Anne-Marie-Louise d’Orléans, dite « la Grande Mademoiselle » attribué aux Beaubrun vers 1660.
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Anne-Marie-Louise d’Orléans, dite « la Grande Mademoiselle » attribué aux Beaubrun vers 1660.

Artiste : Henri Et Charles Beaubrun Attribué.
Anne-Marie-Louise d’Orléans, dite « laGrande Mademoiselle » portrait attribué aux Beaubrun vers 1660.

Huile sur toile rentoilée de 91 cm par 73.5 cm.
Cadre ancien de 108 cm par 91 cm. 

Le tableau représente, à mi-corps et sur un fondsombre, une jeune femme de la haute aristocratie figurée sous les traits de Pallas-Minerve,déesse antique de la sagesse et de la guerre.Le modèle, légèrement tourné de trois quarts, porteson regard vers le spectateur. Son visage ovale, aux carnations clairesdélicatement nuancées de rose, se détache avec netteté de l’arrière-plan brun.Le front haut et dégagé est bordé de petites boucles régulières, tandis qu’uneabondante chevelure brune, organisée en longues mèches ondulées, retombe depart et d’autre du visage et sur les épaules. La physionomie se caractérise pardes yeux largement espacés, un nez droit et une petite bouche aux lèvres rosées.La préciosité de la parure contraste avec lecaractère martial de la représentation. La jeune femme porte un collier composéd’un rang de grosses perles, auquel répondent des pendants d’oreilles égalementornés de perles.Elle est vêtue d’un somptueux costume de fantaisie àl’antique, adapté aux conventions du portrait de cour français du XVIIe siècle.Le buste est recouvert d’un corselet évoquant une cuirasse, richement travailléde motifs dorés, d’ornements métalliques et de cabochons. Sous cette armured’apparat apparaissent les volumes généreux d’une chemise blanche aux manchesbouffantes.Un ample manteau bleu semé de fleurs de lys d’or enveloppeen partie la figure. Cet élément héraldique, particulièrement significatif,introduit dans la composition une référence explicite à la monarchie françaiseet suggère l’appartenance du modèle à la maison de France.L’identification allégorique est affirmée par lesattributs guerriers. La jeune femme est coiffée d’un imposant casque àl’antique, richement orné et surmonté d’un spectaculaire panache de plumesblanches et gris-brun qui se développe dans la partie supérieure de lacomposition.Une longue lance, tenue obliquement, traverse letableau et structure fortement la composition. Sur la droite prend place ungrand bouclier, dont la masse sombre et les ornements métalliques répondent aucasque et à la cuirasse.Le casque, la lance, le bouclier et la cuirasseconstituent les attributs traditionnels de Pallas-Minerve. L’œuvre appartientainsi au genre du portrait historié, particulièrement apprécié dans les milieuxaristocratiques et à la cour de France au XVIIe siècle.La composition repose sur un contraste recherchéentre féminité précieuse et puissance guerrière. Aux perles, à la blancheur deschairs, aux boucles soigneusement disposées et aux étoffes raffinées répondentle métal de la cuirasse, le casque, la lance et le bouclier. Le travestissementen Minerve exalte ainsi symboliquement les qualités prêtées au modèle :noblesse, sagesse, autorité, courage et vertu. 

Anne-Marie-Louise d’Orléans, dite « laGrande Mademoiselle »Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse deMontpensier (1627-1693), dite « la Grande Mademoiselle »

Elle est la fille de Gaston d’Orléans, frère deLouis XIII, et de Marie de Bourbon-Montpensier. Petite-fille d’Henri IV etcousine germaine de Louis XIV, elle appartient au plus haut rang de la maisonde France et compte, grâce à l’immense héritage maternel qu’elle reçoit dès sanaissance, parmi les princesses les plus riches d’Europe.Personnalité indépendante et consciente de son rang,elle joue un rôle particulièrement actif durant la Fronde. En 1652, elle prendle parti du prince de Condé contre les forces royales et intervient directementdans les événements parisiens. Son engagement lui vaut temporairement l’exil dela cour et contribue à forger durablement son image de princesse guerrière etfrondeuse.Revenue progressivement en faveur auprès de LouisXIV, elle mène une existence de grande princesse, protège artistes et hommes delettres et laisse d’importants Mémoires, précieux témoignage sur la couret la société aristocratique du Grand Siècle. Sa passion tardive pour AntoninNompar de Caumont, duc de Lauzun, et les difficultés entourant leur unionconstituent l’un des épisodes les plus célèbres de sa vie.La Grande Mademoiselle fait l’objet de nombreuxportraits, parfois sous une forme allégorique ou héroïque. Sa représentationsous les traits de Pallas-Minerve, armée d’un casque, d’une lance et d’unbouclier, prend une signification particulière au regard de sa personnalité etde son engagement pendant la Fronde : la déesse antique réunit les vertus desagesse, d’autorité et de courage guerrier.

Le musée Carnavalet conserve notamment un portraitd’Anne-Marie-Louise d’Orléans la représentant casquée et munie d’un bouclier,témoignage de cette iconographie héroïque.

https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carnavalet/oeuvres/portrait-d-anne-marie-louise-d-orleans-duchesse-de-montpensier-dite-la?utm

Elle meurt à Paris le 5 avril 1693, laissant l’imagesingulière d’une princesse du sang qui, par sa fortune, son caractère et sesambitions, occupe une place à part parmi les grandes figures féminines du XVIIesiècle.

Henri et Charles BeaubrunHenri Beaubrun (1603-1677) et Charles Beaubrun(1604-1692)

Ce sont deux cousins, nés à Amboise, qui comptent parmi les principauxportraitistes de la cour de France au milieu du XVIIe siècle. Leur carrière estétroitement liée à la famille royale et plus particulièrement aux femmes de lacour. Le musée du Louvre donne pour Henri les dates 1603-1677 et pourCharles 1604-1692.Les deux artistes travaillent en collaboration siétroite qu’il est souvent difficile, voire impossible, de distinguer la main del’un de celle de l’autre. Cette association constitue l’une des particularitésde leur œuvre. Le château de Versailles rapporte qu’ils aiment se présentercomme capables d’échanger leurs pinceaux au cours de l’exécution d’un mêmeportrait, ce qui explique que nombre de leurs tableaux soient aujourd’huiattribués conjointement à « Henri et Charles Beaubrun ».Très tôt introduits dans les milieux de la cour, lesBeaubrun bénéficient particulièrement de la faveur d’Anne d’Autriche. Ilsreprésentent la reine dans des circonstances exceptionnelles, notamment pendantsa grossesse, puis peignent le futur Louis XIV quelques jours seulement aprèssa naissance. Leur proximité avec la famille royale leur permet ainsi dedevenir des témoins privilégiés de l’enfance du jeune souverain et del’entourage féminin de la monarchie.Un exemple particulièrement significatif de cetteactivité est le Portrait d’Anne d’Autriche, régente de France, et de sonfils Louis XIV, peint vers 1644-1645 et acquis par le château de Versaillesen 2025. Cette œuvre associe le portrait familial à une véritablereprésentation politique de la monarchie au moment de la régence d’Anned’Autriche.Les Beaubrun se spécialisent progressivement dans leportrait féminin de cour. Princesses, reines et grandes dames constituent unepart essentielle de leur clientèle. Ils développent un langage particulièrementadapté à cette société aristocratique : visages soigneusement modelés,carnations claires, coiffures élaborées, perles et bijoux, étoffes précieuses,broderies et costumes somptueux occupent une place considérable dans leurscompositions.Leur manière répond ainsi autant à la nécessité deconserver les traits du modèle qu’à celle de manifester son rang, sa beauté etson appartenance à la société de cour. Le portrait devient une représentationsociale et dynastique autant qu’une effigie individuelle.Sous le règne de Louis XIV, leur réputation atteintson apogée. Le roi leur commande lui-même des portraits de princesses de lafamille royale et de grandes dames de la cour, destinés notamment à sesrésidences. Ces œuvres participent à la mode des « galeries de beautés »,ensembles de portraits féminins alors très appréciés dans les courseuropéennes. Versailles souligne que les portraits des Beaubrun connaissent untrès grand succès jusqu’à la fin des années 1660.Leur activité ne se limite pas à Anne d’Autriche etaux premières années du règne. Les deux cousins travaillent également pour Marie-Thérèsed’Autriche, épouse de Louis XIV, et représentent le Grand Dauphin. Ils occupentainsi une position privilégiée dans la représentation des différentesgénérations de la famille royale.Charles Beaubrun appartient par ailleurs à l’Académieroyale de peinture et de sculpture à partir du 2 septembre 1651. Les sources del’INHA indiquent également qu’il reçoit de nombreuses commandes royales deportraits de dames de la cour.L’art des Beaubrun se caractérise particulièrementpar l’élégance et la préciosité de la représentation. Les modèles fémininsapparaissent fréquemment dans de riches robes de cour, accompagnées de perles,de bijoux et de draperies. Mais le portrait peut également prendre unedimension allégorique ou mythologique : la grande dame abandonne alors, enpartie, son identité quotidienne pour apparaître sous les traits d’une déesseou d’une héroïne de l’Antiquité.Ce type de portrait historié permet d’associer laressemblance physique à des qualités symboliques : Diane évoque notamment lachasteté ou la chasse, tandis que Pallas-Minerve incarne la sagesse,l’intelligence, l’autorité et la vertu guerrière. Le costume antique, lecasque, la lance ou le bouclier peuvent ainsi cohabiter avec les coiffures, lesperles et les étoffes caractéristiques de la mode française contemporaine.Cette proximité entre portrait de cour etreprésentation allégorique explique que certaines attributions anciennes auxBeaubrun fassent aujourd’hui encore l’objet de discussions. Le Louvre conservepar exemple un Portrait d’inconnue en Diane, autrefois attribué àCharles Beaubrun et autrefois identifié comme Madame de Montespan, désormaisclassé comme anonyme de l’école française du XVIIe siècle. Ce type deréattribution montre combien la connaissance de leur œuvre demeure complexe.Cette difficulté tient également au fonctionnementmême de leur atelier. La collaboration constante des deux cousins,l’intervention probable d’aides pour certaines parties des tableaux et lesuccès de leurs formules de portrait rendent délicate la séparation entre œuvreautographe des deux peintres, participation de l’atelier, réplique et œuvre deleur cercle. L’étude d’un tableau attribuable à leur milieu nécessite donc deconfronter la physionomie du modèle mais aussi le traitement des chairs, desmains, des cheveux, des perles, des étoffes et des ornements.Henri Beaubrun meurt à Paris en 1677. Charles luisurvit pendant une quinzaine d’années et meurt à Paris en 1692.Aujourd’hui, les Beaubrun apparaissent comme desreprésentants essentiels du portrait de cour français au moment de la régenced’Anne d’Autriche et des premières décennies du règne personnel de Louis XIV.Leur œuvre constitue une véritable galerie de la société aristocratique duGrand Siècle et offre un témoignage privilégié sur la manière dont les femmesde la famille royale et de la haute noblesse construisent leur image à traversle portrait.Le château de Versailles conserve plusieurs de leursœuvres et consacre également ses recherches à leur production. Il définitnotamment Henri et Charles Beaubrun comme « deux cousins au service des reines», formule qui résume particulièrement bien la place qu’ils occupent dansl’histoire du portrait français
16 800 €

Epoque : 17ème siècle

Style : Louis XIV - Régence

Etat : Très bon état

Matière : Huile sur toile

Longueur : 91 cm, 108 cm avec le cadre

Largeur : 73.5 cm, 91 cm avec le cadre

Référence (ID) : 1813715

Disponibilité : En stock

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Troyes 10000, France

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