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Large Louis XVI-era Console Table In Carved, Gilded, And Polychrome Oak.
Élégante table d'applique demi-lune d'époque Louis XVI, entièrement réalisée en chêne sculpté, doré et polychromé, reposant sur deux pieds-gaines réunis par une entretoise richement sculptée et coiffée de son plateau d'origine en marbre brèche des Pyrénées.
Le terme de table d'applique, utilisé au XVIIIᵉ siècle, désigne ces meubles destinés à être adossés contre un mur, généralement placés sous un miroir ou intégrés à un décor de boiseries. Aujourd'hui couramment appelées consoles, ces tables participaient pleinement à l'architecture intérieure des appartements. Elles n'étaient pas seulement conçues comme un meuble indépendant, mais comme un élément structurant du décor.
Notre exemplaire appartient pleinement au développement du style Louis XVI, dont les premières manifestations apparaissent dès les années 1765-1770. Sous l'influence des découvertes d'Herculanum et de Pompéi, du retour à l'Antiquité et des recueils d'ornements publiés par Jean-Charles Delafosse, Jean-François de Neufforge, Richard de Lalonde ou encore Jean-Démosthène Dugourc, le mobilier français abandonne progressivement les mouvements tourmentés du rocaille pour adopter une architecture plus ordonnée, plus symétrique et directement inspirée des modèles antiques. Entrelacs, pots à feu, guirlandes suspendues, rosaces, feuilles de laurier, cannelures, perles et fusaroles deviennent alors les principaux éléments du nouveau vocabulaire décoratif.
Cette table d'applique illustre parfaitement cette évolution. Son architecture est désormais guidée par la géométrie et la symétrie, tandis que la sculpture conserve encore toute la richesse héritée des grands sculpteurs du règne précédent. Les lignes droites des pieds-gaines répondent à la souplesse des guirlandes fleuries ; la rigueur des entrelacs dialogue avec le naturalisme des compositions végétales ; le pot à feu central constitue le véritable axe de symétrie de l'ensemble. Cette alliance entre discipline architecturale et virtuosité décorative caractérise les productions françaises les plus abouties des années 1775-1785.
La structure est entièrement réalisée dans un remarquable chêne de premier choix. Les parties intérieures, demeurées sans décor, révèlent un bois au grain particulièrement serré, aux fibres fines et régulières, soigneusement sélectionné pour la réalisation d'un ouvrage destiné à recevoir une sculpture de qualité. Son débit, très droit et homogène, paraît compatible avec un sciage sur quartier ou proche du quartier, garantissant une excellente stabilité dans le temps. Les faces internes conservent leur traditionnel badigeon ocre, caractéristique des ouvrages anciens.
La construction est parfaitement conforme aux méthodes de menuiserie employées au XVIIIᵉ siècle. Les deux montants antérieurs sont assemblés aux traverses de ceinture par tenons et mortaises chevillés, tandis que la traverse arrière, destinée à venir contre le mur, est engagée à queues d'aronde dans les côtés de la ceinture. L'ensemble du bâti est d'origine et n'a subi aucune transformation structurelle.
L'un des intérêts majeurs de cette table d'applique réside dans son architecture. Contrairement aux consoles Louis XVI plus courantes reposant sur des pieds tournés et fuselés, celle-ci adopte deux pieds-gaines de section carrée, directement inspirés du vocabulaire architectural antique. Cette forme, remise à l'honneur dans les années 1765-1770 avec l'émergence du goût « à la grecque », constitue l'un des marqueurs du mobilier néoclassique.
Chaque pied est orné sur chacune de ses faces de deux profondes cannelures. Leur partie inférieure est enrichie de longues feuilles d'eau finement sculptées qui accompagnent leur élancement. Les raccordements avec l'entretoise prennent place sur des dés carrés décorés de fonds striés. Sous ceux-ci, les pieds se prolongent par une élégante partie galbée de section carrée, également animée de panneaux striés, avant de s'achever par un discret sabot sculpté.
La ceinture présente un remarquable ordonnancement décoratif. Elle est composée, dans sa partie supérieure, d'un élégant jonc enrubané courant sur toute sa longueur. Au centre se développe une large frise d'entrelacs, dont les fonds bleu-vert mettent admirablement en valeur le relief de la sculpture. La partie inférieure est soulignée par une délicate frise de perles alternées de fusaroles, motif emblématique du répertoire décoratif Louis XVI.
Le centre de la traverse principale est occupé par un large fleuron sculpté inscrit dans un panneau rectangulaire, tandis que les angles reçoivent des rosaces rayonnantes logées dans des dés carrés à fonds striés.
Sous cette ceinture prennent naissance de longues guirlandes florales naturalistes, sans doute l'un des éléments les plus remarquables de cette console. Leur composition témoigne d'un véritable travail d'observation de la nature. Elles associent différentes variétés de fleurs ouvertes, boutons floraux, fleurs à cinq pétales, capsules végétales, baies et feuillages variés. Loin de reproduire un motif répétitif, chacune présente une composition différente, offrant une lecture toujours renouvelée du décor. Les volumes, profondément dégagés, créent de subtils jeux d'ombre et de lumière qui soulignent encore la qualité de la sculpture.
Les deux pieds sont réunis par une élégante entretoise dont le dessin évoque la silhouette d'un arc de Cupidon. Cette ligne tendue conduit naturellement le regard vers le motif central : un pot à feu à l'antique reposant sur une base circulaire. Sa panse est rythmée par de profondes cannelures verticales et sommée d'une flamme sculptée. Un médaillon circulaire placé sur sa face principale retient de fines guirlandes de fleurs qui remontent vers le vase avant de retomber de part et d'autre jusqu'à rejoindre la traverse. Le champ de l'entretoise est lui-même sculpté d'un délicat réseau continu de feuilles de laurier, autre motif caractéristique du vocabulaire néoclassique.
La polychromie ancienne associe harmonieusement une dorure à la feuille à des fonds peints dans un bleu-vert légèrement grisé. Ce contraste met en valeur l'ensemble des reliefs sculptés et participe pleinement à l'élégance de la composition. Les usures de surface sont compatibles avec l'ancienneté de l'œuvre et contribuent à sa patine.
Le plateau, conservé d'origine, est réalisé dans un superbe marbre brèche des Pyrénées. Cette pierre, très recherchée au XVIIIᵉ siècle pour le mobilier de qualité, présente une composition naturelle particulièrement riche où se mêlent rouges profonds, bruns, ocres, gris, verts et puissantes veines calcitiques blanches. Son épaisse mouluration accompagne parfaitement les lignes de la ceinture et souligne la qualité d'exécution de l'ensemble.
État de conservation : La console présente un bel état général de conservation. La structure est saine et stable. Le bâti est d'origine, sans transformation, et conserve l'ensemble de ses assemblages traditionnels. Le plateau de marbre est celui d'origine. La polychromie et la dorure présentent des usures compatibles avec son ancienneté. Un examen attentif met en évidence la restitution ancienne de deux guirlandes latérales. Cette intervention, réalisée avec soin, s'intègre harmonieusement à l'ensemble et demeure quasiment imperceptible à l'œil nu. Elle n'altère ni la lecture de la composition, ni les qualités esthétiques de cette table d'applique.
Une belle table d'applique d'époque Louis XVI, illustrant avec justesse le renouveau du goût néoclassique dans le dernier quart du XVIIIᵉ siècle, réunissant une architecture maîtrisée, un décor sculpté particulièrement riche et une exécution de qualité.
Dimensions (prises au marbre) :
Hauteur : 86,5 cm
Largeur : 131 cm
Profondeur : 50,5 cm
Le terme de table d'applique, utilisé au XVIIIᵉ siècle, désigne ces meubles destinés à être adossés contre un mur, généralement placés sous un miroir ou intégrés à un décor de boiseries. Aujourd'hui couramment appelées consoles, ces tables participaient pleinement à l'architecture intérieure des appartements. Elles n'étaient pas seulement conçues comme un meuble indépendant, mais comme un élément structurant du décor.
Notre exemplaire appartient pleinement au développement du style Louis XVI, dont les premières manifestations apparaissent dès les années 1765-1770. Sous l'influence des découvertes d'Herculanum et de Pompéi, du retour à l'Antiquité et des recueils d'ornements publiés par Jean-Charles Delafosse, Jean-François de Neufforge, Richard de Lalonde ou encore Jean-Démosthène Dugourc, le mobilier français abandonne progressivement les mouvements tourmentés du rocaille pour adopter une architecture plus ordonnée, plus symétrique et directement inspirée des modèles antiques. Entrelacs, pots à feu, guirlandes suspendues, rosaces, feuilles de laurier, cannelures, perles et fusaroles deviennent alors les principaux éléments du nouveau vocabulaire décoratif.
Cette table d'applique illustre parfaitement cette évolution. Son architecture est désormais guidée par la géométrie et la symétrie, tandis que la sculpture conserve encore toute la richesse héritée des grands sculpteurs du règne précédent. Les lignes droites des pieds-gaines répondent à la souplesse des guirlandes fleuries ; la rigueur des entrelacs dialogue avec le naturalisme des compositions végétales ; le pot à feu central constitue le véritable axe de symétrie de l'ensemble. Cette alliance entre discipline architecturale et virtuosité décorative caractérise les productions françaises les plus abouties des années 1775-1785.
La structure est entièrement réalisée dans un remarquable chêne de premier choix. Les parties intérieures, demeurées sans décor, révèlent un bois au grain particulièrement serré, aux fibres fines et régulières, soigneusement sélectionné pour la réalisation d'un ouvrage destiné à recevoir une sculpture de qualité. Son débit, très droit et homogène, paraît compatible avec un sciage sur quartier ou proche du quartier, garantissant une excellente stabilité dans le temps. Les faces internes conservent leur traditionnel badigeon ocre, caractéristique des ouvrages anciens.
La construction est parfaitement conforme aux méthodes de menuiserie employées au XVIIIᵉ siècle. Les deux montants antérieurs sont assemblés aux traverses de ceinture par tenons et mortaises chevillés, tandis que la traverse arrière, destinée à venir contre le mur, est engagée à queues d'aronde dans les côtés de la ceinture. L'ensemble du bâti est d'origine et n'a subi aucune transformation structurelle.
L'un des intérêts majeurs de cette table d'applique réside dans son architecture. Contrairement aux consoles Louis XVI plus courantes reposant sur des pieds tournés et fuselés, celle-ci adopte deux pieds-gaines de section carrée, directement inspirés du vocabulaire architectural antique. Cette forme, remise à l'honneur dans les années 1765-1770 avec l'émergence du goût « à la grecque », constitue l'un des marqueurs du mobilier néoclassique.
Chaque pied est orné sur chacune de ses faces de deux profondes cannelures. Leur partie inférieure est enrichie de longues feuilles d'eau finement sculptées qui accompagnent leur élancement. Les raccordements avec l'entretoise prennent place sur des dés carrés décorés de fonds striés. Sous ceux-ci, les pieds se prolongent par une élégante partie galbée de section carrée, également animée de panneaux striés, avant de s'achever par un discret sabot sculpté.
La ceinture présente un remarquable ordonnancement décoratif. Elle est composée, dans sa partie supérieure, d'un élégant jonc enrubané courant sur toute sa longueur. Au centre se développe une large frise d'entrelacs, dont les fonds bleu-vert mettent admirablement en valeur le relief de la sculpture. La partie inférieure est soulignée par une délicate frise de perles alternées de fusaroles, motif emblématique du répertoire décoratif Louis XVI.
Le centre de la traverse principale est occupé par un large fleuron sculpté inscrit dans un panneau rectangulaire, tandis que les angles reçoivent des rosaces rayonnantes logées dans des dés carrés à fonds striés.
Sous cette ceinture prennent naissance de longues guirlandes florales naturalistes, sans doute l'un des éléments les plus remarquables de cette console. Leur composition témoigne d'un véritable travail d'observation de la nature. Elles associent différentes variétés de fleurs ouvertes, boutons floraux, fleurs à cinq pétales, capsules végétales, baies et feuillages variés. Loin de reproduire un motif répétitif, chacune présente une composition différente, offrant une lecture toujours renouvelée du décor. Les volumes, profondément dégagés, créent de subtils jeux d'ombre et de lumière qui soulignent encore la qualité de la sculpture.
Les deux pieds sont réunis par une élégante entretoise dont le dessin évoque la silhouette d'un arc de Cupidon. Cette ligne tendue conduit naturellement le regard vers le motif central : un pot à feu à l'antique reposant sur une base circulaire. Sa panse est rythmée par de profondes cannelures verticales et sommée d'une flamme sculptée. Un médaillon circulaire placé sur sa face principale retient de fines guirlandes de fleurs qui remontent vers le vase avant de retomber de part et d'autre jusqu'à rejoindre la traverse. Le champ de l'entretoise est lui-même sculpté d'un délicat réseau continu de feuilles de laurier, autre motif caractéristique du vocabulaire néoclassique.
La polychromie ancienne associe harmonieusement une dorure à la feuille à des fonds peints dans un bleu-vert légèrement grisé. Ce contraste met en valeur l'ensemble des reliefs sculptés et participe pleinement à l'élégance de la composition. Les usures de surface sont compatibles avec l'ancienneté de l'œuvre et contribuent à sa patine.
Le plateau, conservé d'origine, est réalisé dans un superbe marbre brèche des Pyrénées. Cette pierre, très recherchée au XVIIIᵉ siècle pour le mobilier de qualité, présente une composition naturelle particulièrement riche où se mêlent rouges profonds, bruns, ocres, gris, verts et puissantes veines calcitiques blanches. Son épaisse mouluration accompagne parfaitement les lignes de la ceinture et souligne la qualité d'exécution de l'ensemble.
État de conservation : La console présente un bel état général de conservation. La structure est saine et stable. Le bâti est d'origine, sans transformation, et conserve l'ensemble de ses assemblages traditionnels. Le plateau de marbre est celui d'origine. La polychromie et la dorure présentent des usures compatibles avec son ancienneté. Un examen attentif met en évidence la restitution ancienne de deux guirlandes latérales. Cette intervention, réalisée avec soin, s'intègre harmonieusement à l'ensemble et demeure quasiment imperceptible à l'œil nu. Elle n'altère ni la lecture de la composition, ni les qualités esthétiques de cette table d'applique.
Une belle table d'applique d'époque Louis XVI, illustrant avec justesse le renouveau du goût néoclassique dans le dernier quart du XVIIIᵉ siècle, réunissant une architecture maîtrisée, un décor sculpté particulièrement riche et une exécution de qualité.
Dimensions (prises au marbre) :
Hauteur : 86,5 cm
Largeur : 131 cm
Profondeur : 50,5 cm
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