Joseph Lacasse (1894-1975) : Étude de débardeur 1913 Huile sur toile signée, titrée et datée
L'artiste belgeJoseph Lacasse est un pionnier perdu. Il arrive, une fois tous les vingt ou trente ans, qu’un peintre oublié, soudain promu à la lumière du jour,bouleverse l’idée qu’on s’est faite de toute une période de la création artistique.Dans le domaine français, on a vu un cas, il y a une quelques années : juste après sa mort, distraitement annoncée, on s’est aperçu que Léopold Survage avait été un des novateurs les plus spontanés et les plus équilibrés de son temps. Aujourd’hui, nous vous proposons de vous pencher sur le cas de Joseph Lacasse (1894-1975), tout aussi digne de secouer les hiérarchies et les lieux communs. Ce n’est pas que ce peintre soit passé tout à fait inaperçu. Chez lui en Belgique, puis à Paris où il est mort,ses expositions n’ont pas manqué. Mais le public ne sait que peu sur son œuvre.
On a affaire à un véritable génie, dès 1910. Connaît-il le cubisme ? En tout cas, il est cubiste par instinct et s’y montre, à quinze et seize ans, un peintre d’une extraordinaire maîtrise. De plus, il sait traduire, dans sa série des «cailloux », les couleurs de schiste et de charbon, si particulières au Borinage voisin de son enfance. En vérité, il ne s’agit pas d’une variante du cubisme,mais d’une sorte de cubisme abstrait, où l’objet disséqué se trouve redéfini, à mi-chemin de l’abstraction et de la figuration. Quant aux personnages qu’il peint, en ces années qui précèdent sa vingtaine, ils sont tout à la fois réels,stylisés et comme dépliés selon des lois géométriques qui se rapprochent, alors qu’il ne pouvait les connaître, de Boccioni et de Balla. Comme si cette prodigieuse illumination ne suffisait pas, on trouve dans les œuvres de la même époque des stridences, des gesticulations et des épanchements qu’on doit comparer à ceux de Kandinsky. La main est libre de ne pas suivre les intentions de l’esprit. Mais l’élan vital reste le premier moteur : Joseph Lacasse n’a cure des mots d’ordre, des écoles, des manifestes. A partir de la trentaine,son itinéraire se confond avec celui de toutes les innovations et de toutes les conquêtes de notre temps. En cherchant bien, on peut lui découvrir des affinités avec la plupart des peintres qui comptent, dans cet enrichissement de notre vision. Il est évident, par exemple, qu’on peut le comparer à Nicolas de Staël. Il est son contemporain sans jamais être son imitateur. De même,certaines toiles sont, à première vue, assez comparables à celles de Serge Poliakoff. Il suffit d’un examen plus approfondi, pour comprendre qu’elles sont infiniment plus subtiles et plus savantes.
On a affaire à un véritable génie, dès 1910. Connaît-il le cubisme ? En tout cas, il est cubiste par instinct et s’y montre, à quinze et seize ans, un peintre d’une extraordinaire maîtrise. De plus, il sait traduire, dans sa série des «cailloux », les couleurs de schiste et de charbon, si particulières au Borinage voisin de son enfance. En vérité, il ne s’agit pas d’une variante du cubisme,mais d’une sorte de cubisme abstrait, où l’objet disséqué se trouve redéfini, à mi-chemin de l’abstraction et de la figuration. Quant aux personnages qu’il peint, en ces années qui précèdent sa vingtaine, ils sont tout à la fois réels,stylisés et comme dépliés selon des lois géométriques qui se rapprochent, alors qu’il ne pouvait les connaître, de Boccioni et de Balla. Comme si cette prodigieuse illumination ne suffisait pas, on trouve dans les œuvres de la même époque des stridences, des gesticulations et des épanchements qu’on doit comparer à ceux de Kandinsky. La main est libre de ne pas suivre les intentions de l’esprit. Mais l’élan vital reste le premier moteur : Joseph Lacasse n’a cure des mots d’ordre, des écoles, des manifestes. A partir de la trentaine,son itinéraire se confond avec celui de toutes les innovations et de toutes les conquêtes de notre temps. En cherchant bien, on peut lui découvrir des affinités avec la plupart des peintres qui comptent, dans cet enrichissement de notre vision. Il est évident, par exemple, qu’on peut le comparer à Nicolas de Staël. Il est son contemporain sans jamais être son imitateur. De même,certaines toiles sont, à première vue, assez comparables à celles de Serge Poliakoff. Il suffit d’un examen plus approfondi, pour comprendre qu’elles sont infiniment plus subtiles et plus savantes.
16 000 €
Epoque : 20ème siècle
Style : Art moderne
Etat : Bon état
Matière : Huile sur toile
Longueur : 60
Largeur : 40
Référence (ID) : 1668750
Disponibilité : En stock
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