Don de huit natures mortes de Blaise Desgoffe

Le musée du Louvre annonce le don par Corinne et Etienne Bréton d’un ensemble de huit natures mortes de Blaise Desgoffe pour le département des Peintures. Le talent de composition et le réalisme adopté par l’artiste mettent particulièrement bien en valeur les collections du département des Objets d’art du musée du Louvre,  raison pour laquelle elles y seront exposées.

L’artiste étant né après 1820, les tableaux de Desgoffe appartenant aux collections nationales sont ordinairement affectés au musée d’Orsay. Pourtant, en 2004, le décorateur François-Joseph Graf fit don au Louvre d’une nature morte de Blaise Desgoffe représentant un vase en cristal de roche conservé au musée. Cette particularité iconographique avait justifié la destination de ce don au le musée du Louvre. 

C’est dans le même esprit que M. et Mme Bréton offrent aujourd’hui six tableaux de leur collection formée à Paris dans les années 2000-2010, complétée de deux œuvres données par la société Saint Honoré Art Consulting dont M. Bréton est président. L’ensemble de ces huit tableaux représentant des objets d’art du Louvre, il sera déposé par le département des Peintures dans les salles du département des Objets d’art, et présenté dans les pièces intimes des appartements Napoléon III. 

C’est au Salon de 1857 que sont admises les premières natures mortes de Blaise Desgoffe : aux côtés d’un portrait et d’une scène de genre, l’artiste expose deux natures mortes représentant chacune une coupe d’agate, dont l’une est précisée venir « de la salle des bijoux au Louvre ». Le Salon de 1861 le récompense d’une médaille de 3e classe dans la catégorie de la nature morte et l’impératrice Eugénie lui accorde sa protection en lui achetant ses deux principales compositions, qu’elle prête ensuite à l’Exposition universelle de 1867.

L’artiste pratique alors une peinture extrêmement fine et polie, aux tons rompus et doux, attentive à la restitution de chaque matériau : dans la présente donation, deux des natures mortes appartiennent à cette période. 

Après 1870-1871, Desgoffe voit sa clientèle s’élargir à de riches collectionneurs britanniques et américains installés à Paris. Le succès commercial, conforté par les prix réalisés par ses œuvres en vente publique, masque la lassitude de la critique d’art, qui finit par ne presque plus commenter l’artiste à partir des années 1880. À partir de cette période, Blaise Desgoffe se renouvelle pourtant en peignant de manière plus large, floue et éclatante. Les étoffes aux tons carmin et bleu vifs, désormais sans broderies, ne sont plus décrites précisément et servent à mettre en valeur les objets par leur chatoiement. La donation comprend six œuvres typiques de cette seconde manière.

Musée du Louvre