Ecritoire en ébène et ivoire gravé, Naples, XVIIe Siecle

L’œuvre que nous présentons, issue d’une alliance entre un ébéniste et un graveur sur ivoire s’inscrit dans une production napolitaine d’objets de luxe, réalisée au début du XVIIeme siècle par un atelier formé par Iacobo Fiamengo et Giovanni Battista de Curtis.

Ecritoire en ébène et ivoire gravé, Naples, XVIIe Siecle. (c) Galerie Antiquités Promenade

Ce rare écritoire est en placage d’ébène à plateau incliné et orné au centre d’une plaque d’ivoire gravée figurant Suzanne et les vieillards entourée de deux frises de piastres en ivoire et de huit médaillons carrés et rectangulaires en ivoire gravés figurant des scènes mythologiques, telles que Hercule et le lion de Némée, ainsi qu’une frise de pastilles aux motifs stylisés.

Aux quatre angles, plaques gravées représentant les quatre vertus cardinales sous les traits de jeunes femmes munies de leurs attributs : la prudence (le miroir), la force (la colonne brisée), la justice (la balance) et la tempérance (l’eau qui se déverse).
Les côtés en placage d’ébène sont animés de plaquettes d’ivoire gravées, à scènes de chasses.

Ecritoire en ébène et ivoire gravé, Naples, XVIIe Siecle. (c) Galerie Antiquités Promenade

A l’arrière, trois médaillons rectangulaires figurant des scènes de l’Ancien Testament : la création d’Adam, la création d’Eve, et l’arbre du bien et du mal alternés de plaquettes figurant des pilastres ornés de termes.
L’écritoire possède un tiroir latéral, et repose sur quatre pieds galettes.

Atelier de Iacobo Fiamengo et Giovanni Battista de Curtis

Après avoir annexé le Portugal en 1580, Espagne a gagné le monopole sur le commerce et importation de l’ivoire et de l’ébène, les matériaux les plus luxueux utilisés dans la création de meubles et objets. Dans les années 1590 les meubles et objets en placage d’ébène ornés de plaques d’ivoire gravés ont connu un engouement considérable en Espagne.

Iacobo Fiamengo signe avec plusieurs graveurs sur ivoire des contrats de collaboration et engage entre autres Giovanni Battista de Curtis afin de travailler sur deux cabinets avec des scènes du Vieux testament et des métamorphoses d’Ovide. La signature de De Curtis apparaît sur le cabinet au musée des arts décoratifs de Hambourg, seul meuble avec une origine ainsi attestée