Chapiteau roman - Sud-ouest de la France, milieu du XIIe siècle
Chapiteau roman en calcaire
Sud-ouest de la France (Languedoc ou Saintonge), première moitié — milieu du XIIe siècle
37 x 59 x 41 cm
calcaire coquillier
La corbeille, de plan rectangulaire à léger fruit, développe sur sa face principale un système de volutes affrontées s'enroulant en spirale autour d'un bouton central saillant. Ce schéma compositionnel, dérivé en dernière analyse du chapiteau corinthien antique par l'intermédiaire de ses réinterprétations carolingiennes et pré-romanes, se trouve ici entièrement résorbé dans une logique décorative propre au troisième quart du XIe et au XIIe siècle : la volute n'est plus un élément structurel rappelant la feuille d'acanthe, mais un motif autonome, animé d'une ponctuation systématique de petits forages au trépan. Cette technique du trépanage, héritée de la sculpture tardo-antique et largement diffusée dans les ateliers romans du Midi, est employée ici non pas accessoirement mais comme principe organisateur de la surface, créant un rythme de pleins et de vides qui module l'effet de la lumière rasante. Le listel inférieur du tailloir, cannelé verticalement, évoque la tradition, plus rare, des chapiteaux à godrons ou « à feuilles d'eau » attestée notamment en Poitou et en Saintonge.
L'attribution régionale proposée repose sur un faisceau d'indices stylistiques convergents plutôt que sur un rapprochement univoque. Le traitement de la volute en spirale fortement enroulée, conjugué à l'usage systématique et quasi ornemental du trépan, trouve son comparant le plus proche dans la production du cloître de Moissac (vers 1100-1115), où R. Hamann et M. Schapiro ont depuis longtemps souligné la virtuosité technique de l'atelier dans le traitement plastique du feuillage et des volutes (Schapiro, The Sculpture of Moissac, 1985). Une parenté plus lointaine, mais significative, peut également être établie avec certains chapiteaux du déambulatoire et de la nef de la basilique Saint-Sernin de Toulouse, où M. Durliat a identifié des schémas comparables de volutes à crochet ponctuées de perles (Durliat, La sculpture romane de la route de Saint-Jacques, 1990). Le recours systématique au trépan, enfin, invite à considérer également la production saintongeaise, où ce procédé constitue, selon F. Eygun, une véritable signature technique des ateliers locaux du XIIe siècle (Eygun, Saintonge romane, Zodiaque, 1970)
Epoque : Antérieure au 16ème siècle
Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII
Etat : Bon état
Matière : Pierre
Longueur : 59
Hauteur : 37
Profondeur : 41
Référence (ID) : 1835923
Disponibilité : En stock































