Venise, vers 1710–1720, Marc et Marcellin conduits au martyre d’après Véronèse.
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Venise, vers 1710–1720, Marc et Marcellin conduits au martyre d’après Véronèse.

Artiste : Gaspard Diziani (1689-1767) Attribué
Venise, vers 1710–1720, Marc et Marcellin conduits au martyre d’après Véronèse.

Huile sur toile rentoilée de 82 cm par 52 cm.
Important cadre ancien de cm par 104 cm par 76 cm.

Attribution possible à Gaspard Diziani (1689-1767) 

Notre tableau reprend la grande composition exécutéepar Paolo Véronèse vers 1565 pour le presbytère de l'église San Sebastiano àVenise. Le tableau monumental, qui mesure environ 355 × 540 cm, représente Marcet Marcellin conduits au martyre, soutenus dans leur foi par saint Sébastienmalgré les supplications de leurs proches.
Notre version conserve avec une remarquablefidélité l'organisation complexe du prototype : multiplicité des personnages,enchaînement des groupes, diversité des attitudes et distribution des grandesmasses colorées. Le passage d'une composition monumentale à une toile deseulement 82 × 52 cm a cependant imposé au peintre une simplification del'écriture.C'est précisément dans cette réduction des formesque réside l'un des caractères les plus intéressants de l'œuvre. Les petitesfigures ne sont pas traitées selon un modelé minutieux et fondu : les visagessont construits par juxtaposition de touches courtes, avec des ombres chaudesbrun-rouge, des accents sombres indiquant les yeux et des rehauts clairsdisposés sur le front, l'arête du nez ou les pommettes. Barbes et cheveluressont rapidement indiquées par quelques touches nerveuses. Dans les draperies, leslumières sont fréquemment posées en accents opaques et relativement francsplutôt que progressivement fondues dans la couleur sous-jacente.

Ces particularités ont conduit à envisager unrapprochement avec Gaspare Diziani, et plus particulièrement avec sapremière période. Né à Belluno en 1689.

Diziani reçoit l'essentiel de saformation artistique à Venise vers 1709–1711, d'abord dans l'atelier deGregorio Lazzarini, puis dans l'orbite de Sebastiano Ricci. Son activité de ladeuxième décennie du XVIIIe siècle demeure imparfaitement documentée.Un document présente ici un intérêt particulier : leMetropolitan Museum of Art conserve de Diziani une Famille de Darius devantAlexandre, datée 1717, exécutée à la plume, au lavis et à la pierrenoire et mise au carreau. Le sujet reprend l'une des compositions les pluscélèbres de Véronèse. Indépendamment de la question de l'attribution de laprésente toile, cette feuille constitue donc un témoignage particulièrementprécieux de l'intérêt porté par le jeune Diziani aux grandes inventionsvéronésiennes.
Cette relation à Véronèse ne fut d'ailleurs passeulement passagère. Une Famille de Darius devant Alexandre, aujourd'huiau Nationalmuseum de Stockholm et attribuée à Diziani, témoigne encore vers1740–1750 de la persistance de ce modèle dans son œuvre. Le musée souligneexplicitement la probable inspiration de Véronèse.
Le rapprochement avec Diziani repose également surla technique picturale visible : rapidité d'exécution, simplificationexpressive des petites physionomies, accents lumineux francs, carnationschaudes et construction des formes par touches. Les sources anciennes etmodernes insistent précisément sur sa grande facilité d'exécution ; AntonioMorassi décrit son pinceau comme large et chargé, tandis que Treccani soulignel'importance de ses bozzetti et de ses dessins préparatoiresparticulièrement vibrants. Un témoignage ancien cité par Christie's qualifie samanière de résolue et rapide, dans le goût de Tintoret.
La datation proposée vers 1710–1720 doitnéanmoins être considérée comme une hypothèse stylistique plutôt que comme unedatation établie. Elle correspond aux années de formation et de premièreactivité de Diziani, période dont les peintures sont précisément maldocumentées.

La redécouverte de Véronèse à Veniseentre le XVIIe et le XVIIIe siècle.

La mort de Paolo Véronèse en 1588 ne met pas fin àson influence à Venise. Ses grandes compositions demeurent visibles dans leséglises et les palais de la cité, tandis que son langage est d'abord perpétuépar son atelier et ses continuateurs. Au cours du XVIIe siècle, son œuvre resteainsi une référence majeure et fait l'objet de copies, de réductions et deréinterprétations.À la charnière des XVIIe et XVIIIe siècles, cethéritage connaît cependant un regain d'intérêt particulièrement marqué.Une nouvelle génération de peintres vénitiens revient à la couleur, à lalumière et à l'ampleur décorative du Cinquecento. Autour de Sebastiano Riccinotamment, l'exemple de Véronèse contribue au renouvellement de la peinturevénitienne et prépare son brillant développement au XVIIIe siècle.Formé à Venise vers 1709–1711, GaspareDiziani appartient précisément à cette génération. Son intérêt pour Véronèseest directement attesté par un dessin daté de 1717, conservé auMetropolitan Museum, dans lequel il reprend la célèbre composition de LaFamille de Darius devant Alexandre. Cette feuille montre que le jeunepeintre étudiait alors directement les grandes inventions véronésiennes.C'est dans ce contexte que peut être replacée laprésente réduction du Saint Sébastien raffermissant la foi de saint Marc etde saint Marcellin conduits au martyre. Le passage de la monumentalecomposition de Véronèse à une toile de 82 × 52 cm suppose une importantesimplification des figures et une grande rapidité d'exécution.
12 800 €

Epoque : 18ème siècle

Style : Louis XIV - Régence

Etat : Très bon état

Matière : Huile sur toile

Longueur : 82 cm, 104 cm avec le cadre

Largeur : 52 cm, 76 cm avec le cadre

Référence (ID) : 1824714

Disponibilité : En stock

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Troyes 10000, France

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