SABRE CONSULAIRE DE TROUPE DE LA MARINE, MODÈLE 1782 MODIFIÉ 1790
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SABRE CONSULAIRE DE TROUPE DE LA MARINE, MODÈLE 1782 MODIFIÉ 1790

RARE FABRICATION DU CONSULAT — 1801-1804


France, Consulat, 1801-1804

Manufacture Nationale de Klingenthal – Coulaux frères entrepreneurs


Acier et laiton

Longueur totale : 72 cm

Longueur de la lame : environ 60 cm

Sans fourreau


Rare sabre réglementaire de troupe de la Marine française, modèle 1782 modifié 1790, particulièrement intéressant par sa fabrication tardive sous le Consulat, entre 1801 et 1804.


L’arme associe en effet une monture réglementaire héritée de la fin de l’Ancien Régime et de la période révolutionnaire à une lame fabriquée à Klingenthal sous l’entreprise des frères Coulaux, dans la courte période où l’établissement porte encore le titre de Manufacture Nationale.


MONTURE


La monture caractéristique de ce modèle de Marine est entièrement réalisée d’une seule pièce en laiton fondu, construction particulièrement robuste adaptée aux conditions du service embarqué.


La poignée présente vingt forts torons ou cannelures transversales. Elle est surmontée d’une calotte en dôme prolongée d’une longue queue et terminée par son bouton de rivure.


La garde à une branche forme un angle droit avec la croisière, celle-ci se prolongeant par un quillon recourbé terminé en pointe.


La monture porte le marquage :


« DEVILLE »


ainsi que plusieurs poinçons de contrôle : un « G », un poinçon figuratif restant à identifier et, élément particulièrement remarquable, une ancre de Marine frappée directement dans le laiton.


LAME DE MARINE


Forte lame en acier, légèrement courbe et à un tranchant.


Elle présente sur chacune de ses deux faces une grande ancre de Marine gravée, élément caractéristique confirmant sa destination au service de la Marine française.


Le dos de la lame porte l’importante inscription cursive :


« Mfture Nale de Klingenthal Coulaux frères Entrepr… »


pour :


« Manufacture Nationale de Klingenthal – Coulaux frères Entrepreneurs ».


Détail rarement conservé, la cravate en feutre rouge est toujours présente à la base de la lame.


UNE DATATION CONSULAIRE : 1801-1804


Le marquage du dos de la lame constitue un élément essentiel pour dater l’arme.


Les frères Jacques et Julien Coulaux deviennent entrepreneurs de la Manufacture de Klingenthal en 1801. Avec l’avènement de l’Empire en 1804, l’établissement prend ensuite le titre de Manufacture Impériale.


La présence simultanée de la mention « Manufacture Nationale » et de « Coulaux frères » permet donc de rattacher la fabrication de cette lame à la courte période comprise entre 1801 et 1804, correspondant au Consulat.


Cette datation donne tout son intérêt à l’exemplaire : un modèle dont l’origine remonte à la Marine de la fin du XVIIIe siècle est encore fabriqué ou assemblé au début du XIXe siècle, au moment où l’armement naval français connaît une importante période de transition.


La remarquable cohérence des marquages renforce cette lecture : marquage DEVILLE, poinçons de contrôle, ancre frappée sur la monture, grandes ancres gravées sur les deux faces de la lame et signature consulaire de la Manufacture Nationale de Klingenthal.


CONTEXTE HISTORIQUE : LA MARINE DU CONSULAT


La fabrication de ce sabre intervient dans une période de réarmement naval particulièrement intense.


Dès le début du Consulat, Bonaparte relance le projet d’une invasion de l’Angleterre et entreprend la constitution d’une immense flottille de bâtiments légers concentrée notamment autour de Boulogne et des ports de la Manche.


Chaloupes canonnières, bateaux canonniers, péniches, prames et bâtiments de transport sont construits en grand nombre. Cette force doit pouvoir embarquer non seulement des dizaines de milliers de soldats, mais également des milliers de marins chargés de manœuvrer et de défendre les bâtiments.


En 1803, cette organisation prend le nom de Flottille Nationale. Arsenaux, chantiers navals et manufactures sont alors sollicités par l’effort considérable d’armement entrepris par le Consulat.


C’est précisément dans ce contexte de mobilisation et de réarmement de la Marine française que la Manufacture Nationale de Klingenthal réalise la lame du présent sabre entre 1801 et 1804.


La coexistence d’une monture réglementaire du modèle 1782 modifié 1790 avec une lame nouvellement fabriquée sous le Consulat illustre parfaitement la continuité des matériels anciens pendant cette période de profonde réorganisation militaire.


Il ne peut naturellement être affirmé, en l’absence d’un marquage d’affectation spécifique, que ce sabre ait appartenu à la Flottille de Boulogne. Sa fabrication est cependant exactement contemporaine de cet immense effort naval.


LE SABRE DE BORD EN SERVICE


Le sabre de bord est avant tout une arme réglementaire de combat, conçue pour être robuste, maniable et efficace dans l’espace restreint d’un bâtiment.


Les armes destinées aux équipages constituent un armement collectif du navire, conservé à bord et distribué aux hommes lorsque les circonstances l’exigent, notamment lors du branle-bas de combat.


Les marins des flottilles ne combattent d’ailleurs pas exclusivement à bord. Ils participent à la protection des côtes, aux escortes, aux opérations contre les embarcations ennemies et peuvent également intervenir à terre.


Cette utilisation intensive explique la relative rareté des exemplaires parvenus jusqu’à nous dans un état de conservation satisfaisant.


ÉTAT DE CONSERVATION


Bel état général pour une arme réglementaire ayant connu le service.


Belle patine ancienne de la monture en laiton. La lame conserve ses deux grandes ancres de Marine gravées et son précieux marquage consulaire de Klingenthal.


Traces d’usage, oxydations et petites piqûres conformes à l’ancienneté et à la fonction de l’arme.


Cravate ancienne en feutre rouge conservée.


Sans fourreau.


COMPARAISONS ET BIBLIOGRAPHIE


Un sabre de troupe de la Marine modèle 1782 modifié 1790 est répertorié dans les archives spécialisées de Bertrand Malvaux.


L’évolution des sabres réglementaires de la Marine française de la fin de l’Ancien Régime à la Révolution, au Consulat puis au Premier Empire est également documentée dans les travaux de référence consacrés à l’armement français, notamment ceux de Michel Pétard.


Le caractère particulièrement intéressant du présent exemplaire réside dans l’association d’une monture réglementaire du modèle 1782 modifié 1790 avec une lame portant la signature :


« Manufacture Nationale de Klingenthal – Coulaux frères Entrepreneurs »


permettant de situer sa fabrication dans la courte période du Consulat, entre 1801 et 1804.


Un rare témoignage de la continuité de l’armement réglementaire de la Marine française au moment du grand réarmement naval entrepris par Bonaparte.


France, Consulat, 1801-1804.

3 850 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Empire - Consulat

Etat : En l'etat

Référence (ID) : 1808401

Disponibilité : En stock

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Mons 7000, Belgique

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