François VION - Pendule au Lion d'époque Louis XVI, Vers 1770 - Bronze Patiné et Doré
Très belle et rare pendule dite « Au Lion » d’époque Louis XVI, exécutée à Paris vers 1770, en bronze finement ciselé, doré au mercure et patiné. Le cadran émaillé est signé « BOUCAUMON À PARIS ».
Ce modèle particulièrement élégant est réalisé d’après un dessin du bronzier François Vion, reçu maître fondeur-ciseleur à Paris en 1764 et comptant parmi les grands bronziers de la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle. Le dessin de cette pendule appartient à un ensemble de modèles de Vion aujourd’hui conservé à la Bibliothèque Jacques Doucet à Paris et publié notamment par Hans Ottomeyer et Peter Pröschel dans Vergoldete Bronzen.
La composition est dominée par un superbe lion en bronze à patine sombre, représenté debout, la tête tournée vers le spectateur. La qualité du modelé est particulièrement sensible dans le traitement de la crinière, du visage et de la musculature. Sur son dos repose le mouvement, logé dans une caisse circulaire en bronze doré richement ornée.
Cette dernière est entourée de frises feuillagées et de motifs rubanés et sommée d’un élégant vase couvert à l’antique, orné de guirlandes et de chutes feuillagées, puis couronné d’une pomme de pin. La finesse de ces ornements et le contraste entre la dorure et la patine profonde du lion donnent à l’ensemble toute sa présence.
Le lion repose sur une base rectangulaire entièrement en bronze doré. Son plateau reçoit un décor finement travaillé tandis que la ceinture est ornée de guirlandes de laurier, suspendues aux angles et réunies au centre autour d’une couronne. L’ensemble repose sur quatre pieds circulaires.
Le cadran en émail blanc, signé « BOUCAUMON À PARIS », indique les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes. Il conserve ses élégantes aiguilles ajourées en bronze doré.
Un modèle documenté dans les grandes collectionsL’intérêt de cette pendule tient également à l'importance historique du modèle créé par François Vion.
Un exemplaire attribué à Vion est aujourd’hui conservé dans les collections du Mobilier national. Une pendule de ce modèle est mentionnée dès 1779 au Palais-Bourbon, dans les collections de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, ce qui témoigne du prestige dont jouissait déjà cette composition au XVIIIᵉ siècle.
D’autres exemplaires ou variantes sont documentés dans d’importantes collections, notamment au Palais de Pavlovsk près de Saint-Pétersbourg. Le musée Jacquemart-André à Paris conserve également une pendule au lion exécutée d’après le modèle de François Vion.
Le modèle est par ailleurs connu avec les signatures de différents horlogers parisiens, pratique parfaitement normale au XVIIIᵉ siècle : le bronzier fournissait la caisse tandis que l’horloger y adaptait son mouvement.
François VionReçu maître fondeur-ciseleur en 1764, François Vion s’illustra particulièrement dans la création de caisses de pendules où le bronze devient véritable sculpture. Figures mythologiques, animaux et compositions allégoriques prennent chez lui une place essentielle et ne constituent plus un simple décor autour du mouvement.
La pendule au lion appartient pleinement à cette production : ici, l'animal devient lui-même le support architectural de l'horloge. La conservation du dessin préparatoire et l'existence de plusieurs exemplaires dans de prestigieuses collections permettent aujourd'hui d'identifier avec précision ce modèle parmi les créations importantes du bronzier.
Un mouvement de chambreParticularité intéressante, la pendule possède un mouvement de chambre sans sonnerie, à suspension à fil. L'absence de mécanisme de sonnerie est donc cohérente avec la destination plus intime de ce type de pendule, conçu pour donner l'heure sans venir troubler une chambre ou un cabinet.
Ses proportions, sa richesse sans lourdeur et la délicatesse de son décor en font précisément une pendule particulièrement séduisante sur une coiffeuse, une commode ou un secrétaire, accompagnée par exemple de bijoux, nécessaires ou objets précieux.
Elle possède quelque chose d'un objet-bijou : le contraste du bronze noir et de la dorure, le lion sculpté, le vase à l'antique et la finesse des petits ornements lui donnent une présence remarquable sans nécessiter les dimensions imposantes d'une grande pendule de salon.
État de conservationLa pendule se présente dans un très bel état de conservation général, particulièrement appréciable pour une pièce d'époque Louis XVI. Les bronzes conservent une très belle qualité de ciselure, une belle dorure au mercure et le lion sa patine ancienne.
Le mouvement d'origine fonctionne, à suspension à fil, et est complet de son balancier.
On signalera simplement un petit éclat à l'émail autour de l'unique orifice de remontage, visible sur les photographies. Celui-ci peut, si souhaité, être confié à un restaurateur spécialisé afin d'être repris dans les règles de l'art ; restauration possible sur demande et sur devis.
Lors du démontage, une petite fleur ciselée sous le socle principal a également été découverte. Probable marque ou repère d'atelier, elle constitue un détail particulièrement intéressant de la fabrication de la pièce, sans que son attribution puisse pour l'heure être affirmée avec certitude. Quelques rondelles de fixation ont été remplacées postérieurement, intervention technique mineure sans incidence sur l'ancienneté de l'ensemble.
Par son époque, la qualité de ses bronzes, son mouvement signé Boucaumon à Paris, son remarquable état de conservation et surtout son modèle directement documenté par un dessin de François Vion, cette pendule constitue un très bel exemple de la grande production parisienne sous Louis XVI.
Une pendule rare sur le marché, dont le modèle est aujourd'hui représenté dans plusieurs collections prestigieuses et qui réunit à la fois l'intérêt d'un véritable objet d'art du XVIIIᵉ siècle et le charme d'une pièce particulièrement décorative.
Paris, époque Louis XVI, vers 1770.
Bronze ciselé, doré au mercure et patiné.
Cadran signé « BOUCAUMON À PARIS ».
Modèle d'après François Vion, maître en 1764.
Mouvement de chambre à suspension à fil, sans sonnerie.
Hans Ottomeyer & Peter Pröschel, Vergoldete Bronzen, Munich, 1986, vol. I, p. 193.
Jean-Dominique Augarde, Les Ouvriers du Temps, Genève, 1996.
Giacomo & Aurelia Wannenes, Les plus belles pendules françaises de Louis XIV à l'Empire, Florence, 2013
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XVI - Directoire
Etat : Bon état
Matière : Bronze
Hauteur : 29 cm
Référence (ID) : 1806690
Disponibilité : En stock






































