Igor Mitoraj (1944 - 2014), "Persée"
Epreuve en bronze à patine ocre nuancée,
signée MITORAJ sur la hanche gauche,
numérotée au dos E230 / 1000 HC.
Vendu avec son certificat et son carton d'origine (reproduits dans le diaporama).
Haut : 38 cm.
Socle en travertin, haut : 10 cm / larg : 10 cm / long : 17 cm.
(tout petit manque à un angle)
Hauteur totale : 48 cm.
(épreuve en très bel état d'origine)
Nous avons une nouvelle fois le plaisir de vous présenter un bronze, "Persée", 1988, par Igor Mitoraj dont nous apprécions tout particulièrement l'œuvre, immense, singulière et touchante, véritable synthèse de nos origines, de notre passé et de notre histoire, mais aussi de notre présent, de nos vies personnelles et de notre futur.
Il est très rare, voire exceptionnel, de disposer du certificat d'authenticité délivré par l'éditeur, Artcurial, et de l'emballage référencé d'origine (carton avec étiquette) dans lequel fut placée la sculpture.
Il ne s'agit non pas d'un simple détail, mais bien du souci de son propriétaire de vouloir conserver l'œuvre dans toute son intégrité tout en ayant profité de son esthétique et de son message.
Persée…
Il est le fils de Zeus et de Danaé, fille du roi d'Argos, Acrisios.
Ce dernier, averti par un oracle qu'il serait tué par son petit-fils, enferme la mère et l'enfant dans un coffre de bois et les abandonne sur les flots qui les rejettent dans l'île de Sériphos.
Plus tard, le roi de l'île, Polydectès, amoureux de Danaé et voulant écarter Persée, lui enjoint de rapporter la tête de Méduse.
Persée, portant le casque d'Hadès qui le rend invisible et chaussé de sandales ailées, aidé par Athéna, parvient à trancher le cou du monstre et s'empare de sa tête.
Passant en Ethiopie, il délivre Andromède en tuant le monstre marin qui devait la dévorer, et l'épouse.
De retour à Sériphos, il trouve sa mère persécutée par Polydectès dont elle repoussait les avances.
Il montre alors la tête de Méduse au roi et à ses amis qui sont immédiatement transformés en statues de pierre.
Acrisios, son grand-père, s'enfuit à Larissa.
Plus tard, lançant le disque lors des jeux organisés par Teutamidès, roi de Larissa, Persée tue accidentellement un spectateur qui n'est autre qu'Acrisios.
Accablé de remords et refusant de monter sur un trône conquis accidentellement dans le sang, Persée échange avec son cousin Mégapenthès le royaume d'Argos contre celui de Tirynthe.
Parmi ses fils figure Alcée, le grand-père d'Héraclès (Hercule).
Après sa mort, il est placé parmi les constellations.
(L'article qui suit est en partie inspiré du texte publié dans "Igor Mitoraj, sculpture", édit. ART-OBJET, Paris, 1988)
Igor Mitoraj vit "sous le choc des sensations…".
Il fait appel à notre mémoire, la grande mémoire de l'histoire de l'occident, cette mémoire collective et omnidirectionnelle qui, au-delà des générations, des évènements… et des exhumations d'œuvres qui contribuent à la renforcer, fait notre histoire.
Amateur et médium de cette grande mémoire, l'artiste obéit à sa nostalgie.
Il s'en fait l'archéologue et le sourcier.
Dès le début, son travail est d'une grande maturité esthétique et de forme.
Il témoigne d'une mélancolie complexe des vestiges artistiques de l'Antiquité et du monde grecque.
Il fait sienne l'invention d'un antique idéalisé, sans aucune intention d'imitation.
Le cœur apparait sur la poitrine de ses héros, dans de petites ouvertures carrées…
Il est le rappel de souvenirs, d'émotions et de sentiments, quelquefois lointains, mais tellement intenses et si présents en nous qu'il se fait chair de notre chair.
Dans le marbre ou dans le bronze, ce cœur bat. Il est bien vivant.
Il renferme ainsi nos rêves, le vécu de nos destins heureux ou contrariés, nos secrets non confessés.
Véritable mémoire, il influence la trajectoire de nos vies.
Il est l'âme de ces fragments de corps apparemment inertes.
(Ci-après, extraits de propos recueillis par Gilles Vincent-Heugas et publié dans "Igor Mitoraj, sculpture", p. 46, édit. ART-OBJET, Paris, 1988)
…
- "Pourquoi êtes-vous venu travailler à Paris et pourquoi y être resté ?
- J'ai quitté la Pologne à cause de la censure, alors qu'à Paris c'est la liberté de créer.
J'aime bien cette ville, les gens qui y habitent, malheureusement, à mon avis, ce feeling si particulier à Paris semble le quitter.
C'est sans doute pourquoi je vis la moitié de l'année en Italie, en Toscane, précisément, à Pietrasanta, à cause du marbre de Carrare et des nombreuses fonderies qui s'y trouvent…
- Vous sculptez, vous dessinez. Vous arrive-t-il aussi de peindre ?
- J'ai reçu une formation de peintre, mais je n'ai pas touché un pinceau depuis huit ans environ.
Je suis en réalité un sculpteur spontané, qui a pu ainsi échapper à l'enseignement classique de la sculpture. A mon avis, quand on aime quelque chose, on arrive toujours à résoudre les problèmes techniques, et c'est probablement ce qu'il s'est passé pour moi. Et puis, la peinture me frustrait, je n'aimais pas ce côté mental, uniquement visuel qui manquait de présence physique, qu'on ne pouvait toucher…
- Quels sont les thèmes que vous évoquez le plus souvent, et quelle est la signification de tous ces corps, de ces visages bandés, parfois brisés ?
- Je peux certes deviner les envies de faire ces sculptures, sans savoir pourquoi exactement.
Dans la dimension tragique que l'on accorde généralement à mes sculptures, les gens ne savent pas eux-mêmes pourquoi ils sont attirés, sans doute à cause de l'effet miroir de la sculpture qui leur renvoie l'image d'eux-mêmes (sic). Pour leur côté "mythologique", d'accord, ce sont les gens vivants qui m'intéressent : la matière me permet de les fixer à jamais, de dialoguer avec le temps. Mon art, c'est évidemment l'expression artistique d'un certain malaise, d'une émotion, d'une protection, qui laisse la porte ouverte à l'imaginaire ; ce ne sont que des tremplins vers l'au-delà. L'architecture que j'évoque rappelle les bords de la Méditerranée, toutes les ruines millénaires qui se trouvent tout autour.
Dans ma perpétuelle recherche de l'homme, j'essaie moi-même de retrouver mes racines. J'ai aussi la nostalgie de quelque chose de très beau, de très simple, une espèce de paradis perdu ; j'ai besoin d'une certaine beauté, cela me fait respirer.
…
-Quel intérêt représentent pour vous les multiples, et d'être ainsi édité à de très nombreux exemplaires ?
- Au départ, je ne voulais pas faire de multiples, mais je dois reconnaitre que ces "multiples" aident à la démocratisation de l'art car ils sont vendus à un prix abordable. Ils permettent ainsi de briser le côté très exclusif du marché de l'art. Tous, d'ailleurs, sont fabriqués comme des pièces uniques…
Ma sculpture n'a rien à voir… avec la pseudo-mode "néoclassique", elle n'est à mes yeux que l'expression de ma seule et propre modernité.
Epoque : 20ème siècle
Style : Autre style
Etat : Très bon état
Référence (ID) : 1848497
Disponibilité : En stock




































