Animalia, bestiaire de la Collection Al Thani

La Collection Al Thani à l’Hôtel de la Marine propose une exposition qui examine comment, à différentes époques et dans diverses régions du monde, les cultures ont été fascinées par le royaume animal et s’en sont inspirées.

À travers plus de 120 œuvres de la Collection Al Thani, dont un grand nombre est dévoilé à Paris pour la première fois, l’exposition explore les représentations de créatures réelles et imaginaires issues de civilisations réparties sur quatre continents, du IIIe millénaire av. J.-C. au début du XXe siècle.

Parmi les œuvres phares figurent une statuette votive laconienne en bronze représentant un cheval de la période géométrique (Grèce, 750-730 av. J.-C.), une imposante boucle de ceinture (daigou) en forme de tigre réalisée en Chine à l’époque des Royaumes combattants (475–221 av. J.-C.), un pommeau de canne en forme de tête de serpent créé par la maison Fabergé (vers 1890) ainsi qu’une sculpture en bois figurant l’oiseau primordial de la cosmogonie sénoufo (vers 1900).

Humains et animaux, partageant une même planète, n’ont cessé de se croiser, se redouter, se mesurer, se traquer. De cette relation tendue est né un dialogue ininterrompu aux formes multiples : l’homme s’est approprié l’animal, s’y est identifié, l’a élevé, domestiqué, rêvé, admiré, sacralisé. Il en a fait tour à tour un emblème de puissance, un signe de prestige, une divinité, un compagnon de route. L’animal traverse et façonne son imaginaire artistique — au point que l’on pourrait dire que l’histoire de l’art commence avec lui, sur les parois des grottes préhistoriques.

L’exposition « Animalia. Bestiaire de la Collection Al Thani » invite à explorer un bestiaire aussi fascinant qu’insolite, à travers des œuvres exceptionnelles couvrant près de quatre mille ans, du IIIe millénaire avant notre ère jusqu’au XXe siècle, de l’Égypte pharaonique à l’Europe moderne, de l’Asie à l’Amérique précolombienne.

Le visiteur y croisera un homme-oiseau sénoufo, des statuettes de centaures de la Renaissance italienne, des aiguières asiatiques à tête de dragon, une pièce de jeu en forme de tête de panthère inscrite au nom de la reine Hatshepsout, un éléphant en cristal de roche de la dynastie fatimide, un perroquet en calcédoine de la Russie impériale, un jaguar chapeautant un masque maya, une tête de cheval ornant une dague moghole, et bien d’autres merveilles. Chacune de ces œuvres témoigne d’une fascination toujours renouvelée, d’une intimité immense entre l’homme et l’animal mais aussi de l’ineffable beauté du règne animal comme source d’inspiration des artistes.

Dates : jusqu’au 10 janvier 2027
Lieu : Hôtel de la Marine (Place de la Concorde, Paris 8e)

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