Bruges 1734, théière en argent massif, Ioannes Hermans , Louis XV
Rare théière brugeoise en argent, 1734-1735
Élégante théière en argent réalisée à Bruges sous l’Ancien Régime, par le maître orfèvre Joannes Hermans, également connu sous le nom de Jan Hermans. Elle porte le poinçon de la ville de Bruges ainsi que la lettre-date S, correspondant aux années 1734-1735.
Reposant sur un fond plat, son corps généreusement pansu est animé de larges côtes verticales qui soulignent avec grâce sa silhouette mouvementée. L’épaulement resserré s’élève vers un couvercle à charnière, coiffé d’une prise tournée en bois noirci. L’anse, également sculptée dans un bois sombre, forme une courbe ample et équilibrée, contrastant avec l’éclat lumineux de l’argent.
La pièce se distingue surtout par son remarquable bec verseur zoomorphe, traité sous la forme d’une tête de chimère. Son long col nerveux, enrichi de détails gravés évoquant un plumage ou des écailles, s’achève par une gueule entrouverte surmontée d’un museau expressif. Cet élément fantastique confère à la théière une présence presque vivante et témoigne de la virtuosité ainsi que de l’imagination des orfèvres brugeois du XVIIIᵉ siècle.
Avec ses proportions harmonieuses, ses surfaces polies aux reflets changeants et son décor à la fois sobre et spectaculaire, cette théière constitue un très bel exemple de l’orfèvrerie civile de Bruges. Ses légères usures, rayures, petits chocs et anciennes traces de restauration racontent près de trois siècles d’existence sans altérer son caractère exceptionnel. Elle mesure 18,5 cm de hauteur pour un poids brut de 631 grammes.
La pièce peut être rapprochée d’une théière brugeoise vers 1730 conservée au Domaine du Château de Seneffe, ainsi que d’une théière de Joannes Van den Kerkhove datée de 1731-1732, signe de son appartenance à une production brugeoise prestigieuse et particulièrement recherchée.
La famille Hermans, un cas d’école de la place des veuves dans les métiers d’art
Cette pièce fut réalisée du vivant de Joannes I Hermans, orfèvre d’origine anversoise reçu maître à Bruges en 1726. Sa mort, survenue en 1745, ne mit cependant pas fin à l’activité de l’atelier familial.
Sa veuve, Theresia Judoca Beaucourt, poursuivit le métier en son propre nom. Elle utilisa d’abord le poinçon de son mari défunt, puis prêta le serment réglementaire en 1750, comme les maîtres orfèvres masculins, et fit enregistrer son propre poinçon. Elle continua dès lors à produire sous cette marque personnelle.
Le parcours de Theresia Beaucourt montre que le statut de veuve de maître ne correspondait pas nécessairement à une simple période de transition dans l’attente d’un héritier masculin. Son fils, Joannes II Hermans, fut admis à la maîtrise en 1753, mais sa mère ne lui céda pas pour autant son activité. Elle continua à travailler pendant près de trente ans, reçut encore un apprenti dans son atelier en 1761 et employa son poinçon jusqu’à la fin de sa vie, en 1781.
La famille Hermans constitue ainsi un cas particulièrement révélateur de la place que certaines veuves pouvaient occuper dans le monde des corporations : non pas seulement gardiennes temporaires d’un atelier, mais véritables professionnelles, reconnues par le métier, capables de prêter serment, d’enregistrer leur propre marque, de former des apprentis et de poursuivre durablement une production indépendante.
La théiere pèse 647 grammes
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XIV - Régence
Etat : Très bon état
Matière : Argent massif
Référence (ID) : 1785280
Disponibilité : En stock






































