BÉNITIER EN ARGENT MASSIF
Bruxelles, vers 1690, Pays-Bas espagnols, Johannes Du Ry, maître orfèvre
Rare bénitier mural en argent massif réalisé à Bruxelles à la fin du XVIIᵉ siècle par le maître orfèvre Johannes Du Ry, dont le poinçon RD est conservé sur la paroi du réservoir.
L’ensemble est composé d’une croix latine surmontant un réservoir hexagonal muni de son couvercle articulé, destiné à recevoir l’eau bénite. Par l’équilibre de sa composition et la richesse de son décor, cette œuvre constitue un remarquable témoignage de l’orfèvrerie religieuse bruxelloise de la fin du XVIIᵉ siècle.
La croix, soulignée de fils torsadés et de fines frises ondulées rapportées, est ornée de rinceaux feuillagés gravés sur fond amati. Le Christ, fondu puis entièrement repris au ciselet, se détache en fort relief devant un nimbe rayonnant gravé. Son anatomie élancée, le traitement du périzonium et l’expressivité du visage s’inscrivent pleinement dans le vocabulaire du baroque des anciens Pays-Bas méridionaux. Le titulus INRI, intégré dans un cartouche, complète la composition.
Le réservoir, de plan hexagonal, présente une architecture particulièrement élaborée. Chacun des panneaux est encadré de moulures et décoré d’un motif floral stylisé, tandis que le couvercle reprend un décor rayonnant gravé. La cuve repose sur un culot facetté terminé par un élégant fleuron végétal fondu et ciselé. Par sa composition à pans coupés, l’ensemble évoque l’architecture des chaires de vérité brabançonnes de la seconde moitié du XVIIᵉ siècle.
L’intérieur du réservoir, entièrement réalisé en argent massif, présente un fond facetté convergeant vers un léger ombilic central, révélant le soin apporté aux parties invisibles de l’objet. Cette qualité d’exécution témoigne d’un atelier de tout premier ordre.
Le revers, volontairement sobre, conserve son système de suspension d’origine ainsi que le poinçon de maître RD de Johannes Du Ry.
Le bénitier mural occupait une place essentielle dans la dévotion privée des familles catholiques. Suspendu près d’un lit, d’une porte ou dans un oratoire domestique, il permettait de se signer avec l’eau bénite au lever, au coucher ou avant de quitter la maison. Son développement s’inscrit dans le contexte de la Contre-Réforme, qui réaffirma l’importance des images sacrées et des sacramentaux dans la vie quotidienne.
Les bénitiers domestiques en argent des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles sont aujourd’hui peu fréquents. Les exemplaires bruxellois conservés sont rares et les œuvres attribuables à Johannes Du Ry apparaissent très peu sur le marché comme dans les collections publiques actuellement accessibles. À titre de comparaison, le Musée de la Ville de Bruxelles conserve un bénitier domestique en argent réalisé en 1732 par Petrus Augustinus Ivens, tandis qu’un bénitier bruxellois de 1753 est passé en vente chez Christie’s. Notre exemplaire est plus ancien et appartient à une génération d’orfèvres antérieure.
Bruxelles, fin du XVIIᵉ siècle.
Epoque : 17ème siècle
Style : Louis XIV - Régence
Etat : Très bon état
Matière : Argent massif
Référence (ID) : 1803724
Disponibilité : En stock






































