Musée national et domaine du château de Pau

Berceau d’Henri IV, qui y vit le jour en 1553, l’ancienne forteresse féodale des vicomtes de Béarn, est transformée en palais royal par Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier, et Henri II d’Albret, son époux, héritiers de la couronne de Navarre. Elle a été grandement restaurée au XIXe s. par Louis-Philippe et Napoléon III.

Ce château-musée regroupe dans un cadre exceptionnel, un ensemble historique et artistique unique.
Les appartements royaux meublés constituent un témoignage remarquable de l’art décoratif de la Monarchie de Juillet et du Second Empire. Ils présentent, entre autres, une somptueuse collection de tapisseries royales des XVIIe – XIXe s., ainsi que les riches collections rassemblées depuis 1945 pour évoquer l’histoire et la légende du plus populaire des rois de France.

CARAPACE DE TORTUE – BERCEAU SUPPOSÉ DE HENRI IV
© Rmn-GP

L’établissement est situé sur un vaste domaine national de 22 hectares, où jardins, parterres fleuris et parc constituent un véritable coin de nature au cœur de la ville de Pau, face aux Pyrénées. Depuis 2013, de nouveaux espaces pédagogiques, d’exposition et de recherche ont ouvert à la maison Baylaucq, belle maison bourgeoise du début du XIXe s siècle, qui a fait l’objet d’une superbe rénovation contemporaine.

Le château, son décor

La création d’un décor royal

Le château de Pau, monument historique devenu Musée national à la fin des années 1920, abrite des collections aussi riches que diverses : peintures, sculptures, dessins, estampes, porcelaines, tapisseries, mobilier… Le décor intérieur du monument, demeure royale entièrement réaménagée sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), témoigne d’un véritable programme artistique contribuant à l’affirmation d’une légitimité politique. Objets et œuvres d’art, régulièrement acquis pour les collections depuis le début du XXe siècle, évoquent l’histoire politique, religieuse et artistique du règne du premier des Bourbons, Henri IV, et de l’importance de son souvenir et de ses représentations

L’HISTOIRE DE PSYCHÉ-LE REPAS DE PSYCHÉ
© Rmn-GP

 

Salles et appartements historiques

La salle aux cent couverts

Cette salle, située au rez-de-chaussée du monument, est à juste titre l’une des plus réputées du château : on ne peut qu’être impressionné par ses vastes proportions, son riche décor de tapisseries, ses lustres de style hollandais et bras de lumière en bronze doré et par l’immense table de chêne et de sapin où l’on pouvait installer une centaine d’invités, d’où son nom. Le plateau de la table, posé sur des tréteaux, est entièrement démontable.

TAPISSERIE DE LA TENTURE DES MOIS ARABESQUES/JUPITER
© Château de Pau

Avec les chaises de chêne tourné livrées en 1841 par l’ébéniste Jeanselme, elle constitue le seul mobilier de cette salle, marquant bien la destination voulue par Louis-Philippe pour cet espace : une grande salle à manger d’apparat. Ornant les murs, des tapisseries des Gobelins, appartenant aux tentures des Mois Lucas et des Chasses de Maximilien, viennent, par leurs tons de vert et les ambiances de sous-bois qui s’en dégagent, prolonger le spectacle offert par les coteaux voisins, sur lesquels s’ouvrent de vastes baies. Depuis le Second Empire, une imposante statue en marbre de Carrare, commande de la reine Marie de Médicis en 1605 au sculpteur Pierre de Franqueville, représentant Henri IV en triomphateur, écrasant les dépouilles de ses ennemis, domine cet espace.

Le grand salon de réception

Jusqu’au XIXe siècle, le grand salon de réception forme avec le salon d’attente, le « tinel », grande salle d’apparat du château où se réunit, au Moyen-Age, la Cour Majour (assemblée des nobles et du clergé du Béarn), devenu à la fin du XVe siècle, la salle du trône des rois de Navarre. La cheminée en pierre du XVIe siècle a été entièrement reprise au XIXe siècle lors des travaux de rénovation du monument sous Louis-Philippe. Tout est somptuosité dans le salon de réception décoré sous la Monarchie de Juillet : on peut admirer le plafond à caissons, où alternent les chiffres, dorés à l’or fin, de Marguerite (Marguerite d’Angoulême) et Henri (Henri II d’Albret, roi de Navarre), les grands-parents d’Henri IV.

Les lustres monumentaux, initialement destinés à la Galerie des croisades du château de Versailles, œuvres des lustriers et bronziers du roi Chaumont et Marquis, ont été réalisés vers 1840. La disposition du mobilier offre l’exemple accompli de l’aménagement cérémonial d’un salon de résidence royale dans la première moitié du XIXe siècle. La variété est introduite dans ce décor par les éléments décoratifs, tapisseries des Gobelins (tentures des Mois Lucas), statue de bronze d’Henri IV enfant par le sculpteur François Joseph Bosio (1768-1845), décor peint des vases étrusques en porcelaine de Sèvres, en constante référence au premier Bourbon et à son époque.

L’appartement de l’impératrice

Boudoir, chambre, salle de bains et cabinet de garde-robe à usage de la souveraine, antichambre, chambre de domestique et salle des atours (destinée au linge et aux vêtements) composent un véritable petit appartement intime, après le faste des grandes salles d’apparat. L’appartement a été initialement aménagé sous Louis-Philippe pour son épouse, la reine Marie-Amélie, mais le couple royal ne vint jamais à Pau. C’est Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, qui l’utilisera effectivement, d’où sa dénomination. Adepte du thermalisme et des bains de mer, l’impératrice Eugénie participe de la redécouverte des plaisirs de l’eau et s’arrête à deux reprises au château de Pau dans ses trajets entre le Béarn et Biarritz. Aussi son appartement permet-il d’évoquer quelques aspects de la vie quotidienne au XIXe siècle, fût-elle princière : des objets de toilette, en somptueuse porcelaine de Sèvres ou simple porcelaine blanche, bourdalous, pots, cuvettes, pots de chambre, boîtes à savon, sont ainsi présentés dans l’antichambre et le boudoir.

TAPISSERIE DES ENFANTS JARDINIERS – L’ÉTÉ
© Château de Pau

 

La Chambre du roi

Si la chambre qui vit effectivement naître Henri de Navarre en 1553, se trouvait certainement à l’étage inférieur (actuel Salon de famille), cette pièce fut conçue au XIXe siècle pour servir de reliquaire à un objet insolite : la fameuse carapace de tortue, berceau légendaire du petit Henri, futur Henri IV. Entre histoire et légende, cette carapace est vénérée à Pau au moins depuis le XVIIIe siècle. Elle échappe quasi-miraculeusement à la destruction pendant les heures les plus troublées de la Révolution française, et en 1821, Louis XVIII la dote de son actuel décor de lances, casque orné d’un blanc panache de plumes d’autruche, broderies et bannières aux armes de France et de Navarre. Louis-Philippe, lors des travaux qu’il mène au château de Pau, fait aménager cette chambre natale artificielle autour de la carapace, alors objet d’un véritable culte. Lit orné de soixante-quatre portraits de rois, tapisseries des Mois arabesques tissées aux Gobelins et portant des effigies de dieux romains, inscription au-dessus de la cheminée néo-Renaissance, tout évoque ici la grandeur et le destin hors du commun du premier roi bourbon.

Richesse et diversité des collections

Le musée national du château de Pau conserve aujourd’hui environ 12000 œuvres et objets inscrits dans ses inventaires. Ces collections sont d’une très grande variété de techniques, de matériaux et de dates.

Elles proviennent en effet à la fois des décors créés sous la Monarchie de Juillet pour les appartements d’apparat (beau mobilier, objets d’art), du fonctionnement quotidien de l’ancien palais au XIXe siècle (matériel de cuisine ou de toilette, par exemple) et des ensembles d’œuvres constitués autour de la figure d’Henri IV, comme des représentations du château de Pau, à partir du XXe siècle (peintures, arts graphiques, sculptures etc.).

JEU DE TRICTRAC AYANT APPARTENU À HENRI IV
© Rmn-GP

L’une des grandes richesses de ces collections est constituée par les extraordinaires ensembles de tapisseries des XVIIe et XVIIIe siècles, tissées, pour la plupart à la Manufacture des Gobelins à Paris, qui ont été envoyées à Pau au moment du remeublement du château au XIXe siècle, pour reconstituer un décor d’inspiration Renaissance.

L’amateur d’histoire pourra également découvrir la vie, le règne et la légende d’Henri IV à travers peintures et sculptures contemporaines de ce roi ou postérieures à sa mort.

Certaines des œuvres des collections, plus fragiles, telles les œuvres graphiques, ne sont présentées que pour de courtes périodes, lors des expositions temporaires organisées par le musée. Il est toutefois possible de les découvrir sur plusieurs banques d’images ou catalogues en ligne (Dessinsdepau / Pyreneas / Joconde).

GRAND VASE DE BORDEAUX, 1886
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En savoir plus:

Musée national et domaine du château de Pau
Rue du Château
64000 PAU

http://chateau-pau.fr