Pierre GATIER – Motocycliste et sa passagère sur la route – Gouache – Vers 1925
Motocycliste et sa passagère sur la route
Vers 1923–1927
Gouache et aquarelle sur papier
31,3 × 24 cm (à vue) — cadre 41 × 32,3 cm
Signée en bas à droite P. Gatier
Très bon état.
Sur une route dont la perspective sablée structure la composition, un homme en trench-coat et chapeau feutre pilote une puissante motocyclette à flancs blancs, portant en croupe une élégante coiffée d'un chapeau cloche à ruban orangé, jupe relevée sur les jambes jusqu'au-dessous du genou. À l'arrière-plan, deux cavaliers peinent à maîtriser leurs montures qui ruent, affolées par le fracas et l'odeur de l'engin mécanique ; dans le ciel, en haut à droite, un biplan traverse furtivement la scène.
Tout, dans cette composition, est affaire de vitesse. La motocyclette fonce vers la droite. Les chevaux se cabrent et ruent, leurs corps tordus exprimant une agitation convulsive qui contraste avec la maîtrise des deux motocyclistes. L'avion, silhouette sombre à peine posée dans le ciel, suggère une troisième vitesse, plus lointaine et plus vertigineuse encore. Gatier accentue cette sensation par tous les moyens de sa touche : les contours de la moto sont cernés d'un trait noir appuyé et nerveux, presque expressionniste ; le feuillage du fond est traité en taches rapides, projetées, sans souci de détail, créant une vibration végétale qui amplifie l'impression de défilement. Les ombres violacées au sol, posées en larges à-plats, et les rehauts blancs à la gouache sur le métal de la machine contribuent à cette dynamique d'ensemble. La composition elle-même, serrée sur les personnages et légèrement décentrée, renforce l'élan — rien n'est immobile, rien n'est stable.
Le sujet — la motocyclette comme symbole de liberté et d'élégance sportive — est caractéristique de la production de Gatier dans les années 1920, période où il documente avec vivacité les nouvelles pratiques de loisir de la bourgeoisie parisienne, saisies à la vitesse de l'époque.
Cadre baguette dorée à gorge, marie-louise gris anthracite.
L’artiste
Né à Toulon le 12 janvier 1878, Pierre Gatier se forme à l'École des beaux-arts de Toulon puis à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Fils et petit-fils d'officiers de marine, il s'installe à Montmartre en 1896 et est nommé peintre officiel de la Marine en 1907. Chroniqueur attentif de la vie élégante parisienne, il fréquente les salons du couturier Jacques Doucet et fixe en aquatintes en couleurs les élégantes de la Belle Époque. La Première Guerre mondiale marque une rupture stylistique. À la fin des années 1920, il se tourne vers les paysages de la campagne du Val d’Oise, puis s'établit à Saint-Gervais-les-Bains en 1938, où il peint les sommets et les glaciers. Il meurt en 1944 à Joigny dans l'Yonne.
Œuvre visible à la galerie (07240).
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Epoque : 20ème siècle
Style : Art moderne
Etat : Très bon état
Matière : Gouache
Largeur : 31,3 cm à vue / 41 cm avec cadre
Hauteur : 24 cm à vue / 32,3 cm avec cadre
Référence (ID) : 1763594
Disponibilité : En stock




































