Dans cette composition nocturne, Sebastian Pether déploietoute la subtilité de sa palette lunaire pour orchestrer une scène ruraleempreinte de mystère et de sérénité. Au centre, un moulin aux ailes figées sedétache sur un ciel dramatique, baigné par la lumière spectrale de la pleinelune. À ses côtés, deux chaumières suggèrent la présence humaine : l’une laissefiltrer une lueur chaleureuse, tandis qu’un filet de fumée s’élève dans l’aircalme. À l’avant-plan, une barque accostée, occupée par deux figuresindistinctes, introduit une note narrative discrète, renforçant le sentimentd’intimité et de silence suspendu.La rive opposée révèle un village dominé par des clochers,dont les silhouettes s’estompent dans la brume argentée. L’ensemble est encadrépar une végétation dense, notamment un grand arbre à gauche, dont les ramuressemblent dialoguer avec les nuées. Fidèle à son goût pour les effets declair-obscur et les scènes nocturnes, Pether compose ici une vision romantiquedu monde rural, où la nature et l’architecture s’unissent dans une harmoniecontemplative.Ce tableau illustre parfaitement l’art de Pether, héritierd’une tradition familiale de peintres de paysages lunaires, et se distingue parsa maîtrise de la lumière, son sens du détail et son atmosphère enveloppante.
Nous avons choisi de vous présenter cette peinture dans un cadre mouluré en placage de poirier noirci du XVIIe siècle.
Dimensions : 21 x 30,5 cm – 30 x 40 cm avec le cadre
Biographie: Sebastian Pether (1793–1844) naît à Chelsea, dans labanlieue de Londres, au sein d’une famille de peintres spécialisés dans lespaysages nocturnes. Formé par son père Abraham Pether, il hérite d’un goûtprononcé pour les effets de clair-obscur et les scènes baignées de lumièrelunaire. Actif principalement à Londres, il expose à la Royal Academy et à laBritish Institution, tout en restant en marge des cercles académiquesdominants. Ses compositions, souvent peuplées de moulins, de ruines et desilhouettes discrètes, se distinguent par une palette restreinte et uneatmosphère mélancolique. Malgré une production soutenue, il connaît desdifficultés financières persistantes. Il meurt à Battersea, également dans lapériphérie londonienne, dans une grande pauvreté. Redécouvert par les amateursde peinture romantique, il est aujourd’hui apprécié pour la singularité de sonstyle et la poésie de ses paysages nocturnes.





























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