruxelles et Paris, 1913, PP. 66-67 (G)
Mosnier nous a laissé de délicieux petits médaillons où il représente simplement des modèles en buste sur fond uni; parmi ceux-ci, les plus intéressants sont les portraits de la comtesse Marie-Josephe-Charlotte de Buisseret et la vicomtesse de Podenas, née Charlotte-Albertine-Maria de Buisseret, appartenant au C™ de Buisseret de Blarenghien [...J; rarement l'art de Mosnier fut mieux représenté que par ces délicates petites peintures., illustré en couleurs pl. XXVII, non. 124 (la mère), monotone pl. XXVIII, non. 128 ;
L. R. Schidlof, La Miniature en Europe, Graz, 1964, II, p. S74-S7S (qualifié de « très bon ») ;
N. Lemoine-Bouchard, Les Peintres en miniature actifs en France 1650-1850, Paris, 2008, p. 393.
S’inscrivant pleinement dans la carrière de Mosnier comme miniaturiste à la cour de Marie-Antoinette, ce portrait de la future comtesse de Podenas (1763-1785) date de 1778, quelques années après qu’il eut achevé ses premiers portraits de la reine. En 1776, Marie-Antoinette nomma Mosnier peintre de la cour, et il devint rapidement un miniaturiste très recherché à la cour de France. Après avoir peint la reine, il s’imposa comme le « portraitiste de son cercle le plus intime », une réputation confirmée par son portrait de la princesse de Lamballe en 1780 et son portrait miniature de la princesse de 1781. La duchesse de Fitz-James et son portrait de Louis XVI (1754-1793) de 1790, ainsi que le portrait actuel de Charlotte-Albertine-Josèphe-Maria de Buisseret.
Cette miniature fut peinte la même année que la naissance de Marie-Thérèse, premier enfant de Marie-Antoinette, prouvant ainsi sa capacité à donner un héritier au trône après près d'une décennie passée à dissiper les doutes du public. Auparavant, cette miniature était accompagnée d'un portrait de la mère du modèle, Marie-Joséphe-Charlotte de Steenberque, comtesse de Buisseret de Blarenghien (1739-1800). La relation mère-fille représentée dans ce duo original faisait écho à l'annonce de la naissance d'une princesse à Versailles. Le rôle maternel de Marie-Antoinette deviendra par la suite un thème important des portraits royaux, comme en témoigne, par exemple, le tableau « Marie-Antoinette et ses enfants » d'Élisabeth Vigée Le Brun. 1787.
Un autre portrait royal, réalisé la même année que cette miniature par Mosnier, est signé Vigée Le Brun. Elle y représente Marie-Antoinette en tenue de cour. On retrouve des choix stylistiques similaires dans le portrait de Charlotte par Mosnier. Sa coiffure, un chignon haut poudré orné de rubans et de gaze, rappelle les coiffures popularisées par Marie-Antoinette, tandis que les rubans qui ornent sa robe font écho à la garde-robe de la reine. Ce portrait montre Charlotte à l'âge de 15 ans, probablement déjà séduite par la mode de la reine. Charlotte a grandi à Paris, où l'influence de Marie-Antoinette sur la mode était la plus marquée. Elle y est restée jusqu'à la fin de ses études, puis est retournée au domicile familial à Lille.
Cinq ans après la réalisation de cette miniature, Charlotte a épousé Henri-Pierre-Jacques, capitaine du régiment des Bourbonnais, chevalier de Saint-Louis et futur comte de Podenas. Leur mariage a été célébré en décembre 1783 à l'église de la Madeleine à Lille, où Charlotte avait passé son enfance. Baptisée bébé, elle passa quelque temps dans l'appartement parisien de son mari après son mariage. À cette occasion, elle fut présentée à la cour par sa tante, la comtesse de Podenas. Elle avait fait confectionner une robe spécialement pour l'événement, en satin argenté sur fond blanc. Peut-être y rencontra-t-elle Marie-Antoinette. Après Paris, Charlotte se rendit à Gers où elle séjourna chez son époux.
Après avoir séjourné au château de la Rocque, elle rentra à Lille, épuisée par sa grossesse. Elle donna naissance à son fils Jean-Baptiste Charles Félix Henri le 24 novembre 1785, mais la joie fut de courte durée, car Charlotte mourut tragiquement de la fièvre quelques jours plus tard, le 5 décembre, à l'âge de 22 ans.
[1] Leo R. Schidlof, The Miniature in Europe in the 16th, 17th, 18th, and 19th Centuries (Akademische Druck- und Verlagsanstalt, 1964), 2:574, Heinz Archive, National Portrait Gallery.
[2] Pappe and Schmieglitz-Otten, Miniaturen der Zeit Marie Antoinettes, 32.
[3] P. Denis du Péage, Inventaire après décès de Madame de Podenas, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, 1936, 175, https://doi.org/10.3406/rnord.1936.1720.
[4] Denis du Péage, Inventaire après décès de Madame de Podenas, 177.
22 095 €
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XVI - Directoire
Etat : En l'etat
Hauteur : oval, 5.5 cm (2 ¹/₈ inches) high
Référence (ID) : 1654972
Disponibilité : En stock
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