Bibliothèque trois-quarts d'époque Régence en placage de palissandre, remaniée au XIXe siècle.
Cette importante bibliothèque trois-quarts appartient à la production parisienne de la période Régence, moment de transition particulièrement fécond dans l'histoire du mobilier français durant lequel la rigueur architecturale héritée du règne de Louis XIV s'assouplit progressivement pour annoncer les formes du style Louis XV.
Le meuble ouvre par deux portes cintrées découvrant un intérieur aménagé de trois tablettes réglables. Sa silhouette est animée par une corniche moulurée, des angles adoucis soulignés de cannelures de laiton ainsi que par une ornementation de bronze doré. L'ensemble conserve cette alliance caractéristique du mobilier Régence où la symétrie demeure fondamentale tandis que le décor s'enrichit progressivement de courbes, d'enroulements et de motifs inspirés du monde végétal.
Le placage est réalisé en palissandre, essence exotique parmi les plus appréciées des ébénistes parisiens du premier tiers du XVIIIe siècle. Utilisé aussi bien sous la Régence qu'au début du règne de Louis XV, ce bois se distingue par la richesse de ses veinages et la profondeur de ses contrastes naturels. L'ébéniste a choisi ici de mettre en valeur les qualités propres du matériau plutôt que de recourir à une marqueterie complexe. Les côtés reçoivent un placage de palissandre composé de feuilles soigneusement raccordées entre elles, formant deux ensembles symétriques disposés à livre ouvert autour d'un axe central.
L'étude de sa construction révèle un bâti intégralement exécuté en résineux. Les recherches consacrées aux grands ateliers parisiens du premier tiers du XVIIIe siècle, notamment celles portant sur l'œuvre de Charles Cressent, ont montré l'emploi fréquent du sapin et d'autres résineux dans la réalisation des carcasses destinées à recevoir les placages précieux. L'ancienneté des bois employés est parfaitement lisible à travers les traces d'outils manuels, les sillages et la patine générale observables sur l'ensemble de la structure.
Entièrement démontable, la bibliothèque est constituée d'un socle, de deux panneaux latéraux, de deux portes, ainsi que d'un fond composé de deux grands panneaux répartis de part et d'autre d'une large traverse intermédiaire. L'ensemble est coiffé d'une corniche moulurée formant le couronnement du meuble. La structure est maintenue par quatre tirants de fer forgé anciens. Ce mode de construction démontable est fréquemment rencontré sur les meubles importants de la période et facilitait leur transport ainsi que leur remontage.
L'intérieur conserve ses crémaillères anciennes taillées directement dans le bois permettant de modifier la hauteur des tablettes. Ce dispositif est caractéristique des armoires-bibliothèques du XVIIIe siècle. Les chants des étagères sont plaqués et la tablette centrale présente une découpe en arbalète, forme particulièrement représentative du vocabulaire décoratif de la Régence.
La serrurerie mérite également d'être signalée. Le meuble conserve une importante serrure à crémones permettant le verrouillage du vantail principal en partie haute et basse ainsi qu'une espagnolette forgée destinée à condamner le second vantail. Ces éléments sont caractéristiques des systèmes de fermeture employés sur les meubles de qualité du premier tiers du XVIIIe siècle.
L'examen attentif du meuble montre qu'il a fait l'objet d'une campagne de restauration et d'adaptation au cours du XIXe siècle. Les charnières actuellement en place sont postérieures à l'époque de fabrication, de même que les vitrages anciens et leurs parcloses de maintien. Les portes pourraient avoir été initialement grillagées, disposition fréquemment rencontrée sur les bibliothèques parisiennes de la Régence, avant d'être vitrées lors de cette remise au goût du jour.
Quelques reprises anciennes au placage sont également visibles. L'intérieur des panneaux latéraux conserve plusieurs interventions de conservation réalisées selon les pratiques traditionnelles de l'ébénisterie. Ces travaux, consistant à encastrer des pièces de bois dans l'épaisseur des panneaux afin de stabiliser certains mouvements naturels du bois, témoignent d'un entretien ancien et soigné du meuble tout en préservant les éléments d'origine. Les étagères ont elles aussi vraisemblablement fait l'objet de modifications anciennes.
Certains bronzes décoratifs ont été remplacés ou complétés au cours de cette campagne de restauration du XIXe siècle. Les bronzes que nous considérons comme anciens sont principalement les chutes d'angles, les sabots ainsi que les entrées de serrure. Ces différentes interventions n'altèrent pas la lecture générale du meuble mais participent à l'histoire de sa conservation.
Cette bibliothèque appartient à la famille des armoires-bibliothèques trois-quarts décrites dans la littérature spécialisée. Plus légère qu'une grande bibliothèque à deux corps, elle était destinée à recevoir aussi bien des livres que des porcelaines, bronzes, objets de curiosité ou pièces de collection présentées dans les appartements de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie.
Par son architecture, l'emploi du palissandre, sa construction démontable, la conservation de ses ferrures anciennes et ses proportions équilibrées, cette bibliothèque constitue un témoignage représentatif du mobilier parisien de la Régence. Elle illustre parfaitement cette période de transition où la monumentalité héritée du Grand Siècle évolue progressivement vers davantage de souplesse et d'élégance, donnant naissance à certaines des réalisations les plus raffinées de l'ébénisterie française du XVIIIe siècle.
Dimensions :
Hauteur : 173 cm
Largeur : 148 cm
Profondeur : 39 cm
Le meuble ouvre par deux portes cintrées découvrant un intérieur aménagé de trois tablettes réglables. Sa silhouette est animée par une corniche moulurée, des angles adoucis soulignés de cannelures de laiton ainsi que par une ornementation de bronze doré. L'ensemble conserve cette alliance caractéristique du mobilier Régence où la symétrie demeure fondamentale tandis que le décor s'enrichit progressivement de courbes, d'enroulements et de motifs inspirés du monde végétal.
Le placage est réalisé en palissandre, essence exotique parmi les plus appréciées des ébénistes parisiens du premier tiers du XVIIIe siècle. Utilisé aussi bien sous la Régence qu'au début du règne de Louis XV, ce bois se distingue par la richesse de ses veinages et la profondeur de ses contrastes naturels. L'ébéniste a choisi ici de mettre en valeur les qualités propres du matériau plutôt que de recourir à une marqueterie complexe. Les côtés reçoivent un placage de palissandre composé de feuilles soigneusement raccordées entre elles, formant deux ensembles symétriques disposés à livre ouvert autour d'un axe central.
L'étude de sa construction révèle un bâti intégralement exécuté en résineux. Les recherches consacrées aux grands ateliers parisiens du premier tiers du XVIIIe siècle, notamment celles portant sur l'œuvre de Charles Cressent, ont montré l'emploi fréquent du sapin et d'autres résineux dans la réalisation des carcasses destinées à recevoir les placages précieux. L'ancienneté des bois employés est parfaitement lisible à travers les traces d'outils manuels, les sillages et la patine générale observables sur l'ensemble de la structure.
Entièrement démontable, la bibliothèque est constituée d'un socle, de deux panneaux latéraux, de deux portes, ainsi que d'un fond composé de deux grands panneaux répartis de part et d'autre d'une large traverse intermédiaire. L'ensemble est coiffé d'une corniche moulurée formant le couronnement du meuble. La structure est maintenue par quatre tirants de fer forgé anciens. Ce mode de construction démontable est fréquemment rencontré sur les meubles importants de la période et facilitait leur transport ainsi que leur remontage.
L'intérieur conserve ses crémaillères anciennes taillées directement dans le bois permettant de modifier la hauteur des tablettes. Ce dispositif est caractéristique des armoires-bibliothèques du XVIIIe siècle. Les chants des étagères sont plaqués et la tablette centrale présente une découpe en arbalète, forme particulièrement représentative du vocabulaire décoratif de la Régence.
La serrurerie mérite également d'être signalée. Le meuble conserve une importante serrure à crémones permettant le verrouillage du vantail principal en partie haute et basse ainsi qu'une espagnolette forgée destinée à condamner le second vantail. Ces éléments sont caractéristiques des systèmes de fermeture employés sur les meubles de qualité du premier tiers du XVIIIe siècle.
L'examen attentif du meuble montre qu'il a fait l'objet d'une campagne de restauration et d'adaptation au cours du XIXe siècle. Les charnières actuellement en place sont postérieures à l'époque de fabrication, de même que les vitrages anciens et leurs parcloses de maintien. Les portes pourraient avoir été initialement grillagées, disposition fréquemment rencontrée sur les bibliothèques parisiennes de la Régence, avant d'être vitrées lors de cette remise au goût du jour.
Quelques reprises anciennes au placage sont également visibles. L'intérieur des panneaux latéraux conserve plusieurs interventions de conservation réalisées selon les pratiques traditionnelles de l'ébénisterie. Ces travaux, consistant à encastrer des pièces de bois dans l'épaisseur des panneaux afin de stabiliser certains mouvements naturels du bois, témoignent d'un entretien ancien et soigné du meuble tout en préservant les éléments d'origine. Les étagères ont elles aussi vraisemblablement fait l'objet de modifications anciennes.
Certains bronzes décoratifs ont été remplacés ou complétés au cours de cette campagne de restauration du XIXe siècle. Les bronzes que nous considérons comme anciens sont principalement les chutes d'angles, les sabots ainsi que les entrées de serrure. Ces différentes interventions n'altèrent pas la lecture générale du meuble mais participent à l'histoire de sa conservation.
Cette bibliothèque appartient à la famille des armoires-bibliothèques trois-quarts décrites dans la littérature spécialisée. Plus légère qu'une grande bibliothèque à deux corps, elle était destinée à recevoir aussi bien des livres que des porcelaines, bronzes, objets de curiosité ou pièces de collection présentées dans les appartements de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie.
Par son architecture, l'emploi du palissandre, sa construction démontable, la conservation de ses ferrures anciennes et ses proportions équilibrées, cette bibliothèque constitue un témoignage représentatif du mobilier parisien de la Régence. Elle illustre parfaitement cette période de transition où la monumentalité héritée du Grand Siècle évolue progressivement vers davantage de souplesse et d'élégance, donnant naissance à certaines des réalisations les plus raffinées de l'ébénisterie française du XVIIIe siècle.
Dimensions :
Hauteur : 173 cm
Largeur : 148 cm
Profondeur : 39 cm
4 800 €
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XIV - Régence
Etat : Restauré
Matière : Bois marqueterie
Référence (ID) : 1776943
Disponibilité : En stock
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