Sauvegarde (reptile américain) – Maria Sibilla Merian (1647 – 1717)
Le terme « sauvegarde » désigne dans ce contexte historique un grand lézard (un tégu, reptile amazonien) représenté dans son milieu. En tupi, langue amérindienne, tégou signifie « argenté ». Encore aujourd’hui, le nom scientifique de ce reptile « Salvator merianae » rend hommage à Anna Maria Sibylla Merian, première observatrice à l’avoir décrit.
Les qualités plastiques de notre estampe sont à mettre sur le compte de la formation de peintre de nature morte de Maria Sibilla. La justesse de l’anatomie découle de sa passion précoce pour l’entomologie et de l’emploi du microscope qui permet de reproduire la finesse des détails. La soif de savoir de notre artiste l’a poussé à entreprendre un périlleux voyage d’étude au Surinam en 1699 duquel elle rapportera de nombreuses études inédites et des insectes séchés. Dès lors, c’est aussi bien en tant qu’artiste que scientifique qu’elle publie en 1705 son « Metamorphosis insectorum Surinamensium ». Cette grande compilation issue de son périple en Amérique constitue un ouvrage de référence pour les plus grands scientifiques, tel Carl von Linné qui cita ses illustrations à 136 reprises dans sa grande taxonomie des espèces.
Notre planche est montée dans un cadre doré, sous marie-louise et sous verre anti-reflet anti-UV.
Dimensions : 28 x 38 cm – 46 x 56 cm avec le cadre
Biographie : Maria Sibylla Merian (Francfort, 2 avril 1647 –Amsterdam, 13 jan. 1717) découvre le dessin auprès de son beau-père, le peintre de nature morte Jacob Marrel. Son atelier possède alors un fonds de plantes et d’insectes séchés que la jeune Maria s’entraîne à copier. Toutefois, dès l’âge de 13 ans, elle comprend que l’étude d’après les spécimens vivants lui permettrait de se rapprocher d’une meilleure représentation du réel. Ainsi raconte-t-elle avoir « mis de côté sa vie sociale et dévolu tout son temps à l’observation des insectes et à l’amélioration de ses talents de peintre, de sorte à ce qu’elle pût dessiner et peindre des spécimens tels qu’ils sont dans la nature ». A la fois éditrice et artiste, Maria Sibylla Merian est à la tête d’un atelier prolifique dans lequel travaillent de nombreuses autres femmes auxquelles les corporations refusaient souvent la grande peinture d’histoire. Ses deux filles, Johanna Helena Herolt (1668 – 1723) et Dorothea Maria Henrietta Gsell (1678 – 1743), firent la majeure partie de leur carrière dans l’atelier familial au point qu’il est souvent difficile de distinguer leurs œuvres de celles de leur mère.
Bibliographie:
- REISTMA, Ella (dir.), Maria Sibylla Merian & Daughters : Women of Art and Science,(cat. exp. Rembrandt House Museum, Amsterdam, 23.02.08 – 18.05.08, J. PaulGetty Museum, Los Angeles, 10.06.08 – 31.08.2008), Oxford University Press,2008.
- VAN DEROEMER, Bert, Maria Sibylla Merian : Changing the Nature of Art and Science, Tielt, Lannoo, 2022.
- WETTENGL, Kurt, Maria Sibylla Merian, 1647-1717 : Artist and Naturalist, Ostfildern-Ruit, Verlag Gerd Hatje, 1998.
- HOND, Jande, Crawly Creatures : Little Animals in Art and Science, (cat. exp.,Amsterdam, Rijksmuseum 30.09.2022 - 15.01.2023), Amsterdam, Rijksmuseum, 2022.
- NERI, Janice, The Insect and the Image : Visualizing Nature in Early Modern Europe,1500-1700. Minneapolis: University of Minnesota Press, 2011.
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XIV - Régence
Etat : Bon état
Matière : Papier
Largeur : 56
Hauteur : 46
Référence (ID) : 1834955
Disponibilité : En stock






























