Dupondius des Jeux Séculaires — Certificat d’authenticité
Ce remarquable dupondius de Domitien, frappé à Rome en 88 apr. J.-C. pour la grande émission des Jeux Séculaires, s’inscrit parmi les revers cérémoniels les plus recherchés du bronze flavien, tant par l’ampleur de sa scène sacrificielle que par sa valeur documentaire ; l’attribution au RIC II.1, n° 620 s’accorde pleinement avec le type publié au droit IMP CAES DOMIT AVG GERM P M TR P VIII CENS PER P P, tête radiée à droite, et au revers COS XIIII LVD SAEC FEC S C, avec Domitien sacrifiant devant autel, victimarius au taureau, musiciens, et temple hexastyle au fond, tandis que la série est expressément signalée comme rare dans la documentation numismatique de référence et dans le commerce spécialisé.
Chaque exemplaire est examiné, décrit et accompagné d’un certificat d’authenticité conforme aux standards du marché de l’art et du patrimoine ; le présent objet s’impose d’emblée par la noblesse de son grand module, par la présence affirmée d’un portrait radié de belle autorité, et surtout par un revers de cérémonie d’une densité iconographique peu commune, où la religion d’État, l’architecture sacrée et la musique rituelle se trouvent réunies dans une composition qui saisit immédiatement le collectionneur averti des monnayages de prestige.
Analyse & expertise
Observation minutieuse sous loupe ×10 et lumière rasante. L’examen direct du droit révèle un portrait radié de Domitien à droite d’une présence remarquable, dont la construction volumétrique du front, de l’œil, du nez, de la bouche et du menton demeure très lisible, avec une vigueur de modelé tout à fait satisfaisante pour un bronze officiel de cette émission ; les rayons de la couronne, bien individualisés, structurent fortement la partie supérieure du champ, tandis que la chevelure, le cou puissant et la base du buste conservent un relief net, donnant à l’ensemble une physionomie impériale à la fois énergique et disciplinée, très caractéristique du répertoire flavien.
La légende d’avers se déploie avec une lecture ample et convaincante sur presque tout le pourtour, ce qui constitue un atout décisif sur un type où le développement de la titulature participe pleinement à la majesté de l’objet ; le listel demeure perceptible par segments, la frappe apparaît large, et le centrage, très favorable, préserve au portrait tout son espace de respiration, sans écrasement notable des traits essentiels.
L’examen du revers confirme la qualité singulière de cet exemplaire, car la grande scène des Ludi Saeculares demeure non seulement identifiable, mais véritablement construite dans son articulation interne : Domitien se tient devant l’autel dans une posture sacrificielle intelligible ; à gauche, la scène du sacrifice animal conserve une lecture structurée, avec le victimarius et la masse du bovin encore nettement perceptibles ; à droite, les assistants musiciens se laissent reconnaître par leurs silhouettes allongées et par leur disposition cérémonielle ; en arrière-plan, le temple hexastyle conserve la ligne de son fronton, la cadence de ses supports et la présence centrale de l’ornement du pédiment, ce qui confère au revers une profondeur narrative particulièrement appréciable.
Le champ présente une teinte chaude de métal cuivreux doré, conforme à l’aspect attendu d’un dupondius romain ancien, avec un soyeux de surface bien conservé sur plusieurs zones protégées et des hauts reliefs qui accrochent encore très élégamment la lumière ; de menues concrétions anciennes et quelques hétérogénéités localisées, discrètes et stables, s’intègrent naturellement à la vie matérielle de la pièce sans nuire à sa lecture, tandis que les contours des lettres, les transitions du relief et la cohérence générale des surfaces s’accordent pleinement avec une frappe antique au marteau, sans indice visuel allant dans le sens d’une reproduction de nature moulée.
L’intérêt numismatique de cet exemplaire tient précisément à cette conjonction, peu fréquente sur les grands bronzes cérémoniels, entre portrait bien campé, légende largement conservée, scène rituelle encore développée dans ses différents acteurs, et architecture de fond demeurée lisible ; il en résulte une monnaie de collection qui ne se contente pas d’illustrer un catalogue, mais qui conserve encore, dans sa matière propre, la dramaturgie religieuse du type.
Caractéristiques
Autorité
L’émission se rattache à Domitien, empereur de 81 à 96 apr. J.-C., sous la titulature développée de la huitième puissance tribunicienne et du consulat quatorzième, ce qui situe la frappe dans le cadre précis des jeux célébrés en 88 apr. J.-C.
Atelier
L’atelier est celui de Rome, indiqué par les corpus de référence et confirmé par l’ensemble de la tradition typologique associée à cette série des Jeux Séculaires.
Nominal
Il s’agit d’un dupondius, dénomination expressément donnée par les références de catalogue et parfaitement cohérente avec la tête radiée de l’avers, signe distinctif classique de ce nominal dans le monnayage impérial romain.
Datation
La frappe appartient à l’émission des Jeux Séculaires de 88, émission que la bibliographie moderne rattache à la célébration voulue par Domitien dans le cadre du comput augustéen du saeculum.
Métal
Le catalogue numismatique classe le type parmi les bronzes impériaux, tandis que l’exemplaire observé présente cette tonalité dorée des grands alliages cuivreux romains traditionnellement associés au dupondius.
Poids
Le poids observé pour cet exemplaire est de 13,66 g, donnée pleinement compatible avec le gabarit de la série et avec les exemplaires spécialisés publiés dans le commerce numismatique.
Module
Le module est de 29 mm, ce qui correspond exactement au format attendu pour ce grand bronze cérémoniel de Domitien.
Axe
L’axe indiqué est de 6 h, conformément au relevé attaché à cet exemplaire dans sa documentation de référence commerciale.
Droit
Le droit porte la légende IMP CAES DOMIT AVG GERM P M TR P VIII CENS PER P P autour d’une tête radiée de Domitien à droite, type parfaitement conforme au numéro RIC II.1 620.
Revers
Le revers présente la légende COS XIIII LVD SAEC FEC S C avec Domitien sacrifiant sur autel, un victimarius à gauche avec le bovin, des musiciens à droite, et un temple hexastyle au second plan, avec ornement au fronton.
Références typologiques
L’identification se fonde sur RIC II.1, 620, avec renvoi OCRE par l’intermédiaire du catalogue Numista, et concorde avec les descriptions spécialisées publiées pour ce type de marché.
Rareté
Le type mérite d’être clairement présenté comme rare, puisqu’il reçoit un indice de rareté Numista de 100 et qu’il est également qualifié RARE dans les offres spécialisées correspondant au même numéro RIC.
Contexte historique
Les Jeux Séculaires formaient à Rome une célébration religieuse d’exception, liée à l’idée du passage d’un saeculum à un autre, c’est-à-dire à l’ouverture d’un âge nouveau ; les sources de synthèse rappellent que les célébrations impériales les mieux établies furent notamment celles d’Auguste en 17 av. J.-C. puis celles de Domitien en 88 apr. J.-C., et que ces fêtes associaient sacrifices, musique rituelle, spectacles et affirmation solennelle de l’ordre romain.
Dans ce cadre, l’émission monétaire de 88 revêt une importance toute particulière, car la recherche moderne souligne que les Jeux de Domitien furent tenus pour légitimes en raison de leur fidélité au modèle augustéen, et qu’ils furent abondamment proclamés par une vaste émission numismatique destinée à diffuser visuellement le cérémonial, la piété impériale et la continuité de la tradition romaine ; votre exemplaire s’inscrit précisément dans cette politique d’image où la monnaie devient presque un relief historique miniature.
Le revers choisi pour ce dupondius illustre admirablement cette ambition, car il ne propose pas une simple figure allégorique isolée, mais une mise en scène rituelle complète, avec prince officiant, sacrifice animal, accompagnement musical et décor architectural ; l’on comprend ainsi pourquoi le monnayage bronze des Jeux Séculaires de Domitien demeure, pour les historiens comme pour les collectionneurs, l’un des ensembles les plus éloquents du règne flavien.
Valeur culturelle
La valeur culturelle de cette pièce est éminente, parce qu’elle réunit dans un seul objet trois dimensions que la grande numismatique recherche toujours ensemble, à savoir le portrait impérial, le rituel public, et l’architecture sacrée ; loin d’être un bronze ordinaire de circulation, elle constitue un témoin condensé de la religion d’État, de la mise en scène du pouvoir et de la mémoire monumentale de Rome sous les Flaviens.
Pour le collectionneur, un tel dupondius possède une force particulière, en ce qu’il appartient à une série dont les revers racontent les cérémonies elles-mêmes, et non de simples abstractions politiques ; il y a là une densité narrative rare, qui rapproche cette monnaie du document historique autant que de l’objet d’art, et qui explique la place privilégiée que les monnaies des Ludi Saeculares occupent depuis longtemps dans les cabinets consacrés au Haut-Empire romain.
Sous l’angle de l’histoire de l’art romain, ce type participe de cette culture flavienne du spectacle public et du signe souverain, où l’autorité se manifeste moins par la prolixité du discours que par la précision du rite représenté ; l’on songe ici, pour éclairage culturel, à la civilisation romaine du Ier siècle impérial, à cette alliance si proprement romaine entre religion civique, théâtre du pouvoir et monumentalité sacrée, que des auteurs comme Tacite pour l’histoire politique, et des études modernes comme celles consacrées aux Ludi Saeculares, permettent aujourd’hui de mieux comprendre dans son intelligence profonde.
Traçabilité & garanties
Provenant d’une provenance européenne, de marchand numismate établi, cet exemplaire a été acquis dans le cadre d’une transaction internationale spécialisée, conduite dans un réseau numismatique reconnu et validée par des experts de référence, selon les standards les plus élevés du marché de l’art et du patrimoine ; l’examen du présent objet, conduit selon un protocole stable d’observation et de description, retient exclusivement les éléments effectivement observables et les concordances bibliographiques sérieuses, afin d’offrir au collectionneur une présentation à la fois ferme, intelligible et conforme aux usages du secteur.
Epoque : Antérieure au 16ème siècle
Style : Rome et Grèce Antique
Etat : En l'etat
Référence (ID) : 1730168
Disponibilité : En stock





























