Bosschaert, attr. – Les Argonautes à la chasse au sanglier de Calydon
Bergen op Zoom 1613 – 1654 Anvers
LA CHASSE AU SANGLIER DE CALYDON
Huile sur panneau
56,5 × 44,5 cm
avec cadre : 73 × 63 cm
PROVENANCE
Collection particulière, Paris
Peu d’épisodes de la mythologie antique ont été représentés avec autant de rareté que le commencement de la légendaire chasse au sanglier de Calydon — le moment dramatique de la mort de l’Argonaute Ancée. Cette peinture est particulièrement fascinante, car la narration demeure exceptionnellement lisible, permettant d’identifier les protagonistes du mythe avec une remarquable précision.
Dans l’angle inférieur droit repose Ancée, mortellement blessé après avoir attaqué le sanglier monstrueux avec une confiance excessive. Son corps admirablement modelé, traité avec une élégance qui rappelle fortement Anthony van Dyck, constitue l’un des centres émotionnels de la composition. Au moment même de sa chute, Atalante — unique femme prenant part à cette chasse — atteint l’animal d’une flèche. Fait particulièrement intéressant, une main féminine est réapparue sur le côté droit de la composition au cours de la restauration, probablement celle d’Atalante, clarifiant davantage encore la structure narrative de la scène.
Le sanglier porte toujours la flèche fichée dans son corps, tandis que le chasseur central, traditionnellement identifié comme Méléagre, s’apprête à porter le coup fatal. Une autre figure, munie d’un cor de chasse et d’une épée, peut vraisemblablement être identifiée à Thésée. Une telle clarté iconographique demeure rare dans les représentations de la chasse de Calydon, souvent réduites à de simples scènes cynégétiques plutôt qu’à un épisode mythologique précisément narré.
La peinture peut être associée avec assurance à Thomas Willeboirts Bosschaert, l’un des peintres flamands les plus raffinés actifs à Anvers dans la première moitié du XVIIe siècle. Né à Bergen op Zoom en 1613 puis établi à Anvers, Bosschaert fut formé auprès de Gerard Seghers et développa un langage pictural alliant la richesse du baroque flamand à une élégance et une sensibilité particulières.
Une étape importante dans le développement artistique de Bosschaert fut sa rencontre avec l’œuvre d’Anthony van Dyck. Sa palette devint plus lumineuse et plus délicate, tandis que ses figures gagnèrent en raffinement et en noblesse. Cette influence apparaît particulièrement dans le traitement du corps d’Ancée, dont l’anatomie élégante et la beauté presque aristocratique rappellent le langage poétique des compositions mythologiques et religieuses de Van Dyck.
Epoque : 17ème siècle
Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII
Etat : Bon état
Matière : Huile sur bois
Longueur : 44,5 cm
Hauteur : 56,5 cm
Référence (ID) : 1769344
Disponibilité : En stock
































