Une autre version de la composition, de format plus large et exécutée à la tempera, porte la date de 1927.
Né à La Haye et installé en France, Eugène Villon s’impose comme un maître de l’aquarelle, observateur attentif des intérieurs et des scènes silencieuses baignées de lumière. Héritier de la tradition hollandaise par la rigueur du regard, il associe à cette filiation un naturalisme empreint de douceur et de poésie. Voyageur précoce, il s’ouvre aux courants modernes tout en demeurant fidèle au motif et à la vérité du quotidien.
Dans le calme d’un intérieur modeste, une dentelière vêtue de noir rappelant les costumes traditionnels bressans, travaille près d’une fenêtre. Penchée sur son ouvrage, elle se détache sur un fond feutré où la simplicité du mobilier installe une atmosphère de recueillement. Le cadrage resserré à hauteur d’homme invite le spectateur dans l’intimité silencieuse de l’atelier.
L’aquarelle est d’une exécution sûre et marie lavis légers et rehauts précis. Villon utilise une palette restreinte (gris perle, bruns et bleus adoucis) qu’il anime de quelques touches chaudes. La lumière, véritable sujet du tableau, modèle les formes, révèle les matières et instaure un contre-jour délicat où se mêlent rigueur et tendresse.
Par cette harmonie entre clarté, silence et geste, Villon prolonge l’esprit des maîtres hollandais du XVIIᵉ siècle, dont il réinvente la sérénité domestique dans la transparence moderne de l’aquarelle.
Eugène Villon expose dès 1907 au Salon des Artistes Français, où il obtient plusieurs distinctions. Membre de la Société des Orientalistes Français, il fonde en 1934 la Société des Aquarellistes Lyonnais et reçoit la Légion d’honneur en 1937.






























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