Console du Comtat Venaissin en ferronnerie, d’époque XVIIIe.


Console d’applique contadine de l’enclave papale en ferronnerie Avignonnaise de forme rectangulaire chantournée et galbée. Là point d’ébénisterie mais de la serrurerie, ici tout n’est que métal chauffé à blanc, le fer y est battu et forcé à chaud dans de puissants moules de bois, la tôle y est repoussée sur des matrices sculptées puis ciselée pour y être enfin dorée à la feuille. L’union des deux matières ne se fait que par rivetage, clavetage et œillets.

Console du Comtat Venaissin en ferronnerie, d’époque XVIIIe. (c) Serignan Antiquités. Proantic.

La ceinture tout aussi fine qu’opulente que verveuse aux galbes gourmands repose sur un piétement à double évolution décroissante de crosses involutées en chien-de-fusil; aussi vifs que nerveux ceux-ci sont réunis par une entretoise en pont centrée d’une feuille d’acanthe.

Console du Comtat Venaissin en ferronnerie, d’époque XVIIIe. (c) Serignan Antiquités. Proantic.

Tout n’est qu’assemblage harmonieux de fines volutes, de queue de cochon, et autres rinceaux tout aussi vifs que tranchants sans oublier perles croissantes et feuilles d’acanthes et feuillages au naturel , toutes et tous assemblés grâce à des œillets écrasés, ici tout est battu aplani et forcé sur l’enclume une fois sorti du four du maître serrurier.

Console du Comtat Venaissin en ferronnerie, d’époque XVIIIe. (c) Serignan Antiquités. Proantic.

Le tout est coiffé d’une feuille de marbre en brèche d’Alep. Celle-ci improprement dite d’Alep, se compose de fragments anguleux jaunâtres, oranges, gris, bruns et noirs violacés incrustés dans un ciment jaune graveleux. Ce marbre, connu depuis l’Antiquité, est largement utilisé depuis de XVIIème provenait d’une carrière située près d’Aix en Provence, au Tholonnet, celle-ci est depuis tarie.

Le marquis de Gallifet envoya des échantillons de ce marbre aux sœurs du roi Louis XVI. En leur honneur, le marbre pris momentanément le nom de «Brèche MesdamesCe travail si spécifique des maîtres serruriers Venaissins donne à cette console atypique toutes ses lettres de noblesses ; on y retrouve l’exubérance du midi conjuguée au goût théâtral d’une magnificence toute italienne.
Les inventaires de l’abbé G Arnaud D’Agnel dans son ouvrage; Le meuble d’ameublement Provençal et Comtadin, tome premier, troisième partie planches CXXVII et CXXVIII nous apprennent que quelques hôtels particuliers Aixois, Marseillais ou Avignonnais possédaient de telles pièces, le château Davignon en Camargue à part exemple conservé sa console depuis le 18 ème siècle.