Favier, Paire de burettes en argent massif et vermeil vers 1850
Cette importante paire de burettes de messe avec son plateau est exécutée en argent massif doré, ou vermeil, à Paris au milieu du XIXe siècle par Pierre-Henry Favier. L’ensemble se distingue par la richesse particulièrement généreuse de son décor, caractéristique du renouveau de l’orfèvrerie religieuse sous le Second Empire.
Les deux burettes, de forme balustre, reposent sur un pied circulaire mouluré. Leur panse est abondamment ornée de rinceaux et de motifs végétaux en fort relief, mêlant notamment pampres de vigne, grappes de raisin et autres végétaux symboliquement liés à la célébration eucharistique. Les anses, largement ajourées et mouvementées, sont composées de puissantes volutes feuillagées dans un vocabulaire néo-rocaille. Les couvercles sont eux-mêmes sommés de motifs végétaux et fruitiers.
Le grand plateau ovale reprend cette même ornementation luxuriante. Son aile profondément chantournée est couverte de rinceaux, feuilles et grappes de raisin travaillés au repoussé et à la ciselure. Aux extrémités apparaissent des têtes d’angelots en fort relief, intégrées au décor végétal. L’ensemble témoigne du goût du milieu du XIXe siècle pour une orfèvrerie religieuse spectaculaire, qui abandonne progressivement la rigueur néoclassique du début du siècle au profit d’un répertoire plus abondant puisant dans les styles baroque et rocaille.
Les deux burettes ont une fonction précise dans la célébration de la messe : l’une contient le vin destiné à être versé dans le calice, l’autre l’eau, dont une petite quantité est mêlée au vin au moment de la préparation des dons et qui sert également au lavabo. L’ornementation permet fréquemment de distinguer leur destination respective, notamment par la vigne et les grappes de raisin pour la burette à vin et par les roseaux ou autres plantes aquatiques pour celle destinée à l’eau. Ce vocabulaire se retrouve dans plusieurs ensembles liturgiques de Favier conservés dans les collections publiques. (POP)
Pierre-Henry Favier naît en 1809 dans une famille d’orfèvres originaire de la région lyonnaise. Avec ses frères François, André-Michel et Joseph, il appartient à la première génération de la célèbre dynastie Favier, spécialisée presque exclusivement dans l’orfèvrerie religieuse. La maison familiale est établie à Lyon dans les années 1820 et produit calices, ciboires, ostensoirs, patènes, reliquaires, burettes et autres objets destinés au culte. (Trésor de la Cathédrale d’Amiens)
Pierre-Henry travaille d’abord à Lyon avec ses frères, avant de quitter la ville pour Paris en 1846. Cette année-là, il fait insculper son propre poinçon parisien. Il reprend peu après l’atelier de l’orfèvre Jean-Baptiste Garnier, situé au 9, place Dauphine, puis travaille notamment au 44, quai des Orfèvres. Son poinçon, particulièrement reconnaissable, porte le nom FAVIER en toutes lettres, surmonté et soutenu d’une petite burette accompagnée de grains de remède. Il est insculpé le 12 août 1846. (POP)
Cette marque permet d’identifier avec certitude la branche parisienne des Favier et de la distinguer de la branche lyonnaise, qui emploie principalement des poinçons composés des lettres F associées à un soleil. Pierre-Henry développe à Paris une importante production d’orfèvrerie ecclésiastique et devient l’un des représentants caractéristiques de ce renouveau de l’art religieux français au milieu du XIXe siècle.
Plusieurs œuvres importantes de Pierre-Henry Favier sont aujourd’hui conservées ou recensées dans le patrimoine public français. Le Trésor de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens possède notamment une remarquable chapelle en argent doré datée de 1846, composée d’un calice, d’une patène, d’un plateau, de deux burettes et d’une sonnette. Cet ensemble, propriété de l’État, constitue un remarquable point de comparaison avec la présente paire. (Trésor de la Cathédrale d’Amiens)
L’église Saint-Nicolas de Maisons-Laffitte conserve également une paire de burettes et son plateau par Pierre-Henry Favier, ornés de vigne et de roseaux et portant le même poinçon parisien « FAVIER » entre deux burettes. (POP)
Un autre ensemble de plateau et burettes, daté de 1861, est recensé au titre des Monuments historiques dans les Pyrénées-Atlantiques. Son décor associe rinceaux, raisin, blé, roseaux et têtes d’angelots, et son poinçon est explicitement identifié comme celui de Pierre-Henry Favier, insculpé à Paris en 1846. (POP)
L’Inventaire général et la base des Monuments historiques recensent par ailleurs de nombreux calices, patènes, ciboires, ostensoirs et reliquaires de Pierre-Henry Favier dans les églises françaises, témoignant de l’importance de sa production et de la diffusion considérable de son atelier parisien au cours du XIXe siècle. (POP)
Par la richesse de son décor, son excellente qualité d’exécution et son état de conservation, cette paire de burettes et son plateau constitue ainsi un bel exemple de la grande orfèvrerie religieuse parisienne du milieu du XIXe siècle et de la production de Pierre-Henry Favier, héritier de la tradition lyonnaise des Favier devenu l’un des importants fabricants parisiens d’objets liturgiques de son époque.
Epoque : 19ème siècle
Style : Napoleon III
Etat : Très bon état
Matière : Argent massif
Longueur : 30 cm
Largeur : 18 cm
Hauteur : 14 cm
Référence (ID) : 1810978
Disponibilité : En stock






































