Bellini, Michel-Ange, Le Parmesan L’épanouissement du dessin à la Renaissance

L’exposition inaugurale du cabinet d’arts graphiques se propose de partir, de Venise à Florence, sur les routes d’une Renaissance italienne s’épanouissant des années 1500, moment d’intense innovation artistique suscitée par de grandes figures tutélaires, jusqu’au bouleversement stylistique défini par Vasari comme la maniera moderna (ou maniérisme), qui se prolonge jusqu’à la fin du siècle.

Il Pordenone, Saint Martin à cheval © Chantilly, Musée Condé

45 œuvres exceptionnelles, issues de la collection du duc d’Aumale (fondateur du musée Condé), montrent la manière dont les maîtres de la Renaissance italienne ont utilisé toutes les possibilités expressives du dessin, au rôle si fondamental au xvie siècle. La grande variété des feuilles sélectionnées illustre la multiplicité de leur fonction dans le processus de création : esquisse, étude de figure ou de détail, carton, modello présenté au commanditaire, copie de statue antique ou d’œuvre de maître, dessin destiné à la gravure, etc. La plupart sont préparatoires à des tableaux ou des fresques, voire à des sculptures, et permettent de suivre les hésitations, les réflexions ou les intuitions géniales des artistes.

 

Francesco Mazzola, dit Il Parmigianino ou le Parmesan
(Parme, 1503 – Casalmaggiore, 1540)
Quatre têtes d’enfant
Sanguine, traces de mise à carreau à la pierre noire.
(c) Chantilly, musée Condé / RMN-Grand Palais (domaine de Chantilly) / Michel Urtado.

Ce voyage subjectif à travers les foyers artistiques de la péninsule, Venise et la Vénétie, Bologne et l’Émilie, Florence et la Toscane, permet de dépasser la traditionnelle opposition entre colorito vénitien et disegno florentin pour se concentrer sur les recherches menées parallèlement par les dessinateurs et leur perméabilité.  Venez ainsi admirer des œuvres rarement montrées de Giovanni Bellini, Il Pordenone, Michel-Ange, Fra Bartolomeo, Baccio Bandinelli ou encore Le Parmesan, dans le cadre prestigieux du nouveau cabinet d’arts graphiques de Chantilly.

Francesco Mazzola, dit le Parmesan (Parme, 1503 – Casalmaggiore, 1540)
Ange soulevant une draperie au-dessus de sa tête
Plume, encre brune, lavis brun, rehauts de gouache blanche partiellement oxydés.
(c) © Chantilly, musée Condé / RMN-Grand Palais (domaine de Chantilly) / Michel Urtado

L’Italie du Nord et Venise au xvie siècle

À rebours de l’« obsession toscane » qui a prévalu, depuis Vasari, dans l’étude du dessin italien de la Renaissance, l’exposition part des propositions formalistes d’Italie du Nord où l’architecture et le portrait connaissent un brillant essor, à la faveur des guerres d’Italie et des échanges artistiques qui en découlent. Elle passe à Venise, cité qui demeure la plus riche et la plus puissante de la péninsule, mais aussi éminent centre humaniste où Andrea Mantegna, Giovanni Bellini, Titien, Véronèse, le Tintoret, ou encore Domenico Campagnola et le Pordenone sont les acteurs d’un âge d’or où le dessin tient un rôle déterminant.

L’Émilie : Ferrare, Bologne et Parme.

La grâce du Parmesan L’école vénitienne est perméable aux grands centres artistiques de l’Émilie. Les productions classiques de Bologne, influencées par Raphaël, les importantes commandes ferraraises des ducs d’Este marquent le pas devant l’émergence de Parme. Là, le Parmesan développa un langage propre, marqué par la grâce, la douceur, les effets d’atmosphère, mais aussi un certain tourbillonnement maniériste dont rendent compte les nombreux dessins du musée Condé de sa main.

Fra Bartolomeo, L’archange Saint Michel chassant un groupe de personnages © Chantilly, Musée Condé

Florence et la Toscane : des grands maîtres de la Renaissance classique au maniérisme

La Renaissance classique s’est épanouie en Toscane, et particulièrement à Florence, où entre 1504 et 1506, Léonard de Vinci, Michel-Ange (un de ses superbes dessins de jeunesse est présenté dans l’exposition) et Raphaël sont présents simultanément. Leur leçon y est durable et de grands maîtres, tel que Fra Bartolomeo, chef de file de l’école florentine après le départ de Raphaël, ou Andrea del Sarto, leur doivent beaucoup. Michel-Ange est l’objet d’une véritable fascination de la part de ses contemporains, notamment de plusieurs sculpteurs (Baccio Bandinelli, Giovanni Bandini, Raffaello da Montelupo) qui montrent dans leurs œuvres dessinées une stylisation et une sophistication nouvelles, témoins de l’essor du maniérisme.

En savoir plus:

Exposition au château de Chantilly  jusqu’au  20 août 2017

www.domainedechantilly.com