Les Gobelins au siècle des Lumières

tapisserie manufacture des gobelins

La Galerie des Gobelins se propose d’évoquer, dans une exposition complètement  inédite, Les Gobelins au siècle des Lumières : un âge d’or de la manufacture royale jusqu’au 27 juillet 2014.

Un florilège des meilleures tapisseries tissées aux Gobelins au XVIIIe siècle sera présenté accompagné de modèles peints des collections du Mobilier national.
L’élan extraordinaire de la refondation en 1662 de la seconde manufacture des Gobelins sous la direction de Charles Le Brun, se répercute au XVIIIe siècle.

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Les Gobelins au siècle des Lumières : un âge d’or de la manufacture royale.

Les traditionnels sujets religieux (L’Ancien Testament d’Antoine Coypel) sont tissés parallèlement à une grande nouveauté inspirée du roman de Cervantès, dont le succès ne se démentira jamais. Les sujets d’histoire épique (L’Histoire de Marc-Antoine d’après Charles Natoire) sont maintenus, tandis qu’apparaissent des séries moins édifiantes destinées aux appartements royaux (la tenture des Amours des dieux d’après différents peintres dont François Boucher et Joseph-Marie Vien).

A côté de ces innovations, des répliques d’après des pièces du XVIe siècle restent recherchées. Les dernières années du siècle correspondent à un retour au passé national (tenture de L’Histoire de France). Les meubles en tapisserie (canapés et fauteuils) caractérisent également cette époque de profusion créative.

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Maurice Jacques. Scènes champêtres. XVIIIe siècle. © Mobilier national / I. Bideau.

Dirigés successivement par les architectes Jules-Robert de Cotte, Jean-Charles Garnier d’Isle, Jacques-Germain Souf?ot et le peintre Jean-Baptiste Marie Pierre, sous l’autorité de directeurs généraux des Bâtiments du roi passionnés par les questions artistiques, tels que le duc d’Antin, le marquis de Marigny et le comte d’Angivillier, les Gobelins connaissent au XVIIIe siècle une prospérité et une créativité inégalées (quarante séries de tapisseries différentes créées sur cent ans), qui en font la première manufacture d’Europe dans son domaine.

Les plus grands maîtres de l’époque (Charles Coypel, Jean-Baptiste Oudry, Charles Natoire, François Boucher, Carle Vanloo, …) sont sollicités pour fournir les gigantesques modèles nécessaires, trouvant le temps de concevoir des œuvres dans les domaines les plus variés, profane ou sacré, historique ou mythologique.

Les Gobelins au siècle des Lumières : un âge d’or de la manufacture royale.
Les Gobelins au siècle des Lumières : un âge d’or de la manufacture royale.

Sous la conduite d’entrepreneurs d’exception, tel Jacques Neilson, le tissage des tapisseries connaît des progrès techniques essentiels (métiers Vaucanson pour la basse lisse, chimie des teintures améliorée contrairement à une légende infondée qui y voit une période de déclin), tandis que les tapisseries atteignent un niveau de perfection inconnu jusque-là, qui suscite l’admiration sans réserve de Diderot lors des Salons.

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Tenture de L’Histoire de Don Quichotte d’après Charles Coypel, détail © M. Walter

Les élites européennes (souverains, ministres ambassadeurs, noblesse anglaise, maîtresses royales) sont également enthousiasmées par ces œuvres, qui font l’objet de nombreux cadeaux et vont orner les murs des plus grandes demeures d’Europe, parfaitement intégrées au décor intérieur grâce à l’intervention d’architectes inventifs, tel l’Ecossais Robert Adam.

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Maurice Jacques, modèle de fond de canapé pour le marquis de Marigny © M. Walter

L’exposition présentera une trentaine de tapisseries, sélectionnées pour leur état de fraîcheur exceptionnel, parmi lesquelles des pièces de L’Ancien Testament d’Antoine Coypel, du Nouveau Testament de Jean Jouvenet et Jean Restout, séries rarement montrées, de la fameuse Histoire de Don Quichotte de Charles Coypel, de L’Iliade de Charles Coypel, de L’Histoire d’Esther de Jean-François de Troy, de L’Ambassade turque, de Charles Parrocel, des Chasses de Louis XV de Jean-Baptiste Oudry, de L’Histoire de Thésée de Carle Vanloo et des Amours des dieux de François Boucher.

Les Gobelins au siècle des Lumières Un âge d’or de la Manufacture royale
Les Gobelins au siècle des Lumières
Un âge d’or de la Manufacture royale

L’exposition montrera également, dans une mise en comparaison inédite avec les tissages, une quarantaine de cartons peints ou d’esquisses, spécialement restaurés pour l’exposition, grâce à un mécénat de la Fondation BNP Paribas, dont plusieurs cartons d’« alentour » spectaculaires du peintre de ?eurs Maurice Jacques.

En?n, des sièges couverts en tapisseries, prêtés par le musée du Louvre, des tableaux en tapisserie et plusieurs documents d’époque (Encyclopédie de Diderot et d’Alembert; planches gravées des ateliers) viendront compléter cette évocation des Gobelins à leur apogée.

Galerie des Gobelins

42 avenue des Gobelins
75013 Paris
http://www.mobiliernational.culture.gouv.fr