Louis-Auguste BRUN, Peintre de Marie-Antoinette de Prangins à Versailles

Le Musée national suisse – Château de Prangins présente une exposition dédiée au parcours remarquable de Louis-Auguste Brun, peintre issu de l’école genevoise, célèbre pour ses portraits équestres de la reine Marie-Antoinette. Une centaine d’œuvres ainsi qu’un film résumant les surprenantes dernières années de sa vie, entre marchand d’art et patriote vaudois, permettront aux visiteurs de s’immerger dans la vie de ce personnage inclassable. Des visites guidées olfactives, ainsi qu’un menu d’inspiration « Marie-Antoinette » au Café du Château sollicitent tous les sens.

Louis-Auguste Brun. Portrait de Marie-Antoinette à cheval, 1783. Huile sur toile, 59 x 64,5 cm. Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles. © Bridgeman Images, Paris
Louis-Auguste Brun. Portrait de Marie-Antoinette à cheval, 1783. Huile sur toile, 59 x 64,5 cm. Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles. © Bridgeman Images, Paris

Habile dessinateur, excellent portraitiste, animalier et paysagiste, l’artiste suisse Louis-Auguste Brun (1758-1815) est aujourd’hui principalement connu pour les œuvres qu’il réalisa à la cour de France, et notamment deux portraits équestres de Marie-Antoinette. Cependant, sa production fut bien plus vaste.

Comment un jeune peintre originaire de Rolle, ayant fait son apprentissage auprès d’un artisan local, a-t-il pu goûter aux fastes de Versailles et se voir introduit auprès de la reine?

Marie-Antoinette et Louis XVI à la chasse à courre, 1783. Huile sur toile, 100 x 81,5 cm. Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. © Château de Versailles, RMN-Grand Palais. Photographie Christophe Fouin
Marie-Antoinette et Louis XVI à la chasse à courre, 1783.
Huile sur toile, 100 x 81,5 cm. Versailles, Musée national
des châteaux de Versailles et de Trianon.
© Château de Versailles, RMN-Grand Palais.
Photographie Christophe Fouin

Avec une centaine de peintures à l’huile et de dessins, l’exposition retrace cette trajectoire remarquable. Elle rappelle le rôle décisif qu’ont joué les rencontres faites par Brun à ses débuts, au château de Prangins, haut lieu culturel en Pays de Vaud. Le talent de l’artiste fera le reste. Très à l’aise lorsqu’il s’agit de dépeindre les distractions et l’insouciance de la classe privilégiée, Brun multiplie dès son arrivée à Paris portraits, paysages, scènes de chasse ou de courses. L’exposition présente aussi les œuvres réalisées à son retour de France, sur les bords du Léman.

Enfin, un film raconte les surprenantes dernières années de sa vie, entre activités de marchand d’art, de collectionneur et de patriote vaudois.

Louis-Auguste BRUN, Peintre de Marie-Antoinette de Prangins à Versailles
Louis-Auguste BRUN, Peintre de Marie-Antoinette de Prangins à Versailles

L’exposition

Origine et formation 1758 – 1775 Né à Rolle en 1758, Louis-Auguste Brun est issu d’un milieu artisanal : ses aïeux sont architectes et il fait ses premières armes auprès de son père, ébéniste. A l’âge de douze ans, il entre en apprentissage auprès du peintre Jean Antoine Brun, qui n’a pas de lien de parenté avec lui. Descendant d’une lignée de peintres-artisans, Jean Antoine Brun s’est spécialisé comme paysagiste, créant des peintures décoratives pour les riches demeures de la région. Il est associé à Jacques Sablet fils qui deviendra un peintre de grande renommée. Sablet est chargé d’enseigner l’architecture et la perspective au jeune Louis-Auguste.

Louis-Auguste Brun, qui s’installe à Genève en 1776, est placé sous la protection du grand collectionneur François Tronchin. Il se forme aussi auprès de son nouvel ami et aîné, Pierre-Louis De la Rive. Ce dernier a été fortement marqué par l’enseignement dispensé dans la cité genevoise par Nicolas-Henri-Joseph de Fassin, dit Chevalier Fassin. Ce peintre liégeois incitait ses élèves à copier les maîtres hollandais du XVIIe siècle, tels que Nicolas Berchem ou Philips Wouwerman. Encouragé par De la Rive, Brun s’empresse de faire de même.

Prangins, le début d’une carrière 1775 -1780

En 1775 survient un événement décisif pour la carrière artistique de Brun : il se présente au château de Prangins et demande à pouvoir copier les tableaux de la collection de Louis-François Guiguer. A cette époque, Prangins est un haut lieu de la vie mondaine et culturelle de la région lémanique. Brun y fait la connaissance de nombreux peintres dont le jeune Pierre-Louis de la Rive qui lui conseille de s’installer à Genève pour y poursuivre sa formation. Il rencontre également chez les Guiguer des membres de la noblesse qui influenceront durablement sa trajectoire.

Arrivée à Paris et premiers succès à la cour 1781-1783

C’est vraisemblablement grâce à Lord Mount Stuart, connaissance du baron de Prangins, que Brun a été présenté à Victor Amédée III, roi de Piémont-Sardaigne. Après un bref séjour à Turin, il se rend à Paris en 1781. Il a la chance de rapidement travailler pour le duc de Luynes, puis pour la famille royale, probablement aidé par les recommandations de Victor Amédée III. Il existait en effet des liens étroits entre les familles royales de Piémont et de France suite à une série de mariages : trois des enfants de Victor-Amédée épousent les frères et la sœur de Louis XVI. Ces arrangements matrimoniaux généraient de nombreux échanges de portraits.

Marie-Antoinette

Louis-Auguste Brun est principalement connu pour ses deux portraits équestres de Marie-Antoinette. Les repères biographiques présentés dans cette salle ont pour but de rappeler le destin hors du commun de la plus célèbre reine de France et de mieux situer ainsi les deux œuvres de Brun, qui datent de 1783. Cette année charnière marque la fin d’une période de relative insouciance pour la souveraine, qui peut se féliciter d’avoir enfin donné un prince héritier à la France. Cependant, c’est aussi le début d’une décennie maudite : d’impopulaire, elle deviendra rapidement l’objet d’une haine féroce qui la conduira à l’échafaud en 1793.

Divertissements royaux : Chasse et sports équestres 1782-1789

Louis-Auguste Brun est particulièrement à son aise lorsqu’il s’agit d’évoquer les distractions, l’insouciance et la légèreté de la classe privilégiée. Il devient ainsi le peintre des divertissements en plein air de cette aristocratie de la fin de l’Ancien Régime. L’une des occupations préférées du roi et des courtisans est la chasse, et Brun, qui affectionne particulièrement les scènes de vénerie, s’en fait une spécialité. Il se passionne aussi pour les courses de chevaux, nouveau sport importé d’Angleterre, qui prennent leur essor en France sous le règne de Louis XVI.

Cabinet de dessins –

La justesse du trait Brun fut avant tout un excellent et prolifique dessinateur, ce qui explique pourquoi ses peintures à l’huile sont relativement peu nombreuses. Son habileté à fixer par le trait le caractère d’une personne ou à saisir le mouvement d’un animal est remarquable. Force dessins attestent de ses activités auprès de la famille royale et ont servi d’études pour les toiles réalisées à Versailles. Certaines esquisses gardent le souvenir de voyages, de villes et de campagnes traversées. Parmi les sujets favoris, on reconnaît sans surprise, portraits, paysages, chevaux et chiens.

En savoir plus:

Exposition du 4.03.16 – 10.07.16

http://www.nationalmuseum.ch/f/prangins/