Musée de la Faïence de Montereau

Le Musée municipal de la Faïence de Montereau a été ouvert au public en 1985, dans les locaux de l’ancienne poste, située non loin du confluent de l’Yonne et de la Seine et de la Collégiale. Il expose en permanence une collection de 400 pièces couvrant les deux siècles de production de la faïence de Montereau, ainsi qu’une salle dédiée àla bataille de Montereau, dernière victoire de Napoléon.

La faïence de Montereau connut son heure de gloire dans la deuxième moitié du XIXème siècle, notamment après la fusion avec la manufacture de Creil, et avec le développement des décors imprimés.

Creil et Montereau. Important service de table en faïence modèle "Japon"
Creil et Montereau. Important service de table en faïence modèle « Japon »

C’est la variété des styles et la diversité des sujets des décors qui font de la visite du Musée une expérience unique : voir tous ces décors est comme feuilleter une grande « bande dessinée » qui raconte le XIXème siècle et le début du XXème, son histoire, ses centres d’intérêts, ses scènes de la vie quotidienne.

Ce Musée peut donc passionner aussi bien les amateurs de faïences, comme ceux d’objets beaux et précieux, et les passionnés d’histoire.

12 assiettes par Creil et Montereau sur l'exposition universelle de 1867 à Paris . (c) Antiquités Martin, proantic
12 assiettes par Creil et Montereau sur l’exposition universelle de 1867 à Paris .
(c) Antiquités Martin, proantic

Collections permanentes :

Les pièces de la collection permanentes sont exposées par dates de fabrication. Les origines datent de la période de 1800 à 1825 : les premières pièces, signées « Montereau » sont une production artisanale de pièces en terre de pipe de belle qualité, essentiellement marquée par des décors peints à la main puis progressivement imprimés, en noir et blanc. Le décor dit « Herborisé » ou deuil à la reine est particulièrement raffiné. Les sujets mythologiques, guerriers ou révolutionnaires ornent assiettes rondes ou octogonales, bols à bouillon et autres objets d’usage courant.

Creil & Montereau, le service Rousseau. (c)Au Bain Marie, Proantic
Creil & Montereau, le service Rousseau.
(c)Au Bain Marie, Proantic

Le rapprochement avec la faïencerie de Creil en 1819 ouvre une période de développement industriel (période Louis Lebeuf et Thibault de 1825 à 1833) et Louis Lebeuf (de 1833 à 1840). Les décors s’enrichissent de couleurs et de motifs nouveaux avec des scènes de la vie quotidienne à la campagne. Les fonds jaunes et verts apparaissent. La mise au point d’une pâte plus blanche permet à la production de Montereau, sous la dénomination de « porcelaine opaque » de remporter des distinctions. La fusion avec Creil (1840) marque le début de l’âge d’or de la faïence de Montereau (signée Lebeuf, Milliet et Cie de 1840 à 1875 et Barluet et Cie de 1876 à 1884). La qualité du matériau et du procédé d’impression progresse.

Paire de vases en faïence de Creil et Montereau, signés Jule Houry. (c) Marie-Christine CHIRON, proantic
Paire de vases en faïence de Creil et Montereau, signés Jule Houry.
(c) Marie-Christine CHIRON, proantic

De célèbres décors, comme le Flora, connaissent un succès très marqué particulièrement sous le Second Empire. La faïence s’impose comme la « porcelaine » des nouvelles classes moyennes de l’industrialisation. Les décors bleus se multiplient, (le chinois « Yedo » ou le « Japon ») ainsi que ceux tirés de la littérature populaire ou des scènes humoristiques. La faïence est un miroir fidèle du XIXème siècle. Le XXème siècle voit encore de belles séries de décors « Art Nouveau », jusqu’à la fermeture en 1955 (signature Société anonyme Creil et Montereau de 1884 à 1920, puis HBCM de 1920 à 1955). Les collections du Musée retracent cette riche histoire.

En savoir plus:

http://www.ville-montereau77.fr/