La salle du conseil du château de Fontainebleau

Incorporée dans les appartements Renaissance, cette pièce était le cabinet de Madame de 1528 à 1531, puis cabinet du roi et premier cabinet du roi ou petite chambre à coucher du roi.

Le Cabinet du Roi a été décoré entre 1543-1545. Les peintures réalisées sur des dessins de Primatice consistaient en représentation de héros et de Vertus, associés par couple sur les portes des armoires : César et la Force, Scipion et la Tempérance, Ulysse et la Prudence, Zaleucos et la Justice. Des « petites histoires » étaient peintes en grisailles en dessous de ces figures. Une des armoires au moins fut décorée sous la conduite de Serlio, architecte du roi.

Plafond de la salle du Conseil du château de Fontainebleau.

Deux tableaux de mêmes dimensions étaient accrochés l’un au-dessus de l’autre sur la cheminée : Le Maître de la Maison de Joseph faisant fouiller les bagages de ses frères et Les Cyclopes fabriquant les armes des amours dans la forge de Vulcain. Le plafond a été modifié au fil du temps en fonction de l’agrandissement de la pièce, mais a toujours été un plafond à caisson. Les remaniements n’ont pas empêché que, de réfection en réfection, l’iconographie du décor de la pièce ait été maintenue.

La salle du conseil du château de Fontainebleau

L’actuel plafond peint par François Boucher en 1751 reprend la découpe et le sujet d’une composition de Primatice, connue par deux dessins (La Course des chars du Soleil et de la Lune), qui pourrait avoir été faite en 1550-1561, au moment où Charles IX  fit refaire la plus grande partie des peintures de son appartement.

Plafond de la salle du Conseil,  par François Boucher.

Devenue grand cabinet ou cabinet du conseil en 1737, achevée en 1753, la salle possède néanmoins un hémicycle qui fut ajouté en 1773 (orné au plafond d’une Gloire entourée d’enfants par Lagernée Le Jeune, ainsi que de trophées de la Moisson et de la Vendange peints par François-Gabriel Vernet) permettant ainsi un gain d’espace original. La pièce est décorée dans le style Louis XV: le plafond à caissons possède cinq tableaux, les quatre premiers aux angles représentent chacun un groupe d’enfant symbolisant une saison, le cinquième au centre Phébus vainqueur de la Nuit, tous peints par François Boucher entre 1751 et 1753.

Plafond de la salle du Conseil,  par François Boucher.

Les lambris des murs et les portes sont ornés de figures allégoriques peintes alternativement en camaïeu bleu et rose, par Carle Van Loo et Jean-Baptiste Pierre: La GuerreLa TerreLa Valeurla Forcela Justicela Clémencela Prudencel’Automnel’Hiverle Feula Renomméele Secretla Fidélitéla Paixla Véritéle Printempsl’Airl’Étél’Eaul’Histoire (réalisées entre 1751 et 1753). Le reste du décor se compose d’éléments floraux et de trophées des sciences et des arts (la Peinture et la Sculpturela Chassele Matinla Marinela Pêchele Commercel’Abondancel’Art militairel’Architecturela Musiquela Géométriele Soirl’Astronomieles Sciences) réalisés par Alexis Peyrotte.

Le sol est couvert par un tapis de la Savonnerie, retissé en 1981 d’après l’original de la fabrique de Tournai. Le mobilier est celui mis en place sous Napoléon 1er. Les soieries furent retissées entre 1966 et 1972, et se composent d’un damas cramoisi à couronnes et étoiles, avec des brodures de brocart à feuilles de chêne (pour les sièges), et à palme (pour les rideaux), commandé en 1804 à la maison Pernon de Lyon et initialement prévu pour la chambre de l’Empereur au château de Saint-Cloud.

L’ensemble de sièges se compose de deux fauteuils, de trente pliants réalisés par Marcion en 1806, de deux fauteuils et de six chaises réalisées par Jacob-Desmalter en 1808. On note la présence de deux consoles en bois doré datant de 1774, et d’une table de conseil recouverte d’un tapis de velours de soie vert. Les lustres sont de style XV, les flambeaux de style Empire, les feux de style Louis XVI, tandis que les candélabres à motifs militaires ont été réalisés par Galle en 1807. La salle possède également une pendule-borne en marbre noir ornée d’une figure de l’étude, réalisée par Lepaute en 1808

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