Portrait d’un gentilhomme élisabéthain en pourpoint noir et fraise, v.1595, école Custodis
Huile sur cuivre
Ce remarquable portrait à l’huile sur cuivre, peint il y a environ 430 ans, constitue un superbe témoignage de l’époque élisabéthaine — l’âge d’or de l’histoire anglaise, lorsque la reine Elizabeth I régnait sur le trône. Cette période s’inscrit entre deux autres âges d’or de la culture renaissante anglaise, sous les règnes de Henry VIII et de Charles I. Elle a donné naissance à un style pictural singulier, sans équivalent ailleurs en Europe, et qui mérite une attention particulière. Quelques années seulement après l’exécution de ce portrait, la peinture anglaise évolua dans une autre direction, sous l’impulsion notamment de Marcus Gheeraerts the Younger et de Isaac Oliver, qui introduisirent une nouvelle sensibilité empreinte de mélancolie romantique, reflétant l’atmosphère de la société élisabéthaine et jacobéenne. La peinture élisabéthaine prit fin lorsque Henri, prince de Galles, entreprit de transformer radicalement le style artistique de la cour de son père.
Le portrait représente un gentilhomme vêtu selon la mode de son temps : un pourpoint noir richement orné de fils d’or, accompagné d’une fraise blanche et de poignets en dentelle. Il tient des gants dans sa main gauche et un chapeau conique en feutre de type capotain — porté aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur — dans sa main droite. Le costume, et plus particulièrement la forme et la largeur de la fraise ainsi que la hauteur du chapeau, permettent de dater l’œuvre vers 1595. L’assurance du modèle et la richesse de son habit — notamment le noir, couleur la plus coûteuse à teindre et à entretenir — suggèrent un personnage aisé, appartenant à un rang élevé de la société.
Les portraits conservés de cette époque sont relativement rares. En effet, parmi les deux pour cent de la population constituant la gentry et les classes supérieures, la plupart ne possédaient guère plus que des portraits familiaux et une effigie du souverain régnant. L’œuvre est dans un état de conservation exceptionnel, révélant des détails techniques souvent perdus dans des peintures de cet âge. La finesse du pinceau dans la fraise et les rehauts d’or du pourpoint témoignent d’un niveau de maîtrise particulièrement raffiné.
Dans les collections élisabéthaines, les noms des peintres étaient généralement absents et rarement consignés, étant jugés de moindre importance. De plus, la période manque cruellement de chroniqueurs contemporains, à l’exception de Francis Meres, dont les écrits restent succincts. Ainsi, moins d’un siècle plus tard, la mémoire des artistes anglais s’était largement effacée, à l’exception de quelques figures majeures telles que Nicholas Hilliard, George Gower (actif vers 1540–1596) et Robert Peake the Elder (1551–1619).
Présenté dans un beau cadre d’époque en bois sculpté et doré à la feuille.
Hieronimo Custodis, originaire d’Anvers, compte parmi les nombreux artistes flamands présents à la cour des Tudor, ayant fui les persécutions religieuses subies par les protestants dans les Pays-Bas espagnols. On pense qu’il arriva en Angleterre après la prise d’Anvers par les troupes du duc de Parme en 1585.
Trois portraits attribués à Custodis, inscrits et datés de 1589, attestent de manière certaine sa présence à Londres à cette date ; toutefois, un portrait daté d’Edward Talbot confirme qu’il y était déjà actif dès 1586. En 1591, il résidait dans la paroisse de St. Botolph-without-Aldgate, à Londres, où « Jacobus, fils de Ieronyme Custodis, peintre », fut baptisé le 2 mars. On suppose qu’il mourut en 1593.
Dimensions : Hauteur 36 cm, largeur 32 cm (encadré) — Hauteur 14”, largeur 12,5” (encadré)
Epoque : 16ème siècle
Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur cuivre
Largeur : 32
Hauteur : 36
Profondeur : 3
Référence (ID) : 1731076
Disponibilité : En stock





























