Le château de Rambouillet

Un voyage à travers le temps, dans l’intimité des plus grands édifié au cœur d’une forêt giboyeuse, le château de Rambouillet a su attirer les grands personnages de l’histoire de France : François Ier, la marquise de Rambouillet, le comte de Toulouse, la famille Penthièvre, Louis XVI et Marie-Antoinette, Napoléon Ier, Charles de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing… Du Moyen Âge à nos jours, princes, rois,empereurs puis présidents de la République en ont fait une demeure de plaisance. C’était une résidence privée où il faisait bon vivre, loin de l’étiquette stricte des résidences
officielles.

La demeure d’un prince

En 1706, Louis XIV contraint ainsi Jean-Baptiste Fleuriau d’Armenonville à quitter les lieux. Il offre le domaine à son fils légitimé, le comte de Toulouse. Le château de Rambouillet change alors de statut : il devient la demeure d’un Prince de sang. Il faut donc l’aménager en conséquence : l’une des ailes est doublée pour recevoir un nouvel appartement doté de magnifiques boiseries. Les communs sont construits pour accueillir les équipages et des appartements destinés à loger les membres de la cour. À la mort du comte de Toulouse, en 1737, c’est son fils, le duc de Penthièvre, qui hérite du domaine. Celui-ci est à l’origine du jardin Anglais, parsemé de surprenantes fabriques : Kiosque chinois, Ermitage, et Chaumière aux coquillages.

Une résidence royale (les Bourbons)

En 1783, le roi Louis xvi est à la recherche d’un nouveau pavillon de chasse en terre d’Yvelines. Déjà très utilisé par ses prédécesseurs, Louis xiv puis Louis xv, le Château de Rambouillet lui paraît parfait.
Il l’acquiert donc sur sa cassette personnelle. Afin d’attirer sa femme, MarieAntoinette, en son nouveau domaine, le roi lui fait construire une Laiterie d’apparat au milieu d’un arboretum. Il développe aussi une ferme expérimentale dans laquelle il fait venir un troupeau de moutons espagnols : les fameux Mérinos.

La renaissance impériale

En 1789, le château est laissé à l’abandon quelques années jusqu’à l’avènement de Napoléon Ier, en 1804. Amoureux de la chasse, l’empereur consacre temps et argent à sa résidence rambolitaine. Il y apporte de nombreuses modifications dont la destruction malencontreuse de l’aile gauche, imputée à l’architecte Trepsat, qui donne au château sa forme si singulière. Les jardins ne sont pas laissés pour compte mais au contraire agrémentés de nouvelles fabriques, détruites aujourd’hui.

La salle de bains de l’Empereur.

De la Restauration à la fin du XIXe siècle

Sous la Restauration, le château redevient demeure des Bourbons. Louis xviii restaure entre autres les façades sur jardins : les trois larges baies cintrées, percées à cette époque et surmontées d’une corniche en saillie, sont encore visibles aujourd’hui. Charles x, quant à lui, signe en ces lieux son abdication le 2 août 1830.
Louis Philippe d’Orléans, roi des français, décide de ne pas conserver le domaine sur la liste civile. Aussi le château est loué tour à tour à différents occupants et devient même un luxueux restaurant. Puis, en 1852, il est réintégré dans la liste civile des résidences du gouvernement par Napoléon iii.

Ancienne résidence présidentielle

Dès la fin du xixe siècle, les présidents de la République poursuivent la tradition des chasses à Rambouillet. En 1895, Félix Faure l’aménage comme lieu de villégiature estivale, lui conférant ainsi le titre de résidence présidentielle. Tout au long du xxe siècle, le domaine accueille ainsi nombre de chefs d’Etat étrangers et devient le théâtre d’importantes rencontres internationales telles que la réunion du premier G6 en 1975.

Le château aujourd’hui
Le 1er juin 2009, le château est remis en dotation au Centre des monuments nationaux, désormais chargé de sa gestion. Son statut de résidence royale, attribué dès 1783, lui confère aujourd’hui encore le titre de Domaine national, d’autant plus qu’il bénéficie du statut de résidence du Premier ministre depuis 2007. Le château est meublé par le mobilier national et n’a donc pas toujours appartenu aux propriétaires successifs du château.

Les espaces dévoilés aux visiteurs témoignent de cette riche histoire : l’appartement d’apparat de la famille des Bourbon-Penthièvre offre au regard du visiteur un élégant décor de boiseries rocailles des années 1730.  Puis, au détour des couloirs, la salle à manger des présidents rappelle la place du monument dans notre histoire contemporaine avec la reconstitution de la table dressée en 1975 à l’occasion de la réunion du premier G6.

Domaine de Rambouillet, Chaumière aux coquillages

Un domaine : des jardins

Très tôt, les jardins retiennent l’attention des propriétaires du domaine, offrant au château un véritable écrin de verdure. Sont ainsi aménagés au fil du temps et des modes jardin à la française, jardin anglais puis jardin paysager. S’étendant aujourd’hui sur près de 150 hectares, classés Jardins Remarquables et entretenus dans un souci de protection de l’environnement, les jardins historiques se découvrent à pied, mais également en vélo, rosalie, barque, ou encore voiturette électrique.

Domaine de Rambouillet, façade d’entrée de la Laiterie de la reine

La Chaumière aux coquillages et la Laiterie de la reine

Au domaine de Rambouillet, le Centre des monuments nationaux ouvre également à la visite deux singuliers monuments du XVIIIe siècle aménagés au cœur du jardin anglais. Edifiée à la demande du duc de Penthièvre pour sa belle-fille, la princesse de Lamballe, la Chaumière aux coquillages présente un décor d’une finesse aujourd’hui inégalée en Europe, ainsi que son mobilier d’origine réalisé par François II Foliot.

Tandis que la Laiterie de la reine, cadeau du roi Louis XVI à son épouse Marie-Antoinette, décline le faste de toute une époque et un art de vivre largement imprégnés de la philosophie des Lumières.

En savoir plus:

http://www.chateau-rambouillet.fr