Commode d'entre-deux Louis XVI en vernis noir chinoisant, estampille apocryphe Popsel.
Élégante commode d'entre-deux de forme demi-lune ouvrant par trois vantaux, le vantail central étant plus large que les deux latéraux. La façade est rythmée par quatre montants en léger ressaut qui structurent harmonieusement l'ensemble et renforcent son caractère architectural.
Le meuble repose sur quatre pieds fuselés terminés par des sabots de bronze et est coiffé d'un marbre ancien à décor bréchique dont la forme et la tranche arrière témoignent d'une provenance du XVIIIe siècle. Il s'agit très vraisemblablement d'un marbre ancien réemployé lors de la fabrication du meuble, selon une pratique fréquemment décrite par André Mailfert dans ses mémoires.
La façade et les côtés sont entièrement recouverts d'un remarquable vernis noir inspiré des laques d'Extrême-Orient. Les panneaux sont ornés de scènes chinoisantes exécutées dans des tons brun-rouge et mordorés. Le décor principal représente un intérieur traité en perspective, avec un sol à damier fuyant vers un point central, composition qui n'est pas sans rappeler certains panneaux de marqueterie en perspective que l'on rencontre sur les meubles de la fin du règne de Louis XV et du début du règne de Louis XVI. Cette recherche de profondeur et d'illusion spatiale constitue l'un des aspects les plus séduisants du meuble.
L'ensemble du décor présente une patine particulièrement convaincante. Le vernis a été travaillé afin d'évoquer une ancienne laque ayant traversé les siècles, avec ses usures, ses reprises, ses transparences et ses altérations successives. Cette surface complexe, riche en nuances et en profondeur, produit l'effet visuel d'un meuble conservé depuis plus de deux siècles. Nous retrouvons ici les procédés de vieillissement et de patine décrits par André Mailfert dans son ouvrage Au Pays des Antiquaires, où il expose l'utilisation de matériaux anciens associés à un important travail de finition destiné à recréer l'apparence du temps.
L'ornementation de bronze est complète : chutes à décor de trophées feuillagés, entrées de serrure, sabots et cul-de-lampe central. Les serrures sont fonctionnelles et accompagnées de leurs clés.
Le bâti révèle une construction particulièrement intéressante. Il est constitué exclusivement de bois anciens provenant manifestement de réemplois divers. L'ensemble des éléments présentent des traces d'outils manuels, des surfaces anciennes avec des patines naturelles. Les panneaux arrière, réalisés en noyer ancien, semblent provenir d'anciens meubles démontés, probablement des éléments de lits à rouleaux du XIXe siècle. Loin d'être artificiellement vieillis, ces bois possèdent une authenticité matérielle qui correspond parfaitement aux méthodes utilisées par Mailfert dans ses premières années de production.
Le meuble porte une estampille « POPSEL », faisant référence à Jean Popsel, ébéniste parisien du XVIIIe siècle. Cette estampille doit naturellement être considérée comme apocryphe. Son utilisation s'inscrit dans la tradition des productions réalisées dans le goût du XVIIIe siècle au début du XXe siècle, pratique dont André Mailfert lui-même a longuement relaté les mécanismes dans ses mémoires.
L'ensemble des caractéristiques observées — emploi exclusif de bois anciens, réutilisation d'éléments provenant de meubles antérieurs, marbre ancien réemployé, estampille apocryphe, construction dans les principes du XVIIIeme siecle, qualité d'exécution et travail particulièrement élaboré de la patine — conduit à rapprocher cette commode des premières productions des ateliers d'André Mailfert, réalisées dans les années 1920, avant la période des fabrications plus standardisées.
Une ancienne étiquette de vente de l'étude de Maître Pierre Cornette de Saint-Cyr, conservée au dos, atteste en outre d'un passage ancien sur le marché de l'art parisien dans les années 1960.
Le meuble provient d'une collection privée où il est demeuré pendant plusieurs décennies.
Plus qu'une simple copie de style Louis XVI, cette commode constitue aujourd'hui un témoignage particulièrement intéressant de l'histoire du goût, du marché de l'art et des méthodes de fabrication développées par l'un des personnages les plus singuliers de l'ébénisterie française du XXe siècle.
Dimensions :
Hauteur : 88 cm
Largeur : 98 cm
Profondeur : 44 cm
Le meuble repose sur quatre pieds fuselés terminés par des sabots de bronze et est coiffé d'un marbre ancien à décor bréchique dont la forme et la tranche arrière témoignent d'une provenance du XVIIIe siècle. Il s'agit très vraisemblablement d'un marbre ancien réemployé lors de la fabrication du meuble, selon une pratique fréquemment décrite par André Mailfert dans ses mémoires.
La façade et les côtés sont entièrement recouverts d'un remarquable vernis noir inspiré des laques d'Extrême-Orient. Les panneaux sont ornés de scènes chinoisantes exécutées dans des tons brun-rouge et mordorés. Le décor principal représente un intérieur traité en perspective, avec un sol à damier fuyant vers un point central, composition qui n'est pas sans rappeler certains panneaux de marqueterie en perspective que l'on rencontre sur les meubles de la fin du règne de Louis XV et du début du règne de Louis XVI. Cette recherche de profondeur et d'illusion spatiale constitue l'un des aspects les plus séduisants du meuble.
L'ensemble du décor présente une patine particulièrement convaincante. Le vernis a été travaillé afin d'évoquer une ancienne laque ayant traversé les siècles, avec ses usures, ses reprises, ses transparences et ses altérations successives. Cette surface complexe, riche en nuances et en profondeur, produit l'effet visuel d'un meuble conservé depuis plus de deux siècles. Nous retrouvons ici les procédés de vieillissement et de patine décrits par André Mailfert dans son ouvrage Au Pays des Antiquaires, où il expose l'utilisation de matériaux anciens associés à un important travail de finition destiné à recréer l'apparence du temps.
L'ornementation de bronze est complète : chutes à décor de trophées feuillagés, entrées de serrure, sabots et cul-de-lampe central. Les serrures sont fonctionnelles et accompagnées de leurs clés.
Le bâti révèle une construction particulièrement intéressante. Il est constitué exclusivement de bois anciens provenant manifestement de réemplois divers. L'ensemble des éléments présentent des traces d'outils manuels, des surfaces anciennes avec des patines naturelles. Les panneaux arrière, réalisés en noyer ancien, semblent provenir d'anciens meubles démontés, probablement des éléments de lits à rouleaux du XIXe siècle. Loin d'être artificiellement vieillis, ces bois possèdent une authenticité matérielle qui correspond parfaitement aux méthodes utilisées par Mailfert dans ses premières années de production.
Le meuble porte une estampille « POPSEL », faisant référence à Jean Popsel, ébéniste parisien du XVIIIe siècle. Cette estampille doit naturellement être considérée comme apocryphe. Son utilisation s'inscrit dans la tradition des productions réalisées dans le goût du XVIIIe siècle au début du XXe siècle, pratique dont André Mailfert lui-même a longuement relaté les mécanismes dans ses mémoires.
L'ensemble des caractéristiques observées — emploi exclusif de bois anciens, réutilisation d'éléments provenant de meubles antérieurs, marbre ancien réemployé, estampille apocryphe, construction dans les principes du XVIIIeme siecle, qualité d'exécution et travail particulièrement élaboré de la patine — conduit à rapprocher cette commode des premières productions des ateliers d'André Mailfert, réalisées dans les années 1920, avant la période des fabrications plus standardisées.
Une ancienne étiquette de vente de l'étude de Maître Pierre Cornette de Saint-Cyr, conservée au dos, atteste en outre d'un passage ancien sur le marché de l'art parisien dans les années 1960.
Le meuble provient d'une collection privée où il est demeuré pendant plusieurs décennies.
Plus qu'une simple copie de style Louis XVI, cette commode constitue aujourd'hui un témoignage particulièrement intéressant de l'histoire du goût, du marché de l'art et des méthodes de fabrication développées par l'un des personnages les plus singuliers de l'ébénisterie française du XXe siècle.
Dimensions :
Hauteur : 88 cm
Largeur : 98 cm
Profondeur : 44 cm
3 400 €
Epoque : 20ème siècle
Style : Louis XVI - Directoire
Etat : Bon état
Matière : Laque
Référence (ID) : 1772534
Disponibilité : En stock
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