Nécessaire de voyage d'époque Consulat en loupe d'if –étiquette « Marquis de Pommereu ».
Nécessaire de voyage d'époque Consulat en loupe d'if –étiquette « Marquis de Pommereu ».  -photo-2
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Nécessaire de voyage d'époque Consulat en loupe d'if –étiquette « Marquis de Pommereu ».

Rare et très intéressant nécessaire de voyage d'époque Consulat, réalisé vers 1800-1805. Revêtu d'un somptueux placage de loupe d'if, essence particulièrement recherchée sous le Consulat et l'Empire, ce coffret illustre le plus haut niveau de qualité atteint par les ateliers parisiens spécialisés dans la tabletterie de luxe au début du XIXᵉ siècle. Par la richesse de son équipement, la sophistication de son aménagement intérieur et l'excellence de sa fabrication, il s'inscrit parmi les réalisations les plus abouties de cette période.

Un élément historique particulièrement intéressant réside dans l'ancienne étiquette conservée au revers du miroir. Imprimée au nom de la Maison Degraux, alors établie 51 rue Sainte-Anne à Paris, elle porte la mention manuscrite « Marquis de Pommereu ». Les recherches généalogiques entreprises montrent que les graphies Pomereu, Pommereuil, Pommereul ou encore Pommereux désignent une même ancienne famille de noblesse française. Elles permettent de rapprocher cette mention de Michel-Marie de Pomereu (1779-1863), marquis de Pomereu, qui épousera en 1810 Étiennette d'Aligre, dernière héritière de l'une des plus prestigieuses familles du royaume.

La chronologie correspond parfaitement à celle du nécessaire, dont l'orfèvrerie est datée entre 1798 et 1809 grâce aux poinçons du faisceau de licteur et du coq au premier titre. À cette concordance chronologique s'ajoutent la qualité tout à fait exceptionnelle de la tabletterie, l'emploi d'une luxueuse loupe d'if, les garnitures en argent vermeillé, les accessoires montés en nacre sculptée, les ingénieux compartiments secrets, la serrure à canon trèfle conservée avec sa clé d'origine ainsi que le caractère manifestement prestigieux de l'ensemble. Tous ces éléments constituent un faisceau d'indices particulièrement cohérent, laissant envisager que ce nécessaire ait pu être réalisé pour un membre de cette illustre famille, Michel-Marie de Pomereu apparaissant aujourd'hui comme le candidat le plus vraisemblable. En l'absence d'un document d'archives établissant formellement cette provenance, cette identification demeure toutefois présentée comme une hypothèse historiquement argumentée.

Le coffret est entièrement plaqué d'une remarquable loupe d'if (Taxus baccata). Cette essence, aujourd'hui peu commune, connaît un véritable engouement sous le Consulat en raison du Blocus continental. Son décor caractéristique, ponctué des célèbres « grains de poivre », est parfaitement identifiable et correspond aux placages employés sur plusieurs réalisations documentées de Martin-Guillaume Biennais, Jacob-Desmalter, Pierre-Philippe Thomire ou encore Adam Weisweiler. Les différentes feuilles ont été soigneusement sélectionnées afin d'obtenir une parfaite continuité du veinage sur l'ensemble des faces du coffret.

Les angles sont protégés par d'importantes garnitures de laiton finement ajustées. Les poignées de transport sont élégamment encastrées dans les côtés, disposition caractéristique des coffrets de voyage de cette période, alliant solidité, élégance et facilité de transport. Le couvercle reçoit un important écusson en forme de bouclier gravé d'un monogramme « P », tandis que la façade présente une remarquable serrure à canon trèfle, entièrement d'origine, fonctionnant parfaitement avec sa clé d'origine.

L'intérieur révèle un niveau de finition exceptionnel. Il est entièrement gainé d'un maroquin vert richement doré au petit fer, composé de filets, semis d'étoiles et frises néoclassiques exécutés avec une remarquable finesse. Le grand miroir, entièrement amovible, repose sur un élégant petit piètement permettant de le transformer en véritable psyché de table, détail particulièrement raffiné caractéristique des nécessaires les plus élaborés. Une fois le miroir retiré, on constate qu'aucun compartiment n'a été aménagé dans le couvercle, celui-ci ayant été entièrement consacré à cet ingénieux système.

Le coffret conserve un remarquable ensemble d'accessoires d'origine comprenant notamment deux flacons en cristal taillé, plusieurs boîtes en argent vermeillé, un grand bassin ovale en argent reposant sur son support, une cuillère, une fourchette et un couteau aux magnifiques manches en nacre sculptée, deux brosses, un grattoir, différents instruments de toilette, un porte-crayon gainé de maroquin rouge ainsi qu'une clé universelle de remontage de montres à plusieurs embouts, destinée à s'adapter aux différents carrés de remontage des montres de poche. Cet accessoire, aujourd'hui peu courant, témoigne à lui seul du degré de sophistication de cet ensemble, conçu pour répondre à tous les besoins de son propriétaire durant ses déplacements.

Les accessoires d'orfèvrerie, réalisés en argent et argent vermeillé, portent les poinçons réglementaires de la période 1798-1809, notamment le faisceau de licteur ainsi que le coq au premier titre. L'ensemble apparaît particulièrement homogène et témoigne d'une réalisation contemporaine du coffret.

L'un des aspects les plus remarquables de ce nécessaire réside dans son ingénieux système de compartiments secrets. Après avoir retiré le bassin ovale en argent, un discret poussoir dissimulé permet de libérer un tiroir latéral entièrement réalisé en acajou massif, assemblé à queues d'aronde d'une remarquable finesse. Ce tiroir renferme une tablette d'écriture amovible ainsi que plusieurs compartiments destinés aux effets personnels. Une fois entièrement extrait, il révèle un second compartiment secret, totalement invisible lorsque le tiroir est en place, destiné à recevoir papiers confidentiels, bijoux ou valeurs. La qualité de ces mécanismes et la précision de leur exécution illustrent parfaitement le savoir-faire des meilleurs tabletiers parisiens de cette époque.

Si ce coffret ne porte aucune signature, sa conception générale, l'emploi de la loupe d'if, la qualité de sa tabletterie, l'organisation particulièrement rationnelle de son intérieur, ses compartiments secrets, son système de fermeture ainsi que le raffinement de son aménagement évoquent directement les productions des grands marchands-tabletiers parisiens, dont Martin-Guillaume Biennais demeure aujourd'hui la figure emblématique. Les recherches consacrées à cet artisan montrent d'ailleurs que nombre de ses nécessaires étaient réalisés avec le concours de tabletiers, ébénistes, orfèvres et couteliers spécialisés, avant d'être commercialisés sous son enseigne. Cette organisation explique que certains nécessaires de tout premier ordre ne portent pas systématiquement de signature tout en présentant un niveau de qualité comparable.

Par la qualité de ses matériaux, la richesse de son équipement, la sophistication de sa conception, son remarquable état de conservation et les recherches historiques qu'il a suscitées, ce nécessaire de voyage constitue un témoignage particulièrement précieux de l'art de vivre de la haute société française sous le Consulat, illustrant tout le raffinement des grandes productions parisiennes des premières années du XIXᵉ siècle.

Dimensions (coffret fermé) :
Hauteur : 14 cm
Largeur : 31,7 cm
Profondeur : 22,5 cm
4 000 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Empire - Consulat

Etat : Etat d'usage

Matière : Bois marqueterie

Référence (ID) : 1790254

Disponibilité : En stock

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3 grande rue
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