Nature morte au trophée de gibier, fruits et perroquet d’Alexandre-François Desportes

Une huile d’Alexandre-François Desportes, a été vendue pour 2 millions d’euros lors d’une vente aux enchères organisée par la maison Briscardieu. Un record mondial qui consacre ce chef-d’œuvre caractéristique du renouveau des arts sous la Régence de Philippe d’Orléans.

 La toile, inédite et en parfait état de conservation, a été transmise jusqu’à ce jour par les descendants de Louis Burat. Au moment de la réalisation de l’œuvre, l’essentiel de la production d’Alexandre-François Desportes était destiné au régent Philippe d’Orléans. Il est donc probable que c’est pour lui que cette toile a été exécutée. 

Alexandre-François Desportes est un peintre français, spécialiste de la peinture animalière, de la nature morte et des scènes de chasse. Il est baptisé le 16 février 1661 à Champigneulles dans les Ardennes et meurt en 1743 à Paris.

De famille modeste, il vient encore enfant à Paris, où il devient l’élève de Nicasius Bernaerts, spécialiste flamand de la peinture d’animaux dans la tradition d’un Snyders. Les débuts de Desportes sont assez lents : il collabore avec Audran, notamment pour la décoration (détruite) du château d’Anet.

En tant que portraitiste, il séjourne en Pologne en 1695-96 ; il est alors rappelé pour devenir peintre animalier à la Cour. Reçu à l’Académie en 1699 (Autoportrait en chasseur, Louvre), il participe à la décoration de la Ménagerie (tableaux déposés à l’Assemblée nationale), à celle de Marly (2 toiles au Louvre), à celle de Meudon, et représente en série les chasses du roi et les chiens de sa meute.

Très apprécié en Angleterre, il s’y rend en 1712, et son œuvre a laissé des traces dans la peinture anglaise du xviiie s. En France, son succès continue auprès du Régent et de Louis XV : il travaille pour la Muette (1717, tableaux aux musées de Grenoble et de Lyon), les Tuileries (1720), les petits cabinets de Versailles (1729), Compiègne (1738-39), enfin Choisy (1742). En même temps, il donne des dessins et des cartons pour la Savonnerie (feuilles de paravent, tapis) et les Gobelins (tenture des  » Nouvelles Indes « , 1736-1741).

Il travailla aussi pour des particuliers, comme les Pâris, le conseiller Glucq (1725-26, tableaux dispersés dans les musées de Rennes, de Senlis, de Fontainebleau et au Louvre).

Desportes est également l’auteur de natures mortes où les fruits, les fleurs exotiques, le gibier, traités avec minutie et des couleurs montées, s’accompagnent d’orfèvreries précieuses, dans une mise en pages et une composition un peu solennelle.

Cette intense activité s’appuie sur des études d’après nature heureusement conservées (manufacture de Sèvres, en partie déposées à Compiègne, aux musées de la chasse de Gien, de Senlis et de Paris, ainsi qu’au Louvre) et qui sont peut-être la part la plus fascinante de son œuvre. On y trouve non seulement des études d’animaux, mais aussi des paysages réalistes d’une sensibilité toute moderne.

Ce que l’art de Desportes a parfois d’un peu pompeux est en effet toujours racheté par un sens très flamand du réel, qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et précis de la matière, pelage et plumes des animaux ou épiderme chatoyant des fleurs et des fruits.