Peintre lyonnais autodidacte, Joannès Veimberg appartient à la famille des « singuliers », ces artistes à la fois enracinés dans leur époque et profondément indépendants. Ami de Paul Clair et proche des milieux du Salon du Sud-Est, il suivit quelque temps les cours d’Antoine Chartres avant d’affirmer une écriture picturale personnelle, d’une vigueur expressive rare. En 1975, il reçut le Prix de la critique à Lyon. Il est présent dans plusieurs musées et institutions, notamment à la Fondation Renaud, bénéficiaire de la donation de son fonds d’atelier à sa mort.
Dans cette toile, Veimberg évoque un rivage méditerranéen à la fois symbolique et humain. Trois figures occupent le premier plan, disposées selon une composition triangulaire qui structure l’espace et guide le regard vers les barques et les collines du fond. La palette, dominée par des verts profonds, des bleus étouffés et des accents rouges, affirme une harmonie puissante où la matière, posée en relief, crée un rythme tactile et vibrant.
L’artiste parvient ici à unir le décor maritime à une vision intérieure du monde : les silhouettes, d’une simplicité presque primitive, traduisent un sentiment d’humanité fraternelle. La lumière, diffuse et blanche, baigne le paysage d’une intensité méditative. Par son usage du trait noir et la densité de sa matière, Veimberg inscrit sa peinture dans la grande tradition expressionniste, où la couleur devient la voix directe de l’émotion.
Le cadre en bois mouluré à large profil et ressauts successifs, d’un ton blond chaud, typique des encadrements contemporains des années 1960–1970, renforce la vigueur de la composition.





























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