Commode  » Sauteuse  » de l’Atelier de Jean François HACHE

Commode galbée en façade et sur les 2 côtés. Elle campe sur des pieds  » Pastille » à l’avant et en découpe à l’arrière .
Une marqueterie , d’une savante composition alternant le contraste des teintes , décore les tiroirs et les 2 côtés d’un tableau de motifs géométriques.

Commode de l’Atelier de Jean François HACHE , vers 1760. (c) Galerie Leroy, Proantic

Ce type de fabrication est la spécificité de LA DYNASTIE DES HACHE ..
Une Ancienne Etiquette  » GRENOBLE  » est collée dessous la commode
Elle est coiffée d’un Marbre  » Brocatelle  » d’origine , de forme arbalète , que l’on reconnaît au premier coup d’oeil , pour la spécificité des  » HACHE  » ..

Commode de l’Atelier de Jean François HACHE , vers 1760. (c) Galerie Leroy, Proantic

Jean François Hache (1730-1796)

Jean-François Hache dit l’aîné. Menuisier-ébéniste. Grenoble.
Il donna de l’extension à l’atelier de Pierre Hache, son père.
Il produisit un grand nombre de meubles d’un style et d’un fini remarquables dont les jointures s’adaptent admirablement et qu’il orna de marqueterie en bois des Alpes.

Né le 10 janvier 1730 à Grenoble, apprenti chez son père Pierre Hache dès l’âge de 16 ans, établi à son compte à partir de 1754, nommé en 1770, à la suite de son père, ébéniste du Duc d’Orléans,
Jean-François Hache est l’héritier d’une dynastie d’ébénistes qui s’étale sur quatre générations (Noël – Thomas – Pierre) et perdure pendant près de 150 ans.
Jean-François est certainement le plus célèbre de tous, mais partage avec son père et son grand-père la réputation de plus grand ébéniste de province,considérés en effet, plus encore que les fameux Couleru, comme capables de rivaliser avec les plus grands maîtres-ébénistes parisiens.
Il est quasiment établi que Jean-François Hache a séjourné chez Jean-François Oeben, l’ébéniste du Roi, et ce dernier aurait même probablement rendu visite aux Hache, très intéressé par leurs placages de bois indigène.

Aîné des trois fils ébénistes de pierre Hache, Jean-François est le plus célèbre de la dynastie. Il commence à travailler avec son pére, installé place Claveyson à Grenoble, puis tout en continuant leur collaboration, il s’établit à son compte en 1754 avant de reprendre seul l’atelier paternel en 1770. Il obtient vite une grande notoriété et pendant plus de trente ans, il exploite de nombreux ateliers et magasins à Grenoble. C’est lui qui fournit le mobilier de la plus grande partie des demeures fastueuses dauphinoises et qui fut l’ébéniste particulier du duc Louis-Philippe d’Orléans, gouverneur du Dauphiné.
Il produit aussi bien du mobilier luxueux que courant.
Tous ses ouvrages sont extrêmement soignés, très divers et surtout d’une grande originalité.
Il utilise principalement des bois des Indes et des bois de pays tels le noyer, le peuplier, les arbres fruitiers… mais il excelle dans les marqueteries en bois décoratifs de loupe ou de ronces diverses au naturel ou teintés dont l’utilisation était rarissime à son époque.
A part quelques meubles aux formes massives de style Louis XIV ou Régence, la majeure partie du mobilier de Jean-François Hache est pleine d’élégance et de légèreté.
Les nombreuses commodes de style Louis XV, les grands bureaux à cylindre de style Transition ont des galbes aux lignes fluides et pures et sont ornés de marqueteries chatoyantes et pleines de fantaisies tant par leur diversité de bois employé que par leurs tonalités contrastées.
La carrière de Jean-François Hache prendra fin en 1787, après sa décision de vouloir remplacer tous ses magasins et ateliers par un seul et même grand établissement, décision qui ne lui attira que des inimitiés.
Son frère Christophe-André lui succédera. Il continuera un moment ses activités et finira sa vie chez son frère en 1796.