XVIe siècle, Figure en armure avec le lion
XVIe siècle
Figure en armure avec le lion
Marbre, cm alt. 56 x 17 x 16,5
L’œuvre en question, une sculpture de marbre raffinée qui fait référence à la manufacture du nord de l’Italie au XVIe siècle, incarne parfaitement la synthèse des sensibilités formelles de la fin de la Renaissance et du maniérisme. La figure, caractérisée par une pose sinueuse et élégante, est représentée dans les traits d’un guerrier aux traits somatiques nettement jeunes et éfébiques, encadrés par une chevelure mouvante qui sort d’un casque élaboré poussé à l’ancienne. Le net contraste entre la physionomie presque enfantine et l’appareil militaire de la robe, uni à la présence iconographique du lion accroupi aux pieds du personnage, ouvre la voie à une double et fascinante clé de lecture, équitablement divisée entre la sphère du sacré et celle du profane. Dans le sillage de l’interprétation religieuse, la sculpture s’insère avec cohérence dans la vaste production du XVIe siècle de monuments d’autels ou d’apparats dévotionnels dédiés aux saints martyrs de la tradition romaine. La délicatesse du visage et l’absence de barbe suggèrent immédiatement la figure d’un saint jeune qui a fait face au martyre à un jeune âge. Dans ce contexte, une des hypothèses les plus solides conduit à saint Venanzio di Camerino, traditionnellement représenté comme un noble adolescent en armure romaine qui, selon l’hagiographie, a prodigieusement rassemblé les lions dans l’amphithéâtre, qui se sont accroupis à ses pieds au lieu de le découper. Cependant, l’enracinement géographique possible dans le nord de l’Italie invite à considérer avec autant de force la figure de saint Mamete, un jeune pasteur et martyr très vénéré en région lombarde et tessinoise, célèbre pour sa totale communion avec les bêtes féroces et souvent représenté à côté d’un lion, symbole de la violence du monde païen apprivoisé par la pureté de la foi chrétienne. Dans les deux lectures sacrées, la mutilation du bras gauche - qui abritait autrefois probablement une greffe à pivot pour soutenir la palme du martyre, l’étendard ou le modèle d’une ville protégée - a malheureusement privé l’œuvre de ses attributs chrétiens les plus explicites. En même temps, l’œuvre se prête à une interprétation profane tout aussi suggestive, liée à la commande privée des cours et des palais nobles padans ou vénitiens, où le mythe de l’antiquité classique servait de véhicule de célébration dynastique ou allégorique. Le casque finement décoré et la cuirasse rappellent les armures de parade « à l’héroïque » en vogue au XVIe siècle, utilisées par les sculpteurs pour donner corps aux divinités et aux héros du mythe. La statue pourrait donc représenter un jeune Mars, dieu de la guerre appréhendé dans un moment d’arrêt et dépouillé de sa férocité habituelle mûre, ou Achille, le héros homérique par excellence, célébré pour sa beauté aristocratique et son courage. Il ne faut pas exclure, enfin, l’identification avec Alexandre le Grand, dont la jeunesse légendaire et la descendance mythique d’Hercule étaient souvent exaltées en rapprochant sa figure du lion, non plus comme une bête miraculeuse, mais comme un emblème de royauté, de force d’âme (virtus) et une domination incontestée sur la nature et les peuples conquis.
Figure en armure avec le lion
Marbre, cm alt. 56 x 17 x 16,5
L’œuvre en question, une sculpture de marbre raffinée qui fait référence à la manufacture du nord de l’Italie au XVIe siècle, incarne parfaitement la synthèse des sensibilités formelles de la fin de la Renaissance et du maniérisme. La figure, caractérisée par une pose sinueuse et élégante, est représentée dans les traits d’un guerrier aux traits somatiques nettement jeunes et éfébiques, encadrés par une chevelure mouvante qui sort d’un casque élaboré poussé à l’ancienne. Le net contraste entre la physionomie presque enfantine et l’appareil militaire de la robe, uni à la présence iconographique du lion accroupi aux pieds du personnage, ouvre la voie à une double et fascinante clé de lecture, équitablement divisée entre la sphère du sacré et celle du profane. Dans le sillage de l’interprétation religieuse, la sculpture s’insère avec cohérence dans la vaste production du XVIe siècle de monuments d’autels ou d’apparats dévotionnels dédiés aux saints martyrs de la tradition romaine. La délicatesse du visage et l’absence de barbe suggèrent immédiatement la figure d’un saint jeune qui a fait face au martyre à un jeune âge. Dans ce contexte, une des hypothèses les plus solides conduit à saint Venanzio di Camerino, traditionnellement représenté comme un noble adolescent en armure romaine qui, selon l’hagiographie, a prodigieusement rassemblé les lions dans l’amphithéâtre, qui se sont accroupis à ses pieds au lieu de le découper. Cependant, l’enracinement géographique possible dans le nord de l’Italie invite à considérer avec autant de force la figure de saint Mamete, un jeune pasteur et martyr très vénéré en région lombarde et tessinoise, célèbre pour sa totale communion avec les bêtes féroces et souvent représenté à côté d’un lion, symbole de la violence du monde païen apprivoisé par la pureté de la foi chrétienne. Dans les deux lectures sacrées, la mutilation du bras gauche - qui abritait autrefois probablement une greffe à pivot pour soutenir la palme du martyre, l’étendard ou le modèle d’une ville protégée - a malheureusement privé l’œuvre de ses attributs chrétiens les plus explicites. En même temps, l’œuvre se prête à une interprétation profane tout aussi suggestive, liée à la commande privée des cours et des palais nobles padans ou vénitiens, où le mythe de l’antiquité classique servait de véhicule de célébration dynastique ou allégorique. Le casque finement décoré et la cuirasse rappellent les armures de parade « à l’héroïque » en vogue au XVIe siècle, utilisées par les sculpteurs pour donner corps aux divinités et aux héros du mythe. La statue pourrait donc représenter un jeune Mars, dieu de la guerre appréhendé dans un moment d’arrêt et dépouillé de sa férocité habituelle mûre, ou Achille, le héros homérique par excellence, célébré pour sa beauté aristocratique et son courage. Il ne faut pas exclure, enfin, l’identification avec Alexandre le Grand, dont la jeunesse légendaire et la descendance mythique d’Hercule étaient souvent exaltées en rapprochant sa figure du lion, non plus comme une bête miraculeuse, mais comme un emblème de royauté, de force d’âme (virtus) et une domination incontestée sur la nature et les peuples conquis.
3 800 €
Epoque : 16ème siècle
Style : Autre style
Etat : Bon état
Matière : Marbre
Largeur : 17
Hauteur : 56
Profondeur : 16,5
Référence (ID) : 1786558
Disponibilité : En stock
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