Simon De Vos (1603-1676) - Marie Madeleine pénitente
Peinture à l’huile - Signée à la main
Artiste: Simon de Vos (1603–1676) (attribué)
Titre: Marie Madeleine pénitente
Technique: Huile sur toile
Dimensions: 59 × 75,5 cm (avec cadre baroque doré: 85 × 100,5 cm)
Style: Baroque (baroque flamand)
Signature: Monogramme « SV » au centre inférieur
État: Pertes de matière picturale, réseau de craquelures, altérations chromatiques/assombrissement; anciennes retouches visibles sous UV
Provenance: Issue d’une collection d’art néerlandaise de qualité
Introduction
Cette œuvre, à la fois retenue et intensément dramatique, représente Marie Madeleine dans son rôle de sainte pénitente, l’un des sujets dévotionnels les plus prisés dans le baroque des Pays-Bas méridionaux au XVIIe siècle. Le tableau associe un moment intime de contemplation à une vision céleste affirmée, typique de la culture visuelle de la Contre-Réforme, où repentir, conversion intérieure et grâce divine sont rendus sensibles par l’image.
Sujet et iconographie
Marie Madeleine est représentée dans un paysage rocheux, retirée du monde. Sa chevelure dénouée renvoie à son iconographie traditionnelle et accentue la dimension personnelle, presque corporelle, de la pénitence. Autour d’elle figurent des attributs classiques de vanité: un crâne (memento mori), des livres et un rouleau ouvert (méditation, lecture sacrée, contemplation). Sur la table, un flacon en verre au contenu rouge s’inscrit avec justesse dans la tradition magdalénienne comme symbole de baume, de dévotion et d’offrande.
Au-dessus de la scène terrestre, le ciel s’ouvre: des putti portent une grande croix dans les airs, tandis qu’un puissant rayon lumineux traverse la composition depuis l’angle supérieur droit. Cette diagonale lumineuse n’est pas seulement atmosphérique: elle exprime l’irruption de la grâce, c’est-à-dire la percée spirituelle reçue dans la prière.
Composition et lumière
La composition s’organise autour de deux pôles de tension. À gauche, mouvement et turbulence sont créés par les putti en vol et la croix oblique; à droite, cette dynamique est équilibrée par la Madeleine agenouillée, qui répond au signe céleste par un geste mesuré et un regard élevé. Le faisceau lumineux agit comme axe structurel: il relie ciel et terre et conduit l’œil vers le visage et les mains, lieu de convergence entre émotion et intention. La palette, volontairement chaude et terreuse — bruns ocres, rouge profond, blancs assourdis — confère à la scène une atmosphère recueillie, presque vespérale.
Technique et facture
Le traitement pictural est typiquement baroque: de larges passages sombres, d’apparence transparente, construisent une profondeur tonale sur laquelle se détachent des accents plus clairs (carnations, blanc du vêtement, reflets des draperies). Les étoffes révèlent un jeu souple de plis et de brillances, procédé essentiel pour suggérer la matérialité, le raffinement et la charge émotionnelle, même dans une scène de pénitence. L’arrière-plan, plus libre et esquissé, laisse dominer la figure principale et le rayon de lumière.
Artiste et contexte historique
Actif à Anvers, Simon de Vos évolue des scènes de cabinet et de genre vers des compositions religieuses et historiques de plus grand format. Formé auprès du portraitiste anversois Cornelis de Vos, il devient maître de la guilde de Saint-Luc à un âge précoce, signe d’une reconnaissance professionnelle rapide.
Dans sa maturité, son œuvre s’inscrit pleinement dans la rhétorique visuelle du baroque flamand, où théâtralité lumineuse, intensité affective et présence matérielle se conjuguent en un véritable théâtre dévotionnel. Son horizon artistique se rattache au grand milieu anversois marqué par Peter Paul Rubens et Anthony van Dyck, pôles majeurs du langage visuel des peintures d’histoire au XVIIe siècle. De Vos collabore en outre avec des spécialistes tels que Daniel Seghers et Frans Snyders (notamment dans des œuvres de dévotion et de guirlandes), ce qui confirme sa place au sein de l’écosystème d’atelier anversois.
Comparaisons stylistiques (nationales et internationales): Jacob Jordaens, Frans Francken le Jeune, David Teniers le Jeune, Gerard Seghers, Caravage, Guido Reni.
Conservation, signature et cadre
L’œuvre présente des marques d’ancienneté cohérentes avec une toile du XVIIe siècle: craquelures, pertes locales de matière et assombrissement/altérations chromatiques générales. Des retouches anciennes sont visibles sous UV, témoignant d’interventions de conservation antérieures. Un monogramme « SV » apparaît au centre inférieur (notamment perceptible sur le détail surexposé). La composition est valorisée par un important cadre baroque en bois doré à ornements de gypse (dimensions totales: 85 × 100,5 cm), qui renforce l’effet théâtral du clair-obscur.
Conclusion
Marie Madeleine pénitente constitue une méditation baroque convaincante sur la fugacité de la vie et la rédemption. L’association de la vision céleste (putti et croix), des attributs de vanité et de l’attitude intensément expressive de la sainte en fait une œuvre de collection forte, représentative de la grande tradition baroque flamande.
L’œuvre est présentée dans un cadre en bois doré avec ornements en gypse.
Dimensions totales: 85 × 100,5 cm
Dimensions de la toile: 59 × 75,5 cm





























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