Artiste : cercle d’Andries Daniels (vers 1580–après 1640)
Titre : Vierge à l’Enfant dans une guirlande de fleurs
Technique : Huile sur cuivre
Dimensions : 31 × 29 cm (avec cadre : 45 × 37,5 cm)
Style : Baroque flamand, peinture dévotionnelle de guirlande
Signature : Non signé
État : Restauration professionnelle récente (nettoyage, traitement de la corrosion du cuivre, retouches, consolidation/restauration par l’Atelier Simonis)
IntroductionCette œuvre raffinée sur cuivre présente, au centre, un médaillon dévotionnel de la Vierge à l’Enfant, entouré d’une riche guirlande florale et fruitée. L’association d’un sujet sacré et d’un encadrement végétal inscrit le tableau avec cohérence dans la tradition anversoise du début du XVIIe siècle. Ses caractéristiques stylistiques renvoient clairement au cercle d’Andries Daniels, peintre actif à Anvers et reconnu pour ses compositions florales et ses guirlandes.
L’artiste et son contexteAndries Daniels (vers 1580–après 1640) travailla à Anvers, centre majeur du baroque dans les Pays-Bas méridionaux. Les sources indiquent son inscription à la guilde de Saint-Luc en 1599 comme élève, puis son admission comme maître en 1602. C’est dans ce milieu que se développe une pratique hautement spécialisée, combinant peinture de fleurs, image de dévotion et collaborations entre peintres de spécialités différentes.
Son nom est particulièrement lié aux débuts de la peinture de guirlande : des compositions où une couronne florale encadre un motif sacré, une cartouche ou un médaillon. Le corpus certain de Daniels restant limité et les attributions de ce genre demandant prudence et nuance, la mention « cercle de » est ici pleinement justifiée sur le plan historique et stylistique.
L’œuvre : technique et matièrePeindre sur cuivre, au XVIIe siècle, relevait d’un choix qualitatif. Ce support lisse et non absorbant permet une touche précise, des contours nets, une grande finesse d’exécution et une luminosité particulière de la couche picturale. Ces qualités se perçoivent ici dans le rendu botanique : variété des pétales, des feuillages, des boutons et des petits fruits, traités avec minutie.
La restauration récente menée par l’Atelier Simonis a restitué une lecture plus claire de l’ensemble : enlèvement des encrassements, traitement des zones touchées par la corrosion du cuivre, consolidation des parties fragiles et retouches ciblées. L’équilibre chromatique entre fond sombre, guirlande colorée et image centrale en ressort nettement renforcé.
Composition et styleLa structure est rigoureuse et efficace : un noyau marial ovale, ceint d’une guirlande quasi continue, détaché sur un fond sombre qui agit comme un écrin visuel. Ce contraste — lumière contre obscurité, éclat coloré contre profondeur — relève pleinement de la sensibilité baroque et concentre le regard sur le sujet sacré.
Stylistiquement, l’œuvre appartient à la tradition flamande de la guirlande dévotionnelle, où naturalisme d’observation et portée symbolique se conjuguent. On y retrouve :
un rythme décoratif maîtrisé des formes florales ;
un équilibre entre détail minutieux et unité d’ensemble ;
une image centrale exaltée par son encadrement végétal.
La Vierge à l’Enfant renvoie à la protection, à l’intercession et à la maternité sacrée. Dans la culture visuelle catholique des Pays-Bas méridionaux, l’encadrement floral ne relève pas d’un simple ornement : il constitue un hommage, une offrande et une amplification spirituelle de l’image centrale.
La guirlande porte plusieurs niveaux de sens :
Vénération : la couronne florale comme acte d’honneur rendu au sacré.
Pureté : les fleurs claires renvoient traditionnellement à la pureté mariale.
Abondance de grâce : profusion florale et fructifère comme signe de fécondité spirituelle.
Temporalité et éternité : la beauté éphémère du vivant face à la permanence de la figure sacrée.
Cette articulation entre splendeur sensible et concentration dévotionnelle est l’une des marques les plus fortes de la culture visuelle de la Contre-Réforme à Anvers.
Parentés stylistiqueJan Brueghel l’Ancien, Frans Francken II, Daniel Seghers, Mario Nuzzi, Juan de Arellano.
ConclusioCette peinture constitue un exemple convaincant de la guirlande flamande du début du XVIIe siècle : techniquement soignée, iconographiquement dense et stylistiquement cohérente. Le support en cuivre, la composition baroque équilibrée et la centralité de la Vierge à l’Enfant lui confèrent à la fois profondeur historique et forte présence visuelle. En tant qu’œuvre du cercle d’Andries Daniels, elle réunit des qualités de rareté, de tradition et de raffinement particulièrement recherchées.




























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