Courtrai 1814-1818, paire de flambeaux aux têtes de Mamelouks, argent massif , orfèvre Desmit
Courtrai 1814-1818, paire de flambeaux aux têtes de Mamelouks, argent massif , orfèvre Desmit -photo-2
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Courtrai 1814-1818, paire de flambeaux aux têtes de Mamelouks, argent massif , orfèvre Desmit

Artiste : Jacques Desmit (1760-1818)

Paire de flambeaux « aux têtes de Mamelouks »

Jacques Desmit, Courtrai, vers 1814-1818

Remarquable paire de flambeaux d’époque Empire en argent massif, portant les poinçons de garantie du bureau de Courtrai en usage entre 1814 et 1831. Le poinçon de maître est attribuable à Jacques Desmit, orfèvre courtraisien déjà actif sous l’Ancien Régime. La mort de celui-ci, survenue en 1818, permet de resserrer la datation de ces pièces aux premières années de la période de garantie, soit entre 1814 et 1818.

Reposant sur une base circulaire moulurée, chaque flambeau présente un fût cannelé rythmé par un nœud sculptural sous lequel apparaissent trois têtes de guerriers orientaux. Ce décor, traditionnellement qualifié d’« aux têtes de Mamelouks », s’inscrit pleinement dans le vocabulaire ornemental de l’Empire. Il associe la rigueur architecturale héritée de l’Antiquité — cannelures, symétrie et ordonnance monumentale — à l’imaginaire égyptien et oriental diffusé en Europe à la suite de l’expédition conduite par Bonaparte en Égypte entre 1798 et 1801.

Les Mamelouks étaient à l’origine des soldats-esclaves formant une puissante aristocratie militaire dans plusieurs États du monde islamique. En Égypte, bien que le pays relevât officiellement de l’Empire ottoman, les beys mamelouks exerçaient encore une autorité politique et militaire considérable à la fin du XVIIIᵉ siècle. Réputés pour leur maîtrise de l’équitation et du combat au sabre, leurs cavaliers affrontèrent l’armée française, notamment lors de la bataille des Pyramides, le 21 juillet 1798.
Après l’évacuation française de l’Égypte, des militaires et réfugiés originaires d’Égypte, de Syrie, de Géorgie ou d’Arménie furent progressivement regroupés en France. Une compagnie de Mamelouks fut constituée en 1802, puis rattachée au régiment des chasseurs à cheval de la Garde consulaire, devenue Garde impériale en 1804.

Ces cavaliers d’élite ne remplirent pas seulement une fonction d’apparat. Ils participèrent activement aux campagnes napoléoniennes et combattirent notamment à Austerlitz, Eylau, Madrid, Wagram, La Moskova et durant la campagne de France. Employés comme cavalerie légère, ils pouvaient assurer des missions de reconnaissance, d’escorte et de liaison, mais aussi prendre part aux charges et à la poursuite de l’ennemi. Leur présence en tête des cortèges impériaux avait parallèlement une forte valeur symbolique : leurs uniformes vivement colorés, leurs armes orientales et leurs riches harnachements évoquaient l’expédition d’Égypte et contribuaient à la mise en scène de la puissance et du prestige du régime.

Il convient enfin de distinguer cette unité militaire de la figure de Roustam Raza, le célèbre Mamelouk personnel de Napoléon. Originaire de Géorgie et offert à Bonaparte au Caire en 1799, Roustam fut avant tout son garde du corps et son serviteur particulier. Il suivait l’Empereur dans ses déplacements, veillait sur ses appartements et participait aux cérémonies officielles dans une tenue orientale particulièrement spectaculaire. Son image, largement diffusée, contribua fortement à populariser la figure du Mamelouk dans les arts décoratifs du Premier Empire.

Par leur décor savamment ordonné, ces flambeaux témoignent ainsi de la persistance du goût Empire dans les anciens départements belges après la chute de Napoléon. Les têtes de Mamelouks ne constituent pas de simples ornements pittoresques : elles renvoient à un imaginaire politique et militaire dans lequel se mêlent le souvenir de la campagne d’Égypte, l’exotisme oriental et l’évocation de la Garde impériale. L’élégance de la composition, la qualité de la ciselure et la précision de leur datation font de cette paire un précieux exemple de l’orfèvrerie courtraisienne du début du XIXᵉ siècle.
Leur poids 750 grammes pour la paire.



2 150 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Empire - Consulat

Etat : Très bon état

Matière : Argent massif

Diamètre : le pied 14 cm

Hauteur : 28 cm

Référence (ID) : 1782388

Disponibilité : En stock

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Ian Panné
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