L’animal, totalement blotti contre elle, se laisse faire avec confiance : la tête légèrement tournée, les oreilles tombantes, la langue pendante, détail d’un réalisme touchant qui confère à la composition une impression de vie immédiate.
Le contraste entre la vigueur de l’étreinte et l’abandon paisible du chien donne toute sa force narrative à l’œuvre. Il ne s’agit ni d’une scène idéalisée ni d’une simple étude décorative, mais d’un instant intime, saisi sur le vif, empreint de douceur, de vérité et d’humanité.
Analyse artistique et qualité d’exécution:
Le corps de la fillette est traité avec un modelé souple et charnu, caractéristique de la sculpture académique du XIXᵉ siècle. Les volumes sont pleins, les transitions parfaitement fondues, traduisant une grande maîtrise anatomique. La chevelure bouclée, finement travaillée, encadre un visage aux traits doux et concentrés, tourné vers l’animal dans un geste de protection presque instinctif. Le chien, probablement encore jeune, est rendu avec un naturalisme remarquable : fourrure finement ciselée, musculature souple, expression à la fois docile et expressive. Les pattes s’étendent sur le sol rocheux, accentuant la sensation d’abandon confiant et de proximité affective. La composition repose sur une base ovale intégrée, traitée comme un sol naturel animé de feuillages et de rochers, parfaitement en accord avec le sujet. L’ensemble est équilibré, fluide et très décoratif, offrant de multiples angles de lecture.
Le sculpteur:
La sculpture est signée Auguste Joseph Peiffer, sculpteur français né en 1832 et décédé prématurément en 1879. Élève de Jean-Baptiste-Jules Klagmann, Peiffer s’inscrit dans la grande tradition académique du XIXᵉ siècle. Il participe régulièrement aux Salons officiels entre 1865 et 1879, où il présente principalement des œuvres à sujets allégoriques, mythologiques et animaliers. Il obtient une médaille de 3ᵉ classe au Salon de 1878, reconnaissance institutionnelle attestant de la qualité de son travail. Son œuvre se distingue par un modelé précis, une attention particulière portée à l’expression et une réelle sensibilité narrative, qualités que l’on retrouve pleinement dans cette sculpture, où le geste et l’émotion priment sur le simple effet décoratif.
Le fondeur:
Le bronze porte sous sa base une plaquette ovale de la Compagnie des Bronzes de Bruxelles, l’une des plus prestigieuses fonderies artistiques européennes des XIXᵉ et XXᵉ siècles. Fondée en 1854 à Bruxelles, la Compagnie des Bronzes s’impose rapidement comme une référence dans la fonte de bronzes d’art et de monuments, collaborant avec de nombreux sculpteurs et réalisant aussi bien des bronzes décoratifs que d’importantes commandes publiques. Elle est reconnue pour la qualité exceptionnelle de ses fontes, la fidélité aux modèles originaux et la richesse de ses patines. La présence de cette plaquette constitue une garantie de fonte ancienne, réalisée selon les standards les plus élevés de la sculpture artistique du XIXᵉ siècle.
Dimensions
Largeur : 55 cm
Hauteur : 41 cm
Profondeur : 26 cm



































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